IV. — Ciborium
Nous ne connaissions jusqu’à présent, en fait de ciboriuins de l’époque romane, que les quatre de Rome, à St-Glémcnt, Ste-Maricdu Transtévère, St-Laurent-hors-les-murs et St-Georges au Yélabre, et celui de la cathédrale d’Anagni; je les ai tous signalés plusieurs fois dans mes publications à l’attention des archéologues*. Le plus important est incontestablement le ciborium de St-Nicolas, tant pour son ornementation spéciale que pour ses proportions plus considérables. La nouvelle église du Sacré-Cœur, qui se construit à Montmartre, aura besoin do couvrir son maître-autel d’un baldaquin élevé sur des colonnes. Je n’hésite pas à proposer pour type à M. Abbadie l’édicule si complet et si élégant, quoiqu’un peu massif, de la collégiale Angevine: non seulement le styleconcordcavec celui qui a été adopté, mais encore il a l’avantage de se trouver dans une église française par son architecte et son origine. Quelle église actuellementen Fiance pourrait offrir un modèle en ce genre? L’Italie a été plus conservatrice que nous et c’est à elle que nous devons demander le modèle cherché.
Le ciborium de Bari, comme ses similaires, repose sur quatre colonnes, plantées aux ([uatre coins de l’autel ^ : deux sont en brèche rouge et deux en marbre violet dit pavonazetto. Son architrave épaisse porte, gravée en belles majuscules, cette inscription qui compare l’édifice au ciel, où le bon et fidèle serviteur est entré pour obtenir la récompense de ses mérites. Du haut du ciel, où il triomphe, il entend la voix des fidèles qui viennent se prosterner devant son autel et le supplient de prier pour le donateur l’abbé Eustache,
1. Voir, dans les Monuments de la Messe, une très docte élude sur les Ciboria, par Itoliault de Fleury; il en a été fait un tirage à part.
2. Le ciborium de la calliédrale, qui a disparu dans une restauration générale, opérée au siècle dernier, datait de l’épiscopat de Nicolas, qui fut élu archevêque de Bari en 1035 et déposé en 1061. Sur les chapiteaux l’artiste Alfani avait trois fois apposé son nom :
« Summi sculptons Alfani destra perita Angelicas species marmore fecit ita.
Alfanus civis me sculpsil ïermolitanus,
Cujus (jua laudor sit benedicta manus.
Yirihus Alfanus studuit quod sculpere lotis Ed'rem legavit, complevit cura nepotis. »
(Garubba, Sene critica dé sacri pastori Baresi, Bari, 1844, j). 120./
continuateur de l’œuvre de l'abbé Hélie’, et aussi pour le peuple chrétien :