‹ Œuvres complètesChapitre 55 sur 215 · Le Trésor du dôme d' Aix-la-Chapelle, p · texte numérisé non relu

Le Trésor du dôme d' Aix-la-Chapelle, p

3. Bullel. monument., t. XLVIII, p. 197. — « De spongia ori ejus (Ghrisli) oblala et de arundine in qua fuit circumiigata. » (hiv. de Charroux, 769).

4. Bur le corps et les reliques de Sainte Madeleine, à Rome et ailleurs, voir le tome XI de mes Œuvres, pp. 11-16,

reposait l’illustre pénitente, une inscription écrite sur parchemin, de la grandeur de la main, et enfermée dans un morceau de liège pour la préserver de l’humidité. Une seconde ouverture du tombeau ayant été faite par le prince Charles de Salerne, en présence de prélats et d’une foule de personnages considérables, au mois de mai suivant, en 1280, on aperçut parmi les reliques un globe de cire auquel on n’avait pas fait attention: ce globe, que l’on rompit, contenait une tablette de bois, enduite de cire et portant une deuxième inscription : Hic requlescit corpus Mariæ Magdalenæ »,

2. Voilà par quelle voie la dent vénérée à Saint-Nicolas dut venir à Bari : on a donc raison de la considérer comme un présent de Charles H. Le reliquaire n’ofïre, par lui-même, qu’un intérêt secondaire, car il ne remonte pas au delà du xvii®siècle, mais la capsule qui renferme la relique a une haute valeur archéologique. Cette capsule a la forme d’une boule : elle est en cristal de roche, sur lequel sont gravés des rinceaux. Peut-être pourrait-on l'attribuer au vii“ ou au viii® siècle.

Le cristal avait l’avantage de montrer la relique, quoiqu’elle ne fût pas à nu, comme de nos jours, mais enveloppée dans un morceau de soie. En 1205, Nivelon de Chérizy, évêque de Soissons, donna à Saint-Étienne de Chàlons ipsius gloriosi primi mar-

tiris, enfermé dans un vase de cristal : Super allure cum vase cryslallino publice ac solemniter obtuUmus (Exuv. sacr. Constantinop., I, 06.) Eti 1218, à Saint-Alban de Namur, furent donnés sanguis Domini et capilli ejus in vasis crislallinis {Ibid., 107). A Corbie, d’après l’inventaire de Robert de Clari, « in texto cristallino, crux

magna de ligno Domini In vase cristallino, pannus lineus unc-

tus sanguine Domini Vas cristalli perse, habens de spinis corone

Domini In anipulla magna cristalli, de camisia beate Marie Vir-

ginis In vase cristalli, dens sancti Nicholai et de capillis ejus ».

{Ibid., 198, 199).

Nous trouvons, parmi les dons de Charles d’Anjou à Saint-Maximin (Var), plusieurs boules de cristal avec ou sans reliques: « Item, unum pomum ex lapide cristallino, ad modum pile. — Item aliud

1. Rohault de Fleury, \’ Evangile, t. I, p.22l. — Faillon, Monum. de l’apost. de sainte Madeleine, t. I, pp. 693, 802, 875. — Bollandist., Acta SS., t. Vjul,, p. 215. — Itev. des Soc. sav., 7* sér., f. VI, p. 117.

parvum reliquiare, ex argon lo deaurato, in quo conservantur

reliquie sancli Sebasliani, in quadam bussula cristalli. — Item, qucdam bucilla ex cristallo, munita argento deaurato; infra quam est quoddam scriptum, in circuitu cujusdam suveris, in pargameno, in quo est scriptum; Requiescit hic corpus Marie Magdalenes. — Quedam custodia argentea deaurata, cum diversis yraaginibus, tam a parte inferiori quam superiori ; infra quam conservatur sancta am pulla, in qua existit de terra madefacta ex sanguine Xpi, quæ est de cristallo » i Revue des Sociétés savantes, 4® sér, t.V, pp. 292,296, 298, 301).

3. Saint Louis, en 1267,reçutde l’abbaye de Vézelay trois dents de sainte Madeleine, qui furent enchâssées dans des vases d'or gemmé :

« Genam ipsius, una cum tribus dentibus in vasculis aureis,

variis lapidibus pretiosis ornatis Genam vero in alio vasculo

quod ab angelo argenteo deaurato inter manus tenetur » (Exuv. sac. Const., II, 154) .

La cathédrale d’Angers possédait aussi une dent de sainte Madeleine, comme le constatent les anciens inventaires : « Dens beatæ Mariæ Magdalenæ in amp u lia cristallina, cum pede et coopertorio argcnteis » {Inv. de la cath. d'Angers, 12oo).

Boniface Vlil avait, au palais apostolique, trois dents, une côte et un bras de sainte Madeleine: « Item, dens beate Marie Magdalene, in quodam vasculo de cristallo guarnito de argento. Item, duos dentes, unam de costis et unum os de brachio ipsius beate Marie Magdalene » {Inv. du très, du S. Siège, 1295, n®* 740, 741).

« Bras de la Madeleine, xv® siècle, seconde moitié. Il était entièrement en vermeil, sans bois, orné de quelques pierreries. C’était un don du roi René. Entre le pouce et l’index était une petite boîte, renfermant une dent de sainte Madeleine, avec un petit vitrail autour duquel on lisait: Hic est dens beatæ Magdalenæ; et sur une autre partie, on voyait les reliques du bras avec cette inscription, gravée tout autour: Hic est de ossibus brachii B. M. Magdalenæ ». (De Farcy, l'Ancien trésor de la cath. d'Angers, apud Rev. de l'Art chrét., t. XXXI, p. 360).

Un inventaire manuscrit, qui ne paraît pas remonter au-delà du xvm® siècle et qui a été publié en partie par M. Godard-Faultrier, porte à l’article XX la mention suivante: « Un reliquaire d'argent,

en forme de bras, tenant de la main une petite boîte d’argent, dans laquelle sont les reliques de sainte Madeleine, avec ces inscriptions . Hic esl dens beatæ Mariæ Magdalenæ et Hic est de ossibus brachii beatæ Mariæ Magdalenæ ».

Les Bollandistes signalent plusieurs autres dents en Belgique :

« In monte sancto Andeclis visuntur ejusdem dens molaris, item

de mandibulaetparscinguli Cœnobium Olivense juxta Bincbium

iu Hannonia dentem possidere dicitur » (pag. 388)... « Lego alibi, Leodii ad S. Jacobi monstrari maxillam cum uno dente, quas reliquias dederit Philippus, filius regis Majoricarum » {Acta SS., t. V jul.,pp. 222,223).

La troisième année du pontificat de Clément IV (1268), son légat le cardinal Simon, du titre de Sainte-Cécile, délivrait un authentique en ces termes, à l’abbaye de Yezelay: « Os brachii B. Mariæ Magdalenæ collocatum in vasculo aureo, ad modum brachii facto, ornatodecem et octo rubinis, quorum plures sunt oplimi et reliqui sunt balas, et viginti et novem smaragdis, tredecim saphiris orientalibus et triginta duabus margaritis grossis; partem eliam ligni veræ crucis et pannorum infantiæ Salvatoris, ac purpuræ in qua fuit illusus, nec non baltei quo præcinctus extitit cum lavit pedes discipulorum, et duas spinas do vera corona, qua in sua passione exstitit coronatus, in manu ipsius brachii situatas; genam quoque ipsius sanctæ cum tribus dentibus, repositam in quodam vasculo argenteo deaurato, quod angélus deauratus, ornatus quatuor rubinis balas et totidem saphiris et octo smaragdis, tenet in manibus » {Ibid., p. 211). Ce texte a été reproduit par le comte Riant dans le tome II des Exuviœ, p. 136.

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