XXV. — Sainte éponoe
1. L éponge qui fut présentée à Jésus-Christ mourant a été regardée de tous les fidèles comme un des instrumenis de la passion du Sauveur et, en cette qualité, comme un objet digne de la vénération des fidèles. Elle avait été conservée plusieurs siècles dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, mais cette ville ayant été prise et pillée par les Perses l’an 614, celte pi écieuse relique fut portée à Constantinople le 14 du mois de septembre de la même année. Une partie fut depuis envoyée à Rome et déposée dans 1 église de Saint-Jean de Latran, où on la montre encore aujourd hui, et 1 autre partie ayant été engagée aux Vénitiens avec la
sainte Couronne, fut rapportée à Saint-Denis par saint Louis et mise avec les autres reliques dans la Sainte-Chapelle (Croiset, Exerc.de piété^ t. XVIII, p. 297).
2. Le morceau le plus considérable de l’éponge est encore à Saint- Jean de Latran; j’en ai signalé des fragments dans d’autres églises de Rome, à Sainte-Marie-Majeure, Saint-Marc, Sainte-Marie au Transtévère et Saint-Sylvestre in Cnpile Il en existe deux dans le trésor d’Aix-la-Chapelle* et deux aussi à Monza^ .
3. Le morceau vénéré à Bari provient indubitablement de la Sainte Chapelle de Paris, par l’entremise de Charles d’Anjou, qui peut aussi avoir donné la partie supérieure du reliquaire, que j’ai inscrite dans mes notes au xiv® siècle, tandis que le pied doit être retardé jusqu’au xv®.
Le pied, en cuivre repoussé, se compose’ d’une base à lobes arrondis,alternativement saillants et rentrants, d’une tige coupée par un nœud à six pans et d’une collerette gothicjue retombant en manière de dôme.
La custode d’argent est très simple: elle forme un rectangle, dont la baie centrale a son tympan rempli en partie par une fleur de lis renversée, et est accostée aux écoinçons de deux petites roses. La frise moulurée supporte une coupole imbriquée, sur laquelle est plantée une croix plate.
Peut-être, dans le principe, n’y eut-il que la boîte seule, sans pied relie devait alors être posée sur un soubassement rectangulaire. Le trésor d’Aix-la-Chapelle autorise, par un similaire, semblable restitution .
XXYI. — Dent de Ste Madeleine
1. Le corps de sainte Madeleine ^ conservé à la Sainte-Baume, en Provence, fut l’objet de trois récognitions, qui affirmèrent son identité et authenticité, dans les années 710, 1279 et 1280. A la seconde de ces dates, on trouva, dans le sarcophage de marbre où