XX. — Couronnes votives
Nous avons vu Roger se placer sous la protection de saint Nicolas en lui dédiant un émail qui représente l’évêque deMyre et son client; plus tard, nous avons constaté la dévotion de Charles d’Anjou envers le grand thaumaturge du moyen âge. La dévotion va prendre une autre forme, toujours sous la même influence. Quoi donc d’étonnant que des souverains soient venus dans le sanctuaire vénéré offrir leur couronne pour se constituer en quelque sorte les vassaux de Celui qu’ils adoptaient spontanément pour suzerain?
Le trésor conserve deux couronnes royales, auxquelles je ne trouve pas d’autre explication que celle-ci.
La couronne la plus ancienne date probablement du xii* siècle et est attribuable à Roger, premier bienfaiteur de la basilique. C’est un bandeau circulaire en bronze, décoré de rinceaux et de cabochons. Vers le xiii® siècle, on y ajouta trois émaux cliamplevés, représentant des anges dont le visage, réservé dans le métal, saillit en relief, selon un usage assez fréquent alors.
A ce caractère spécifique on reconnaîtde suite uneœuvre Limousine.
La largeur de cette couronne est de 0” 2fi.
Rien n indique, sinon 1 analogie qu’elle ait été suspendue, soit à l’autel, soit au tombeau. Peut-être est-ce celle qui servit au couronnement de Roger par les mains de l’antipape Anaclet II, en 11313.
La seconde couronne, plus modeste, est simplement en cuivre. Son ornementation consiste en trèfles qui s’épanouissent au-dessus de son bandeau circulaire.