Ego sum via et veritas » (S..Ioann., xiv
4. Loihuire, au ixc siècle, tient le double attribut, du ciel dans le bâton poniineté, et de la terre dans le globe du monde (Charton , llisl. de France, t. I,
5. Henri, roi de France, sur son sceau apposé à un acte de 1035, porte de la main gauche un sceptre terminé par une croix (liullel. ynonum., 1880, p. 282). — Au couronnement de Richard, roi d’Angleterre, dit un contemporain, on portait devant lui deux sceptres, l’un terminé en croix et l’autre surmonté
La clef convient bien à celui que la liturgie nomme la clef de David L le seul qui puisse ouvrir et fermer. Saint Pierre a aussi la clef pour attribut, mais il tient la poign<^e dans la main et dirige le panneton vers le ciel puisque c’est là qu’il exe^e son double pouvoir spirituel. Le roi, au contraire, qui n’est qu’un instrument, un médiateur, tourne la poignée de sa clef vers Dieu, afin que le Tout- Puissant agisse sur la terre conformément à sa volonté par l’intermédiaire qu’il a choisi entre lui et les hommes.
La main qui bénit au nom de la Sainte Trinité, avec les deux derniers doigts repliés sur la paume, est la droite même de Dieu ; dextera Dei, ainsi que la nomment les anciens textes, la main de justice, comme on l’appelle vulgairement. Aussi la vertu capitale du roi est-elle d’aimer la justice et dehaïr l’iniquité. La même main qui verse des bénédictions sur lesyus^cs n’a que des rigueurset des malédictions pour les coupables non repentants
La fleur s’épanouissant au sommet de la verge aride, c’est Jessé qui, à la racine de cette tige, produit cette floraison mervedleuse,
d’une colombe : « Sceptrum regale, in cujus summitate signuni crucis aureum
erat ,; virgam regalem, habentem columbam in smmnilate ». — «Vers
l’an 1200, après le couronnement (à Aix-la-Chapelle), les princes présents se faisaient investir. Mallicureusement, il n’y avait pas de sceptre, chose importante pour le système féodal. Il s’éleva une dispute pour savoir si on pouvait investir, sans sceptre, des fiefs. Rodolphe prit un crucifix et s’en servit eu disant qu’un symbole qui avait libéré le monde en tenait lieu, ce qui fut admis » {Inst, des fast. du S. C., 1892, p. 216).
1. Les paroles du Pontifical reproduisent textuellement la quatrième des antiennes ü, qui se chantentà Vêpres auxapprochesde Noël. S. Eplirem, dans une de scs hymnes syriaques, écrivait au iv“ siècle: « Il (Jésus-Christ) nous a ensuite ouvert la porte de l’enfer, pour nous le montrer; et il l’a aussitôt fermée, en délivrant l’homme qui n’était que poussière. — II a fait plus : il a ouvert à l’homme la porte du paradis ; il lui en a fait la promesse formelle, et il s’est fait lui-même pour l’homme, un nouvel arbre de vie. — Gloire à Celui qui a fabriqué cette clef, cette clef unique, qui ouvre seule la maison des trésors. ».
2. Chez les Romains, «le signum était simplement composé d’une pique, qui pouvait avoir six à sept pieds de hauteur : le haut de cette pique était tantôt surmonté d’une main droite, ou seule, ou enfermée dans une couronne; c’était un symbole de fidélité » (Lebeau. Mémoire XIV sur la Légion Romaine, t. LXIIl des Mémoires de l'Académie des Inscript, et Belles- Lettres .)
Lors de l’enterrement de Charles VI, en 1422, l'image du roy, étendue sur le coffre, où était son corps, « en l'une de ses mains teimit sceptre, et en l’autre main une verge comme celle qui fut envoyée du ciel, car au bout avoit en semblauce une main qui seigne ou brneit i {Collection Leber, tom. XIX, p. 211.)
virga Jesse jloruil i. Et celte fleur est la plus belle, la plus pure, la plus odorante, celle même que le Christ a proclamée comme plus éclatante que Salomon 2, le lis adopté par les rois de France, ycompris la devise évangélique : Non laborant. neque nent 3. Sur unedes quatre portes de la ville d’Aquila, les armes de Charles d’Anjou sont accompagnées de cette inscription (Bindi, Monumenti degli Abriizzi, p. 82i) :
a Floribus atque cruce sumunt bec sceptra vigorem,
Flos prebet fruclum, prebet crux ipsa favorein ».
La colombe, symbole habituel de la gr<âce céleste, n’est autre que l’Esprit-Saint, qui, en reposant sur le sceptre béni, le sanctifie et en fait véritablement le sceptre de la maison d’Israël, sceptrum domiis Israël, suivant l’heureuse expression du Pontifical.
Le symbolisme est encore plus accentué si la colombe repose ou sur le globe du monde qu’il féconde de sa grâce, ou sur le fleuron, image du Christ, qu’il enrichit de ses dons
4. Quand, plus tard, le sens chrétien s’amoindrit, â la colombe divine on substitue, non sans un certain mysticisme, l’aigle aérienne « soit parce que l’aigle est le roi des oiseaux, soit parce que, vivant dans le ciel, en face du soleil, et pour ainsi dire près de la divinité, il s’échauffe aux rayons du soleil divin et s’éclaire à ses
t. « O radis Jesse, qui stas in signura populorum, super quem continebunt reges os suurn, queni genles deprecabunlur » (3' Ant. ü.).
2. « Gonsiderale liüa quomodo crcscunt : non laborant neque nent; dico autem vobis, nec Salomon in onini gloria sua vestiebalur sicut unuin ex islis» (S. Luc., XII, 27.)
» Lilii igilur Ilos pulcherrimus significal speciosum forma præ filiis hominum, Ghiustu.m, cujus vos est in Ganlicls ; Ego flos cainpi et lilium convallium Cant. II, 1 » (IHsti)icl. monastic., lib. 111, apud Spicileg. Solesmen., t. III, p. ITo).
3. V. les armes de France surmontées de celte devise dans la gravure qui sert de frontispice à la Nouvelle méthode raisonnée du blason, par le P. Menestrier.
4. « Hequiescet super eum spirilus Domini. » (Isai., xi, 2.) — Le sceptre du roi Richard de Gornouailles, conservé dans le trésor d’Aix-la-Ghapelle et qui date du xiii<= siècle, est terminé par une colombe au repos (Dock, Kart's des Grossen pfalskapelle, p. 9), comme celui de Dagobert, au vii“ (Gharton, Hist. de France, t. I, P- 141).
O. Pertz, t. VII, pl. n, donne deux miniatures du xii' siècle, où les empereurs Henri 11 et Henri V ont chacun dans la main droite un sceptre court, terminé par un oiseau perché sur un fleuron ou accroupi sur une boule.
6. « Un baston à soigner, qui a la teste d’un aigle de cassidoine, assise sur un pomrnel d’or émaillié et a au bout une virole d’or à la pointe d’argeut. » (lnuent.de CharlesY, 1379),
conseils »*. Didron achève ainsi son rapprochement plein de sagacité : <f Comme l’exercice de la justice est le principal et le plus grand attribut de la puissance suprême, la justice même a été mise à l’ombre des ailes de l’aigle impériale. Dans le Dan>^ aux chants xviii, xix et XX du Paradis, non seulement les grands justiciers, mais la Justice même habite l’aigle impériale, comme un empereur habite un palais; ou plutôt cette aigle, qui est vivante, qui parle, qui recommande la justice, qui proclame et modèle en caractères d’écriture la sentence de Salomon : Diligile jusliliam qui judicalis terram 2, cette aigle impériale est faite de la substance même des justiciers; c’est ainsi qu’en exprimant le suc de divers éléments on compose une liqueur exquise. Près de l’œil qui discerne le vrai du faux et voit nettement le juste, l’arc du sourcil de l’aigle se compose deTrajan, d’Ezéchias, de Constantin, deGuillaume le Bon et du mystérieux Riphée, cinq grands justes ou justiciers, suivant le Danle^ ».
L’aigle, comme attribut de la justice, est à un degré inférieur relativement à la main divine; ce sont les deux seuls symboles qui aient été maintenus jusqu’à nos jours sur les insignes de la royauté.