D’Agos. Vie et miracles de S. Bertrand, p
2. A St-Aubaiu de Nauiur, le cliapitre avait reçu de Constantinople, en 1218 une couronne de cuivre qui pendait au-dessus de l’autel; Corona cuprea pendens super altare (Exuv. sacr. Const., II, 10). Ces sortes de couronnes rappellent les régna décrits dans le Liber Ponlificalis.
3. Ce fait historique est attesté par une inscription placée en 1631 près de la porte d’entrée ; Bogerius, Siciliæ rex, priorem quæ ferrea erat reqni coronam in hacbasilica ab Anacleto H antipapa suscepU, anno üom. MCXXXl
2. Citons quelques couronnes votives pour mieux rendre compte de celle de Bari.
Le Carhdaire de Sainl-Vaast d’Arras, rédigé au xn« siècle et publié en 1875 par le chanoine Van Drivai, mentionne dans le trésor de cette abbaye la couronne gemmée de Charlemagne et une autre
couronne : « Corona ipsius (Caroli regis), gemmis illustrata Item
alia corona. » (p. 111.)
L’empereur Henri, en 1022, légua sa couronne à l’abbaye de Cluny ; « Hic Gluniacensi cœnobio conlulitdona, sceptrum aureum, spheram auream, vestimcntum impériale aureum, coronam auream, crucifixum aureum, pensanliasiraul Ubras lOÛ, » {Clironiq . d Adhémar.)
En 1076, Démélrius, roi de Oalmatie et de Croatie, fit hommage cl serment de fidélité au Saint-Siège, auquel il donna le monastère de Vrana, « cutn oinni suo tliesauro, scilicet cum capsa aigentea reliquias sacri corporis Beati Gregorii continente, cum duabus crucibus, cum calice et patena,cum duabus coronis aurcis gemmis ornatis, cum evangeliorum textu de argento. » (Aua/ec/a ji»r. ponlif., t. XXll, col. 379). C’était là, en effet, que le légat apostolique l’investissait par l’étendard, l’épée, le sceptre et la couronne : « Ego
Demelrius, de Croatarum et Dalmalinorum regni regimine per
vcxilluin, ensem, sceptrum et coronam investitus atque constitutus rex » (col. 378.)
Les Annales Palidenses (de Polde) racontent le fait suivant arrivé à Barl en 1137 ; « lu ipsa sancta die (Pentecostes), papa Iiinocentio apud Barum missaium solemnia célébrante, præsente rege (Rozierus, rex Apuliæ) curn episcopis et principibus, visa est super monasterium Sancti Nicolai corona aurea de cælo descendens, super quam columba, subtus vero tliuribulum cum incenso l'erebatur, quam et precedentes duo ccrei ardentes videbantur. » (Pertz, Mon. Germon, histor., t. XM, p. >9.)
En 1148 : « Teobaldus (abbas) inter cætera quæ ab ecclesia abstulit, duo preciosa ornamenta, coronam videlicet auream, gemmis micantibus adornatam,quam felicis memorie Badulfus rex raoriens eidem ecclesie dimiserat, quæ tam pro ejusdein regis amore quam pro ecclesie dignitate usque ad ilia tempora servata fuerat, Jérusalem secum portavit ciucemque auream a Sancto Eligio opéré miii-
fico fabricatam diuque in ecclesia siniiliter conservatam » (Annal, Sctæ Coliimine Sénonen., ap. Perfz, t.I, p. 107.)
En 1222, Philippe-Auguste fit don de sa couronne à l’abbaye de : Saint-Denis : « Omnia ludicra nostra cum lapidibi^pretiosis et coronas aureas cum lapidibus pretiosis et cruces aurcas. » [Exuv.
\ sacr. Consfanlinop., t. 11, p. 109.)
M. Helbig a reproduit cette lettre de saint Louis, datée de 1261, par laquelle le pieux roi offre au trésor de Saint-Denis trois couronnes royales, afin qu’aux solennités on en décore l’autel : « Notum facimus quod nos duas coronas aureas cum lapidibus pretiosis, que ab inclite recordationis rege Philippe avo nostro, pro coronandis regibus et reginis Francorum olim facte, in thesauris regiis servabantur et unam coronulam auream cum lapidibus pretiosis quam consuevit rex die coronacionis sue in prandio deporlare, dilectis nostris abbati et conventui beati Dyonisii in Francia custodiendas commisimus etdeposuimus in thesauro ecclesic memorati gloriosissimi martiris Xpisti, ut de ipso thesauro cum aliis indumentis et ornarnentis regalibus pro coronandis regibus et reginis Francorum assumantur et in sollempnitatibus precipuis circa altare una cum aliis coronis regum Francorum predccessorum nostrorum ad ornatum et decorem altaris ejusdem, secundum quod de coronis aliis consuevit, collocentur. » [Les Reliques et reliquaires donnés par saint Louis aux Dominicains de Liège, p. 34). Le même auteur ajoute : « iVI. Ernest Auz’m Weerth, dans l’intéressant travail consacré à la couronne de Namur, cite toute une série d’empereurs et de rois qui ont fait hommage de leur couronne aux sanctuaires pour : lesquels ils avaient une dévotion particulière ». t M. Helbig (Ibid. p. 7) cite encore un chroniqueur qui s’exprime I ainsi : « L’an mil deux cents soixante sept, saint Louis, roy de I France, en témoignée de Taffection et amitié qu'il portoit à la ■cité et frères prescheurs de Liège, leur envoyât diverses présents, [entre lesquels y avoit une de ses couronnes ». Cette couronne, rej produite planche iv, est en argent doré : les plaques à charnières dont elle est composée indiquent qu’elle a été portée. Elle contient [plusieurs reliques et une vraie croix à double traverse.
« Item une couronne d’argent, dorée et à x fleurons à plusieurs pierres de cristal de plusieurs couleurs. » (Invenlahe du Saint- Sé-
pulcreà Paris, 1379, n» 84.) Cette coloration du cristal s’obtenait à l’aide de paillons.
« Item, una corona argentea deaurata cum lapidibus. » ( nven
taire de Saint-Pierre de Rome, 1454.)
Le trésor d’Aix-la-Chapelle possède la couronne de Marguerite d’York (xv® s.) dont le nom est inscrit au pourtour (X. B. de M., le Trésor du dôme d' Aix-la-Chapelle, p. -iG.)
VInventaire du thrésor de Saint-Denys, Pans, 1G73, enregistre plusieurs couronnes des rois de France :
Les deux couronnes que Henry IV, roy de France, fit faire pour son sacre, dont l’une est d’or et l’autre d’argent doré (p. 5). - Les deux couronnes du sacre de Louys XllI, dont l’une est d’or et l’autre d argent dore (p 8 ) — Une couronne d’argent doré, qui a servy à la pompe funebre de la'reme mère Anne d’Autriche (p . 9.).- La couronne de saim Louys, d’or massif, enrichie de très grosses pierreries, entr autres d un rubis communément estimé cent mille écus, dans lequel saint Louys a ait enchâsser une épine de la couronne de Nostre Seigneur (p 10.). •
deux couronnes de Louis XIV, dont l’une est d’or et l’autre d argent dore (p. 12). — La couronne de Charlemagne, tonte d’or, enrichie de gros rubis, saphirs et émeraudes. Elle se porte à Rheims pour servir aux sacres de nos rois (p. 13). - La couronne de Jeanne d Evreux reine de France, femme de Charles IV. Elle est d’or, enrichie de rubis et saphirs, avec plusieurs perles, et sert au couronnement des reines, qui se lait en l’église de Saint-Denis (p. 13). - Quelques couronnes et autres marques royales, qui ont servy à des pompes funèbres de nos roys (p. )•
« Il y a aussi trois mitres garnies de pierreries, cl une couronne de vermeil, qui est la couronne de saint Judicaël, roi de Bretagne »
(/nu. de Sl-Florerd de Saumur, 1538).
3. M. Ambroise Tardieu a publié, dans son Histoire de Pontgibaud, une couronne en cuivre, dont il veut bien m’envoyer le dessin On lit sur le bandeau : sainct anthoine priez Diêv povr novs.
FAtex PAR ET. CHASTANG 1581. Au-dessus SC dé^’cloppc uue seric de
feuillages, alternant avec des imitations de gemmes, ce qui correspondrait à la couronne de marquis. Le docte archéologue m’ecrit a ce sujet ; « U existe à Pontgibaiid, dans le curieux château féodal, une couronne en cuivre, que l’on peut placer, vu sa grandeur, sur la tête, facilement. Elle provient d’une chapelle seigneuriale attenante à une église paroissiale du Gévaudan, Ghaliers. Évidemment, c’est unecouronne votive, commandée par Antoine de Moré, sei-
gneiir de Chaüers et de Servcretle, et qui, avant 1789, était sur son tombeau. Celte couronne, de l’an 1581, doit être un objet rare. On y lit le nom de l’orfèvre ou ouvrier fabricant : Et. Ckastang, Il paraît qu’on plaçait cette couronne sur la tête de^nfants malades, en invoquant saint Antoine. Avez-vous vu des couronnes de ce genre? »
Les couronnes votives, c’est-à-dire offertes aux saints par la pîété des fidèles, ne sont pas rares et l’usage en est très ancien, si l’on se reporte aux couronnes pendantes, qui eurent la même destination : voir les mots regnumet corona dans le Liber ponlificalis. Mais c’est la première fois que j’entends parler d’une couronne de métal, placée, non sur une statue ou effigie de défunt, mais sur une tombe plate, pour rappeler un titre seigneurial. Cette affectation, constatée au moment de la révolution, était-elle réellement bien ancienne? La destination première n’avait-elle pas été détournée, en partie du moins? Je le croirais volontiers : d’une part, parce qu’elle est dédiée à saint Antoine et que le prénom d’Antoine de Moré a pu le faire considérer comme le donateur, quoique ce ne soit pas rigoureusement certain, car alors il y eût apposé son nom et ses titres, suivant l’usage du temps; d’autre part, en la mettant sur la tètedes enfants malades, ce n’est pas on souvenir du seigneur, mais par dévotion pour saint Antoine, que la chapelle seigneuriale avait probablement pour titulaire. Le nom, à la suite de l’invocation, a beaucoup d’importance, puis(|u’il est celui de l’orfèvre inconnu. Quoi qu’il en soit de mon explication, l’objet méritait d’être signalé à propos des couronnes votives.