‹ Œuvres complètesChapitre 6 sur 215 · III. — Église · texte numérisé non relu

III. — Église

L’église collégiale de St-Nicolas est précédée d’une place, entourée de murailles ; on y arrive, du côté de la cathédrale, par une porte ogivale, surmontée d’une statue de S. Nicolas, entre deux écussons aux armes de la maison d’Anjou. Un large palier, exhaussé de plusieurs marches, forme parvis. La façade, d’un style simple et sévère, est imposante par ses dimensions. De prime abord, on reconnaît à ses trois portes et à la triple division architectonique, dans le sens vertical, que l’intérieur est partagé en trois nefs. La porte médiane est ornementée d’un porche peu saillant, dont le toit triangulaire retombe sur des colonnes que portent deux hippopotames sur leurs larges épaules. Ces habitants des fleuves, en cet endroit, dénotent les voyages d’outre-mer. Les frises feuillagées sont entremêlées d’animaux divers.

Comme sculpture de l’époque romane, je n’ai à noter qu’un symbole, exprimé par un personnage traîné sur un char à quatre chevaux et d’une main tenant le soleil et la lune ; celui-là est représenté par une face rayonnante et celle-ci par une espèce de torche i. La gloire de S. Nicolas s’étend donc au monde entier et sa louange résonne le jour et la nuit.

Cette sculpture est encore susceptible d’une autre interprétation. Si le personnage, monté sur le char, est imité de l’Apollon antique, c’est alors la personnification du jour, ou, si l’on veut, du soleil, puisqu’il tient cet astre à la main. Mais je préfère le jour ; et sa palme dénoterait le triomphe, en commémoration du jour heureux où le corps de S. Nicolas, apporté par les marins, aborda au port de Bari, ou cet autre jour, non moins mémorable, où il prit possession de la basilique élevée pour lui rendre hommage.

1. A la façade occidentale de St-Marc de Venise, sur une des archivoltes, la Persévérance, dit M. Julien Durand, tient dans ses mains « les deux flambeaux du soleil et de la lune, du jour et de la nuit, dont la révolution incessante serait un symbole tout naturel de la persévérance » {Annal, arch., t. XIV, p, 167). Ici ce symbole signifierait: Nous avons le corps de S. Nicolas, nous le garderons toujours.

Dans l’un et l’autre cas, c’est Dieu qu’il convient de remercier, en franchissant le seuil du monument, car il a dit par la bouche du prophète Isaïe ; «Sciant hi, qui ah ortu solis et qui ab occidente, quoniam absque me non est : ego Dominus et non alter, formans lucem et creans tenebras » (xlv, 6, 7). Or, par sa grâce, la lumière a lui sur Bari qui, dès l’instant, est sorti de scs ténèbres, comme il est dit dans l’office de S. Nicolas au xm® siècle : « Exortus est in tenebris Baro divinus radius, vere dies hæc celebris. »

L’extérieur est nu et monotone; cependant ces hautes murailles bien appareillées ont grand air. J’y ai remarqué des croix gravées, qui rappellent la dédicace faite en 1197 par Conrad, évêque d’Hildesheim et chancelier de l’empire, au nom du pape Célestin 111*. Elles sont de forme latine et légèrement pattées aux extrémités. A Bari, cet usage persévère tard, et l’église de Ste-Thérèse, consacrée au XVII® siècle, montre aussi des croix à l’extérieur. J’ai rencontré plus d’une fois, en France, l’adoption de ce système sur d’anciennes églises, même encore au xvi® siècle.

La rubrique ne prescrit rien de semblable : le but était donc uniquement d’avertir les fidèles au dehors, afin de les inviter à venir

1. Le cardinal Bartolini a donné, en lecture courante, le texte de l’inscription commémorative, qui est placée é droite de la porte majeure : « Praesulante sanctissimo et universali papa domino Coelestino III, felicis memoriae, imperantc quoque divo Ilenrico VI, cliristianissimo imperatore semper augusto et in victissimo rege Siciliae, Conradus, sanctissimus Idelmensis episcopus et tune imperialis aulae illustris cancellarius, divino praemonitus et apostolico praemunitus mandato, lioctemplum allissimo consecravit, ad laudem et gloriam régis aeterni, ad perpetuum Romanae Ecclesiae decus, pro romani saluteimperü et populi liberatione. Praesentibus plurimis Apuliae Teutoniaeque praelatis, arcbiepiscopis quinque, episcopis viginti octo, abbatibus septem, numerosissimoquoquecoetu clericorum et inestimabili Teutonicorum diversarumque gentium. Ilaec autem facta sunt ternpore prioratus domini Arnbrosii, venerabilis sacerdotis, anuo ab Incarnatione Verbi millesimo centesimo nonagesimo septimo, indictione quinta décima, niensis julii vigesimo secundo » (p. 10). N’ayant pas relevé moi-même cette inscription sur place, j’en conclus que je ne l’ai pas alors considérée comme un texte original, mais simplement une copie.

Le même auteur fait observer que cette dédicace fut tardive, parce que, dit-il, a la basilique fut terminée en 112;i ou 1139 ». 11 cite à ce propos une bulle de Pascal 11, qui déclare achevée la construction qui doit être bientôt une église : « Paschalis episcopus, servus servorum üei. Eustachio, abbati S. Nicolai... Quia igitur, largiente Domino, basilica eadem congrua jam œdificatione perfecta est, in loco videlicet juris publici per ducis Rogerii chirographum (lato, nos eamdem doinum, auctore Deo, mox futuram ecclesiam, postulante filio nostro, ejusdein ducis germano, Boamundo, Barensis nunc civitatis domino, sub lutela Apostolicae Sedis accipimus. » (p. 17.)

prier dans un lieu où ils pouvaient, par ce seul acte, effacer leurs péchés véniels.

Les deux tours carrées, actuellement découronnées, qui flanquent la façade L accusent, non moins que le style architectonique, l’influence française directe En Italie, le style pur ne comporte qu’une seule tour. Mais cette influence a été contrebalancée largement par la tradition italienne, qui, en maint endroit, a conservé ses types anciens. Ainsi les nefs, selon le style basilical, sont séparées par des colonnes monolithes, épaisses certainement, mais moins massives que des piles cantonnées de colonnes ; le transept n’est sensible qu’à l’intérieur, par la brusque interruption des latéraux ; l’abside est peu profonde et l’autel s’établit en avant; enfin, à part l’abside qui est voûtée en conque, le reste n’a qu’une charpente apparente, ultérieurement dissimulée par un plafond en bois sculpté. Ne nous plaignons pas de cette altération de type : l’architecture normande gagne, au contraire, à cette modification substantielle.

L’absence de voûtes permit de donner plus d’élancement aux murailles, et dès lors la nef devint plus spacieuse en s’élargissant.

Les bas-côtés sont couverts par des voûtes d’arête; on a commencé, je ne dis pas à les restaurer, mais à les compléter par des ornements

1. Les clochers furent, à l’origine, au nombre de quatre; ils existaient encore en 1602, lors de la visite faite par le grand prieur Fabio Grisone, dont le cardinal Bartolini cite les paroles : « Quatuor esse invenit, duo in capite ecclesiæ perfecta et absoluta, duo vero imperfecta; quorum omnium duo, quæ sunt ex parte dexlra ipsius ecclesiæ, habent campanas tam minores quam médias ac majores, quarum sex sunt in campanile e capite ecclesiæ, vidclicet quatuor parvæ et duæ majores; in altero vero in pedes ipsius ecclesiæ quod est imperfectum, adsunt duæ campanæ, quarum una maxima est. altéra aliquanto minor, longe tamen major reliquis in altero campanile existentibus; quæ duo campanilia compléta altéra refectione indigere cognovit, ac propterea manda vit deputato fabricæ ut ipse reparari curet arbitrio expertorum. » Les deux clochers de la façade ont été découronnés et les deux autres qui s’élevaient au chevet ont disparu, à la suite de tremblements de terre: « Quando dai tremuoti fu gravemente percossa la basilica, le torri cainpanarie non andarono immuni délia ruina » (p. 29.). Les clochers renfermaient huit cloches, dont un bourdon.

2. « Cette école, d’abord soumise, au xi* siècle, à l’influence byzantine qu’avait implantée dans le midi de l'Italie la domination des empereurs de Constantinople, et à laquelle se mêlaient des éléments arabes, s’en émancipe au XII® siècle, en prenant une empreinte française incontestable, plus marquée dans l’ancienne Apulie que dans aucune autre partie de la péninsule, et qui se continue encore au xm' siècle. » (Lenormant, Gazette des Beaux-Arts, t. XXII, p. 19'i.)

qui ne sont pas d’un style assez sévère et qui demanderaient à être étudiés davantage. Il ne faut pas oublier que l’architecture, étant romane, appelle une ornementation dans le même goût, et qu’y appliquer les élégants rinceaux du temps de Charles II constitue un anachronisme réel et un hors-d’œuvre,

La nef principale se développe bien avec ses trois étages ; au rez-de-chaussée, une série d’arcades cintrées reposant sur des colonnes; au premier, de vastes galeries s’étendant sur les bas-côtés et ouvrant sur la nef à l’aide de fenestrages cintrés, à double meneau; enfin, à la partie supérieure, une rangée de petites fenêtres romanes, qui ont leur équivalent à la façade. Ces galeries sont toutes françaises : l’Italie n’a rien connu de pareil, sinon aux hautes époques, comme à Ste-Agnès-hors-les-Murs et aux Quatre-Saints- Couronnés, à Rome.

Les tremblements de terre ont obligé à couper cette nef, au XV® siècle, par des murs transversaux, qui ont l’aspect de ponts à trois arches, s’élevant presque à la hauteur des galeries. Une décoration ogivée et tréflée caractéri.se leur époque.

Le cardinal Barlolini a fort judicieusement observé que la triple arcade en plein cintre, reposant sur deux colonnes de granit, qui ferme le haut delà grande nef,à l’entrée du transept, était à l’origine un chancel, analogue à celui de la chapelle Sixtine, au Vatican. C’est le plus ancien exemple de ce genre qui existe aciuellement, avec ceux de Torcello (Lenoir, Archileclure monastique, t. I, p. 18G) et de St-Marc de Venise. Sa plateforme tenait lieu du trabes antique dont parle souvent Anastase le Bibliothécaire, Pour rendre à ce vénérable monument sa physionomie primitive, il suffirait de clore la partie inférieure de grillages en fer forgé, appuyés sur des transennes do marbre, tandis ()ue des couronnes pendraient au sommet des arcs, entre les courtines relevées à droite et à gauche. La décoration se compléterait sur l’entablement par une statue de S. Nicolas ou un Christ triomphal et six chandeliers de marbre, dans lesquels seraient allumés des cierges aux solennités.

Au bas de la grande nef, à droite de la porte principale, on remarque un puits sans margelle, fermé par une simple dalle circulaire. Il fournit de l’eau, non pas seulement pour les besoins de l’église, mais aussi à tous les habitants du quartier qui viennent y

puiser journellement. L’eau est presque à fleur de sol et se prend aisément à la main avec une corde L

1. Les puits signalés dans les églises ont eu une quadruple destination: à l'origine, on les a creusés pour fournir de l’eau aux maçons, puis on les a conservés pour les besoins du culte et des serviteurs de l’église ; en temps de guerre, les fidèles renfermés dans le lieu saint s’y sont approvisionnés et souvent on y a caché les corps saints et les reliques. Il est opportun de grouper ici les puits similaires.

O Prés de ce souterrain (à S.-Eustorge de Milan) est un puits dans lequel la tradition rapporte que les corps de plusieurs martyrs ont été jetés » (Millin, Voyage dans le Milanais, t. I, p. 140).

« La chapelle du S. Sacrement se nommait aussi chapelle du puits (à la cathédrale de Beauvais) : Louvet, Histoire et antiquités du diocèse de Beauvais, 1631-1635, t. II, p. 633. Dans plusieurs cathédrales, on voyait des puits très élégants qui, après avoir servi à la construction de l'édifice, étaient ensuite consa'crés aux usages de l’église. Gailhabaud, De I arcliiieclure du v® au xvii® siècle, t. IV, publie un dessin du puits encore conservé dans la cathédrale de Itatisbonno » (Desjardins, Ilist. de la calliéd. de Beauvais, p. 59).

Au milieu du cloitre de S. -Jean de Latran, à Rome, existe un puits, dont la margelle de marbre, sculptée à la fin du viii® siècle, est figurée dans la Revue de l'Art chrétien, 1892, p. 526.

A l’abbaye de Lobbes (Belgique), dès le x" siècle, « on l’avait (le puits) creusé entre deux autels, à peu de distance de la table de communion Les

habitants de Lobbes y vont parfois puiser de l’eau » [Rev. de l'Art chrétien, t. XXIII, p. 141).

Il y avait un puits à St-Martin de Tours, au rapport de Paulin de Périgueux {Vita S. Martini, iib. VI, v. 56, 57) :

« Quin etiam in puteum, qui templo clausus in ipso.

Fonte saluliferas éructât concavus undas. »

Mgr Chevalier en parle en ces termes dans les Fouilles de S .-Mar lin deTours, p. 41 : « On y voyait (dans le déambulatoire) un puits destiné au service de l’église et aux besoins des pèlerins et des voisins de la basilique; il arrivait parfois, écrit S. Grégoire, que des énergumènes, transportés comme dans un vol aérien par-dessus la grille du tombeau, étaient précipités dans ce puits: « Cum energumeni per canceilosbasilicæ veherentur volatuaereo et sæpe in puteum qui jin ipsa liabetur basilica, impulsu demonis jactarentur » (Üe mirac. S. Martini, lib. I, cap. 2). Plus tard, ce même puits, étant devenu le rendez-vous des femmes oisives et le siège des commérages du quartier, fut transféré au XIII® siècle dans le second bas-côté du pourtour du chœur et il figure à .sa nouvelle place sur le plan de 1779... Voyez, au sujet de ces désordres, le sermon attribué à S. Üdon de Gluny sur la combustion de S. Martin au x® siècle, dans la. Biùliotheca Cluniacensis, col. 148. Une porte s’ouvrait près du puits.... En 1461, on ferma le puits ou du moins on en réglementa sévèrement l’usage, pour obvier au désordre; mais, l’année suivante, sur la réclamation générale des habitants, on dut le rouvrir. »

On lit dans la vie de S. Apollinaire (Bolland.,.dcto SS., t. V, jul., p. 357): « Divinilus creditur fuisse procuratum quod in eadem ecclesia Sancti Apollinaris fons putei antiquitus institutus in parte altaris dextera, qui non minus saluberrimas quam perspicuas continet aquas, ex quibus ad Uei gloriam et martyris veneralionem tam inhominibus quam in pecoribus ceterisque hominum necessariis rebus multimode provenire visæ salubritates. »

Le Chronicon Francorum, parlant des précautions prises contre lesNormands, dit: « En l’église Saint-Martin de Sougio fut rebosli trésors en un poiz qui est

Lorsque j’étais à Bari, le chapitre, voyant l’intérêt que je portais à ce monument si français, daigna me consultei' pour les travaux de restauration, qui allaient sous peu s’attaquer à l’abside. On me montra, pour la conque, une Assomption en style libre. Je n’eus pas de peine à convaincre les chanoines de l’inopportunité du sujet et de l’insuffisance des études préparatoires. Aussi s’empressèrent-ils de me confier la direction et la surveillance des cartons. Je m’abouchai donc, à Rome, avec les peintres chargés du décor, et il fut convenu que toute l’ornemenlation se ferait en style roman, dont

en la né dau motier. » Des puits à reliques se voient, à Rome, à St-Pierre du Vatican, à la Platonia, à St-Bartliélemy en l’ile et à Ste-Pudentienue ; celui (au milieu de la nef) de l’église des Saints-Apôtres a été détruit dernièrement, acte de pur vandalisme.

M. Darsy a signalé, dans l’église de Gamaches, un puits auquel il attribue une destination baptismale [Ballet, de la Soc. des Antiq. de Picardie, 1881, n“ 4.)

En 1687, lors des réparations qui furent faites à la cathédrale de Lisieux,

« l’on a trouvé, vis-à-vis de la chaire à prêcher, un puits très profond que l’on a laissé en sou état, après l’avoir couvert d’une grande pierre » (Vasseur, Efud. histor. et arch. sur la cath. de Lisieux, p, 78).

Je peux citer un autre puits, près de la sacristie, dans le transept de la cathédrale d’Angers et un dans le sanctuaire de l’église abbatiale de Charroux (Vienne); celui de la cathédrale de Poitiers est situé près du chœur, au midi.

Dans l’église d’Esnandes (Charente-Inférieure), on a signalé « un puits creusé sous un bas-côté ». On a pu l’utiliser, en cas de siège, pour fournir de l’eau aux assiégés, retirés pour leur défense dans l’église; mais ces puits ont été faits primitivement en vue du service de l’église.

M. Leclerc écrit dans le Bulletin de la Société archéologique du Limousin, XXXVll, 192 : « La plupart des grandes églises transformées en citadelles avaient un puits, nécessaire pour les besoins de leurs défenseurs. On en connaît encore à la cathédrale de Limoges, dans l’église de la Souterraine et dans plusieurs autres du diocèse. Celui de l’église de Compreignac,qui était de forme carrée, existe toujours, mais son ouverture est couverte. 11 est placé au milieu du sanctuaire, un peu du côté do l’épitre ». M. Jouhanneaud ajoute, à propos delà Souterraine [Ibid., XL, 396); « Cette crypte est assez vaste... En face de la chapelle du milieu un vestibule ouvre sur un caveau rectangulaire dans lequel on remarque un puits à margelle d’une seule pièce; l'existence de ces puits, comme l’on sait, n’est pas chose rare dans les monuments religieux de cette époque », qui est l’ère romane.

« Dans les dangers, il (le curé, au xvi® siècle) se réfugiait au clocher. De là il faisait sentinelle, appelant les habitants par un coup de cloche, dès qu’il voyait apparaître l’ennemi. Ceux-ci arrivaient avec leurs troupeaux qu’on enfermait dans le cimetière; les vieillards, les femmes et les enfants restaient dans l’église ; les hommes d’armes veillaient à leur protection du haut du clocher, improvisé en citadelle. On montre dans l’église l’emplacement de l’ancien puits, qu’on a fermé depuis peu » (Germain de Maidy, Baslieux, pp. 6).

M, Mallet a publié dans la Revue de V Art chrétien, t. XXIX, pp. 237 et suivantes, une Elude sur les puits d’église, qui me dispense de faire d’autres citations.

jo leur citai des exemples, et que le sujet iconographique traité serait celui-ci, le seul convenable en cet endroit : S.jNicolas, triomphant au ciel et recevant les hommages des bienfaiteurs et fondateurs de la basilique, agenouillés à ses pieds ; à sa droite Hélie, mitré et crossé, offrant le modèle de l’église, puis l’abbé Eustache, qui acheva les travaux, vêtu de la coule bénédictine et le lan abbatial en main ; ii sa gauche, 'le duc Roger, en guerrier, présentant sa couronne, et Charles II d'Anjou, les épaules couvertes d’un manteau fleurdelisé, offrant son sceptre royal. Voilà, en quelques traits, l’histoire ineffaçable du monument. Des inscriptions latines élucideront le sujet et nommeront les personnages. A l’œuvre donc, maintenant que le thème iconographique est fixé! Voilà une belle page pour des artistes chrétiens et archéologues.

Je me serais étendu davantage sur la basilique de St-Nicolas, mais le cardinal Bartolini m’avait fait savoir qu’il avait sur moi une antériorité de date*; je me suis donc abstenu, pour laisser parler l’auteur de tant de doctes dissertations académiques. Tel est l’usage italien : on ne doit faire connaître son opinion qu’autant que les aînés ont parlé. Notre éducation démocratique ne nous impose pas, heureusement, de telles réserves ; la place est au premier occupant et au plus pressé. Mais, prélat romain, il était de mon devoir de me conformer à l’étiquette, quelque gênante que j’aie pu la juger. Cependant j’aurai trouvé mon profit à attendre, car il me sera possible ainsi de compléter mon mémoire par d’utiles citations, qui prouveront en quelle estime je tiens le travail de mon devancier

1. Su Vanlica Basilica di S. Nicola in liari nella Puglia, osservazioni stori. che ed archeologiclie, esposle alla Pontificia Accademia Romana di archeologia, nelle loniate dei 15 marzo e 19 aprile 1855, dal sooio ordinario e Censorc Do- MENico Bartolini, oggi Prete Cardinale di S. R. C. del tilolo di S. Marco. Roma, tipografia Siniinberghi, 1882, in-4 de 38 pages, avec huit lithographies, représentant le plan de la crypte, celui de l’église, l'intérieur, le ciborium, le siège abbatial, la façade, le liane méridional et la porte du nord.

2. En 1847, un chanoine de la basilique palatine, Fr.-Xavier Abbrescia, avait commencé la publication de La real basilica de S. Nicola di Bari descrilla ed illustrala, un volume in-8”. La mort l’a surpris trop tôt, car il est resté à la 48* page. ÎSous souhaitons vivement qu’on reprenne la suite de l’impression, qui sera facile si le manuscrit existe encore.

î. XlV

Page 1