Œuvres complètes, t. 111, p. 252, n
4. La Cathédrale d’Anagni, pp. 89 et suiv. Voici.quelques variantes, d’après les inventaires, qui n’orthographient pas toujours correctement :
La troisième milre (n- 0) est l.la.icl.o avec bordure de perles de rlüde ou bleues, car l'expression induis a les deux sens.
Une croix d’argent, avec bâton de bois recouvert d’argent, ne peut être c|u’uue croix processionnelle (n- 10). Ce n’est donc pas la belle croix du trésor, qui forme reliciuaire et est en cristal de rocbc.
Un reliquaire d’argent, avec pied et couvercle, a pour ornement des pierres précieuses, des perles cl des émaux; trava.l venu, en (n- 11), dont j’aurai à discuter la siguilication et préciser le mode en parlant des chandeliers qui existent encore.
Une coupe d’argent doré, avec pied et couvercle', surmontée d’une petite croix de même matière, qui sert à porter le corps e Notre Seigneur (n° 12). Faut-il identilier la monstrance du trésor avec celle coupe? Je ne le pense pas, quoique M. de Farcy, d apres la photographie que je lui avais adressée, ait cru à un ciboire. Mon doute se fonde sur ce que la lcrminaison est faite, non pas en croix, mais en ange tenant une hostie, ce qui n’est pas la même chose. Ad portandnm n'indique pas nécessairement un vase pour la procession, quoiqu’elle se soit faite, en effet, au moyen âge, avec des coupes. Voici dans VJnventaire de la cathédrale de Laon, en lo2J, une mention plus précise, grâce au mot in/imw ; « Vas insigne ar- «enteum deauratum, quod vulgo cupam vocant. Super eu jus oper- CLilutn sunt criix et imago Crucilixi deaurate. Et m eo conlmetur pvxis argentea, in qua soient reponi sacre hostie deferende inlirmis cl super cooperculum ejus etiam argenteum est crux. Est autem ponderis circiter trium marcharum. llabct etiam lhecam de cor.o »
(Ed. Fleury, p. 45)
. Pluviale rubeum de selani, cum fnso inbrocbato rnâtica et lunicclla de silani rubeo,..( 7mi.de &l-Vxerrc de/lcime,i43b).-« Una roi-lina dezaunalo viridi. Item, certe reli-quie sigiUale m quodam /.annato i nî?, TsT 7>ien-e de lioxnc, 1451). - « Una tunicella... cum limbnis de
samalo albo. - (/nu. de de tmne,
1361). — « Pluviale de samiualo nigro » {Ibidem, ). « ^ jg
boa de sammato. Item, al.a planeta de sammato rubeo. Pluviale n.gium de sammato colidianum. . (7«u. de S.- Pierre de Home, I45a).
1 M de Farcy, dans les Mélanges de décorations religieuses, p.28, paile de „ loup; couvS » mais n'en cite pas un seul exemple. Je donnerai ici ce u L v nveTlaire du trésor de l’abbaye de St-Victor de Paru (xv siecle) : « Une vraudo COüùe d argaut dorà, couvarla de, au» cl «U ao.mucl a u„ v™al,x café acH do poi-fer le cors «oalrc Soigueur 1. jom- du b. bacremoul. . (Mc,.
linîpr n ‘’SG.) Voir sur ce sujet mon tome Vl, p.
2. Une custode d'argent, avec une petite croix à ung crucilix par-dessu.
f.es livres donnés par Charles d’Anjou appartiennent à la liturgie parisienne : ils ont dû être écrits à Paris, sur les originaux de la Sainte-Chapelle. Ces livres sont ; un missel un évangéliaire, un épistolier qui ont disparu; plus un missel noté o^raduel, suivant l’expression moderne. Les deux volumes correspondent à deux parties distinctes : le propre du temps et le propre des saints (n° 13).
Trois grands bréviaires, ou bréviaires de chœur à placer sur des lutrins, un au milieu du chœur et tes autres de chaciue coté pour les stalles des chanoines C Ils sont notés et partagés en six volumes, ce qui correspond au partage des missels, également en deux sections. Deux de ces in-folio manquent du psautier (n® 14).
Deux grands antiphonaires notés, en grosse lettre, ce qui les différencie des autres, en caractères plus (ins (n° 13). Le partage en deux correspond au temps et aux saints ou mieux aux oflices du jour et de la nuit ^
et, par dedans, ung goubelet aussi d’argent. Une couverture de la custode, dans laquelle le corps de notre Seigneur soûle estre porté, laquelle couverture est de talîata roge. » (Inv. de St-Jacques de Montauban, ISiri, n“ 2G,29).
1. « Un messel noté, couvert de cuir rouge, à tout son kalendrier... à deux
! fremoilz d’argent. Item, un autre messel noté, couvert de cuir rouge... Item, un autre messel de grosse lettre et de grosse note, noté, couvert de cuir rouge. » (Inv. du St-Sépulcre de Pai'is, 1379, n«® 134, 133, I3ü.) — a Item, un demi messel, à tout son kalendrier, commençant au temps de l’Avent et est de bonne lettre et de grosse... et est noté en aucuns lieux et est couvert de ' cuir rouge. » (n“ 221).
i 2. « Un demi-brevièrc à l’usage de Paris, commençant enl’Avenl, à tout un kalendrier et psautier noté et se commence par Deatus viv. » (Inv. du Sl-Séj pulcre de Paris, 1379, n* 220). — « Item, un breviére en deux volumes, sans ■ note, qui sont encbainez dedans le cuer de ceste église. Item, deux autres vies ^ brevières enchaînés ou cuer, dont l’un est noté de même noie. Item, un autre I demi breviére à l’usage de Paris. Item, un autre demi breviére, couvert de cuir rouge. » (Ibid., n“® 158, 160, 161.)
3. « ltem,IIIJû'^ antil'onari diuturni, — Item, lllJ“r antifonari diuturni inter bonos et malos. — Item, très antifonari nocturni. » (Inv. de Monza, 1275, n»s 82, 83, 84).
« Amalaire, prêtre de l'église de Metz, étant en 827 à Rome pour avoir l’an-
Itiphonier de cette Eglise, et n’ayant pu l’obtenir, vint le consulter à Corbie, où il avait appris que l'anliphonier romain avait été apporté par l’abbé Wala. 11 était eu quatre volumes, dont trois contenaient l’office du jour. Amal. De ord. Antipli. prolog. » [Anal, juris pontip., t. XXII, col. 131).
« Item, un antiphonier noté. Item un autre antiphonier noté. » [Inv. du St~ ■ Sépulcre de Paris, 1379, n°s l'i3, 144.)
I Dans les Archives du château de Jarzé, au diocèse d’Angers, j’ai trouvé ce l document qui renseigne sur le prix de revient d’un antiphonaire au xvi® siècle : « Antiphonie, XV cayhiers qui cousteront à escripre, à noter, enluminer,
’ 5 relier, le tout selon l’usaige de l’esglise d’Angiers, XXXll®, VU, chascun
- HG -
Quatre graduels trois grands et un petit (n° 16). Les graduels no contenaient, comme l’indique le nom même, que les parties de la messe chantées au milieu du chœur, sur un lutrin spécial exhaussé de quelques degrés 2. Ces parties sont le graduel, Valleluia et le le trait. Ces deux derniers se chantaient, dans les liturgies françaises, avec solennité, par des chanoines chapes .
Un recueil de séquences ou prosaire (n° 17), car les séquences étaient alors très multipliées dans la liturgie.
Un épistolier (n“ 18j pour le chant de l’épUre, non plus par le sous-diacre, qui avait son livre spécial, eniegistré au n° 14, mais par un clerc, aux jours ordinaires *.
cahier, qui est en tout XXIH, Vlh, VF. Item, il y a LXVII cayhiers parfaiz
d'escrilure chacun XVIs Illd; qui 'est en tout XLVIl*, X®. Item, 1 es-
cripture des dits LXII cayhiers, XXX vell., LII', Xs. »
1. « Item un greel, noté, à tout son kalendrier, qui se commence levea-i et se fenhî sa7iguis Domini, ulleluya. Item, un grand greel, de grosse lettre et de grosse note, qui se commence te levavi et se finist Vitam venturi sæcuh Amen. Explicil. « {Inv. du St-Sépulci-e de Paris, 1379, n”* 142, 165).
« Item, unpetit gréel, où il y a plusieurs proses, kyries et inlroites, Item, un grand gréel, de grosse lettre et de grosse note, qui se commence Ad te levavi fiX, Venturi sæcuU Amen. Explicil... Item, un petit gréel, couvert de
cuir blanc, qui se commence Félix namque ei se fenist Animas veslr as. «{Ibid., nos 159, 165, 169, 174).
2. Pliilippe doThaun, au xiii* siècle, énumérait ainsi les livres d’église dans son Livre des créatures :
»... li Sallers E li Antefiners,
Baptisterie, Grohels,
Hymners et li Messels Tropers et Leçuners. »
Sur les livres liturgiques, voir t. IX, pp. 188-191.
3. Lors de la translation de saint Magloire, en 1315, l’évêque de Laon célébra la messe, l’abbé de Saint-Germain des Prés et l’abbé de Sainte-Geneviève « tinrent chœur et V Alléluia fut chanté par l’abbé de Saint-Denis et l’évêque de Sagonne. » Un poète contemporain dit à ce propos :
« V Alléluia moult hautement Et bien et mesurément. »
» Les deux plus anciennes digniléz vont à la sacristie prendre des chappes et de là au jubé pour y chanter V Alléluia sur le pulpitre du côté de l’Evangile » (Cérém. de l'Église d'Angers, 1731, p. 142). Le conseiller Gaillard de la Dionnerie,à Poitiers, possédait un manuscrit in-4, rouge et noir,à l’usage de la cathédrale d’Angers (xvn« siècle), qui conüentexclusivement les alléluia et traits que chantaient les chanoines chapés.
4. « Item, un épistolier de grosse lettre. Item, un évangiléstier de grosse let* tro, de mesmes ï’épistolier » {Inv. du Saint-Sépulcre de Paris, 1379, n°* 137* 138),
Un ordinaire simple, suivi dn psautier ^ (n® 19) éV deux ordinaires épiscopaux. L’ordinaire est un rituel *. Son nom lui vient peut-être des règlements qu’il contient, mais aussi des titres respectifs de chaque chapitre en particulier : Ordo haptismi parvulorum, ordo minlstrandisacramenlum pœnilentiæ, ordo ministrandi sacramenliim exlremæ unctionls. Il ne doit pas être confondu avec ee que nous nommons actuellement ordo. Philippe, évêque de Beauvais, inscrit en 1217 dans son testament : Missale et ordinarium texta argento. En 1555, à Londres, on disait : ordinale... sive directorium sacerdotitm.
La quatrième partie du Légendaire (n“ 21)ou légende dessaints^.
L’ordinaire épiscopal répond au pontifical. Le Nécrologe de l’Eglise de Paris mentionne le don fait par l’évêque Barthélemy (1224- 1227) d’un ordinaire de ce genre : « Obiit Bartholomeus episc. Parisiensis, qui dédit nobis missale in 3 voluminibus et unum ordinarium épiscopale ». Les titres de ce livre sont identiques à ceux du rituel : Ordo ad celebrandum synoduni, ordo suspensionis, ordo excommunicandi et absolvendi, ordo ad visitandas parochias, etc.
Un anneau pontifical, avec camée au chaton et une bordure de petites émeraudes. Le camée représentait un buste et la pratique invariable du moyen âge laisse entendre qu’il était antique. Je citerai quelques textes pour montrer que l’étiquette actuelle est conforme à la tradition pour le décor des anneaux épiscopaux.
Bernhard, évêque de Hildesheim de 1130 à 1153, légua « anulos duos pontificales suo nomine inscriptos, unum topazio, aliisque gemmis cum margaritis circumpositum, alterum quadrangulum jacincto optimo radiantem. » (Pertz, IX, 856).
1. O Item, un psautier férial, notté de grosse lettre. Item, un psautier férial de grosse lettre. Item, un autre psautier férial de bonne lettre. » {Inv. du Saint-Sépulcre de Paris, 1379, nos 145^ 146, 147.)
2. « Item, un ordinaire à l’usage de Paris, où est l’anno, qui se commence Ordo servicii; et y sont les commencemens des antiiaines, des introites, des kyries, des glorias, des respons et des aleluyas, tout noté... et est couvert de cuir blanc. » (Inv. du S ,-Se'pulcre de Paris, 1379, n® 139.) Dans ces conditions, ce livre liturgique, qui ouvre par un calendrier et une suite de rubriques, contient surtout les intonations que doit faire le chantre : ce serait alors le liber cantoris ou Tonarius.
3. « Item, un légendier de grosse lettre, à tout un kalendrler à l’usage de Chartres, qui se commence Passionem sancli Andree et se fenist Miserere nostri et est couvert de cuir blanc » {Inv. du Saint-Sépulcre de Paris, 1379» n* 140).
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« Ünum magnum annulum, rolundum et gemmatum, in cuius medio ponitur saphirus remissi coloris et in circuitu ejus quatuor margaritæ et quatuor granatæ. » {Monastk. Anglican., t. II, p. 219). — «Unum annulum auroum,liabentem in medio gemmam oblongam quæ rubibalois dicitur et in circuitu ejus alias plures gemmas ». {Ibid., p. 221).
« Item, annulus aureus cum lopazio, circumdato lapidibus pretiosis. Item, duo annuli aurei cum lapidibus prctiosis qui dicuntur rubis, circumdalis parvis gemmis » {Inv. delà cafh. d'Angers, 1255).— « Item, septem annuli magni valoris et lapidibus ornati. » [Ibid., 128Ü).
« Annulum aureum cum sapbyro magno et karola in circuitu 7 lapidum et 8 perlarum et octavus lapis cura capsa argentea abrupta ab annulo. » {Inv. de Saint-Paul de Londres, 1295).
« 3 anneaulx pontificaulx, c’est assavoir ung où il y a ung camahieu au milieu, 12 perles, 2 saphirs et y fault 2 esmerauldes; et ou second a un camaliieu à une teste ou mylieu, et est ouvré à jour garny de menue pierrerie; elle tiers est d’un gros saphir trouble, environné de petites turcoises et de petits grenaz. » {Inv. de Charles V, 1380, n° 1033).
a VIII annuli in uno panno serico crocei coloris... Abus est de auro seminatus minute de lapidibus et perlis, in quo est quidam ballay longus, tandem ad formam rotundam... Quartus est de auro ad pulchrain lapidera magnam, terminatus circum((ua(jue quatuor sapbiris, VIII perlis et quatuor ballay. Duo alii annuli, quilibet cum uno magno ballay in factione de lozange, seminati minute de lapidibus et perlis ». {Inv. de la calh. d'Angers, 1421.)
« Anulus pontificalis de auro, cum lapide zaphirco in medio, cum perlis per circuilum. Unus anulus pontificalis, cum cainbeo in medio, cum quatuor perlis et tribus lapidibus. Unus anulus pontificalis pro episcopo de argento, cura lapidibus » {Inv. de St-Pietre delio- ?ne,1436). — « Unus anulusponlificalis,cum uno zafiiro grosso, cum perlis et lapillis, prcfati domini deUrsinis. Alius anulus pontificalis cum lapidibus et se.x perlis parvis » {Ibid., 1434.)
« Anulus pontificalis, in medio cujus est zaffirus valde pulcher, sunt 4 rubini et 4 perle magne rotonde » {Inv, du palais de Si- Marc, à Rome, 1437).
« Umis mugniis annulas ponlificalis, cum lapide vocato emercd in medio et in circumferentiis suis quatuor rubeæ et 4 magnæ margaritæ... Item, unus annulas pontificalis, cum una le perledz in medio et parvis lapidibus pretiosis et le perles in cireumferentiis. Item, unus annulas pontificalis, cum magno saphyro et duodecim le perles. » {Inv. de la cath. d'York, 1518).
« Un ancien anneau pontifical, garni de quatre rubis spinelles, un saphir d’Orient, quatre perles rondes » (Morand, Hist. de la Sainte-Chapelle, p. 54). — « Ung anneau d’or pontifical, sur lequel y a un gros fermail garny de balays, e’est assavoir deux gros et deux moyens et d’un gros saphir au milieu et de quatre grosses perles rondes orientales ». {Inv. de la Sainte- Chapelle, 1573, n“ 54j.
« En 1578, Leonardo Gristiani fit un anneau d’or où un diamant était entouré de six rubis. » (Bertolotti, Arlisli Lombardi a Roma, t. I, p. 326).
Deux grands chandeliers de cristal, monté en argent, façon de Venise (n“ 29). C’est un des objets les plus précieux du trésor.