Apocalyps., xv
2. Le sceau au type de la majesté est ainsi mentionné dans les actes impériaux : « Majestatis nostre sigillo jiissimus insigniri» (Frédéric II, roi de Sicile, 1210). — « Bulla aurea lypario nostre majestatis improssa precipimus communiri ».(7d., 1220, 1233.) — « Majestatis nostre typario insignitas » [Id., 1233). — Au moyen âge, la majesté de Dieu s’entendait de Dieu assis sur uu trône. Cette expression revient souvent dans les inventaires. Après la prise de Constantinople, Guntlier, abbé de Pairis, rapporta de cette ville, en 1203,
a tabulam est eliam sappliyrus ibi quidam admirande quanlitatis, cui
divina majestas insculpta est » (Exuviæ sacr. Const., 1, 125).
3 Apocalyps., xix, 16.
de manière qu’elle ne se brise pas, et qui aussi assureront plus de vigueur aux coups qu’il assénera sur le dos des coupables, soit pour les réduire, soit pour les disperser. Mais cette tige est droite, symbole de loyauté, d’équité, de droiture; aussi la qualifie-t on verge de direction, verge d’équité ^
3. C’est encore une verge de vérité, établie pour consoler les pieux, offrir un soutien aux errants, un secours aux tombés, un appui aux faibles. Regardez l’ornement qui brille au sommet. Au moyen âge, il affecte six formes spéciales: un globe, une croix, une clef, une main bénissante, un tleuron, une colombe Choisissez entre ces divers emblèmes pour le sceptre de Charles 11, la clef est peut-être trop ancienne, la main trop jeune. Restent donc les deux derniers symboles, qui sont bien de son temps.
Or Dieu, (jui est 1a vérité même en se manifestant de six manières différentes, imprime un cachet essentiellement religieux au sceptre royal.
I.e globe ^ (boule ou pomme) représente soit le ciel, d’où procède tout pouvoir (omnis potestas a Deo, a dit saint Paul), soit la terre donnée en partage au souverain. Je préfère le premier symbole, parce que de la sorte s’explique parfaitement le bâton pommeté, assigné, au moyen âge, comme attribut des anges envoyés en qualité de hérauts de la parole divine, et l’analogie nous permet de raisonner avec plus d’exactitude.
La croix rappelle que le Christ a régné par le bois : regnav'd a ligno Deus, comme chante la liturgie avec saint Fortunat
1. « Virga œquitalis, virga rogni lui ». (S. Paul., Eput. ad Ilebr., i, 8).
2. La clef se voit sur les sceaux de Louis VU (H38), de Philippe II (H80) et (le Louis VIII (1223) ; la fleur de lis sur ceux de S Louis (1270, 1271), de Philippe IV (1286) et de Louis X (l31o); la main sur ce dernier (1315). 11 a été publié d’excellentes reproductions de ces sceaux dans les Eléments de paléographie par Natalis de Wailly, t. II, pl. G, lig. 2 et 5; pl. D, fig. 1, pour la clef ; pl. U, lig. 3 ; pl. E, fig. 1, 2, 4; pl. F, fig. 1, pour le lis ; pl. F, fig. 1, pour la main.