Thiers, t. I, p
Le mot soleil, qui désigne une forme déterminée, est ici impropre, car, plus loin, Thiers cite, comme le plus ancien, celui qu’il a o!)servé « à peu près semblable aux nôtres », « dans un graduel de la Sainte-Chapelle de Paris » et qui remonte au règne de Louis XIL C’est presque l’époque où Raphaël, peignant la dispute du Saint- Sacrement, dans une des chambres du Vatican, posait, sur un autel paré, un ostensoir en forme de large disque, décoré de têtes d’anges et auquel il ne manque que des rayons pour ressembler aux ostensoirs modernes (Œuvres complètes, II, 61).
Mais nous pouvons remonter un peu plus haut pour cette forme particulière en soleil qui commence dès lors à poindre. La bibliothèque de la ' ille de Clermont possède un bréviaire manuscrit do la fin du xv® siècle, où est deux fois figuré un ostensoir. A la procession de la Fête-Dieu, quatre bourgeois, coiiïésde la toque, portent les bâtons d’un dais carré, en étoffe rouge brodée d’or. Le cortège défile devant des maisons décorées, au rez-de-chaussée, de tentures vertes. Sous le dais est abrité un évê(]ue mitré, ganté de blanc, vêtu d'une chasuble bleue, qui tient à deux mains un ostensoir d’or, à large pied circulaire, du nœud duquel s’élance une monstrance de petite dimension, ronde, entourée de rayons flamboyants et rares, avec une croix au sommet.
L’ostensoir, qui fait l’attribut de sainte Claire, a son pied, également circulaire, exhaussé par plusieurs griffes. La tige monte droit et se termine par une custode plus large que la précédente, ronde et rayonnante, dont la pointe forme la croix *.
1. « Item, un soleil d’argent vermeil, doré et cizclé,garny de ses cristaux. — Item, un autre petit soleil de cuivre, fort ancien, garny de verre. i> [I/iv. du MoüUer d’Ahun, tOoG-, n»* 7 et 8).
Le baron de üuilhermy, dans ses Inscriptions du diocèse de Paris, t. 111, p,. 436, cite la donation, par un curé, à son église de Choisel, « d’un soleil... d’argent », en 1691.
Il Un soleil d argent doré et son pied cizelé en figures » {Inv. du Saint- Sépulcre de Paris, 179Ü).
Mercier {Nouveau Pains, 1798), parlant du pillage des églises la Révolution, écrivait : « On a vu briller aux doigts de ces présidents de comités révolutionnaires les émeraudes (pii décoraient les soleils » et, en 1793 « on portait sur des brancards des calices, des ciboires, des soleils » (t. II, p. 92).
« Un soleil » {Inv. des Incurables de Poitiers, an 111; Inv. de Saint-Salurnin). — «Un soleil » {Inv. de Sainl-Porchaire de Poitiers, an III).