‹ Œuvres complètesChapitre 65 sur 215 · PAPÆ JOANNIS XXII* NEPOS, AC PRIOR · texte numérisé non relu

PAPÆ JOANNIS XXII* NEPOS, AC PRIOR

HUJUS BASlUC.E, FLOROrr AB

A. 1335, üSQ"« AD A. 1337.

L’avocat Canron {Rome, 2« part.,p. 10) le fait naître àCahors et lui assigne, comme dignités ecclésiastiques, la diaconie de Saint-Eustache et l’évèché d’Avignon. Selon cet écrivain, il serait mort le 2i novembre 1335. Voir dans le Pullelin monianenial, 1883, pp. 401, 435, une intéressante étude de M. Louis Duhamel, intitulée: Un neveu de Jean XXII, le cardinal Arnaud de Via. Elle est accompagnée d’une héliogravure de la statue qui était couchée sur son tombeau, dans l’église de Villeneuve-lez Avignon, où le curé d’alors, M. Fuzet, depuis évêque de Beauvais, en a retrouvé des fragments importants. Il paraît certain qu’il mourut le 24 novembre 1335 et n'occupa jamais le siège d’Avignon.

1. M. Foresüé a écrit dans le Bulletin de la Société archéologique de Tarnet-Garonne, 1896, p. 211, à propos de « Bernard e de Via » et de « Pierre de Via », au xiv* siècle, celte note philologique que je m’approprie volontiers : a Nous saisissons cette occasion pour signaler l’erreur commise universellement dans l’adaptation de ce nom célèbre — puisqu’il fut porté par la sœur et les neveux du grand pape Quercynois Jean XXII — à la langue française. Dans les documents latins ou romains, il est écrit de Via ou de la Via. Comment peut-on avoir pu traduire par de la Vie, alors qu’il eût fallu de Vita ? Ce nom ainsi dénaturé s’est conservé dans nos contrées, où on rencontre de nombreuses familles de Bia ; à Cahors, la rue de Via est devenue par corruption da Bio. Enfin nous avons trouvé ce nom dans Vllistoire du Quercy par Lacoste, traduit par du Chemin, ce qui est exact. Toutes ces transformations n’expliquent point l’erreur commise depuis plusieur.s siècles par les généalogistes et les historiens, qui ont généralement adopté la Vie. M. l’abbé Martin qui a publié, dans la Revue des questions historiques, tome XIX, p. 563, un excellent article sur Jean X.Xll, n’a pas relevé cette erreur. »

2. D’après Ciacconi et Frizon, cet écusson se blasonne : Parti: au 1, coupé de. . . à un lion de. . . entouré de huit besants en orle de. . . ; et fascé de. . . et de. . . de sept pièces; au ’2, de. . . à la croix de. . . à la bande de. . . sur le tout. Ciacconi ajoute deux étoiles aux quartiers 2 et 3 de la croix. M. Duhamel a fait graver des armoiries d’après deux monuments d’Avignon. Or, elles portent; Parti: au premier, coupé en chef d’or au lion d’azur et une bordure de tourteaux du même; en pointe, d’argent à deux fasces de gueules; au deuxième. d’azur, à la croix d’argent, accomjiagnée de deux étoiles à huit rais du même placées en barre; à la bande de gueules, chargée de trois coquilles d’or, brochant sur le tout (p. 408).

M. Müntz a cité, à la Bibliothèque Barberini, à Rome, un manuscrit du xvii* siècle, qui contient, « outre les armoiries des cardinaux morts à Avignon, de précieux détails sur leur vie ou leur sépulture ». Il est intitulé : Insignia cardinalium decessorum Avinione in curia pontificia. On y trouve les écussons « Amaldi et Jacobi de Via, nepolum ex sorora Joannis XXII » (Dnll. archéol., 1887, p. 255).

qui ne sont venus dans les Ueux-Sieiles qu’au xv® siècle, la date ne pourrait concorder que pour une partie de la châsse.

Je dis pour une partie, car il y a, dans l’ensemble, un mélange de deux styles qui suppose ou une restauration ultérieure ou l’emploi de pièces diverses, empruntées à deux châsses différentes. Ainsi, l’archéologie y distingue nettement deux époques : tout le haut, clocheton et toit, appartient bien au xiv® siècle, qui a encore cultivé le procédé du champlevé, plus lard supprimé, l.e bas, où l’on fait usage d’émaux peints, énonce la fin du xiv® siècle, mais l’architecture est celle du xv® par ses accolades et ses fenêtres. Cependant je dois dire que M. Rohaultde Fleury croit avoir rencontré cette forme dès le xiv® siècle, â Sainte-Scolastique de Subiaco *. Alors il me faudrait changer do thèse et soutenir, ce qui est fort acceptable, que la châsse offerte par le cardinal français à l’église dont il était grand prieur ne fut pas complétée, mais faite de toutes pièces avec une avance de style assez considérable sur son époque, puisqu’il mourut en I3‘37. Une anomalie me frappe et indique une transition : l’accolade comporterait des choux et pourtant il n’y a que des crochets. Or, les crochets sont trop vieux pour l’accolade, et l’accolade trop jeune pour les crochets, identi<iues cependant â ceux du clocheton. N’oublions pas que nous sommes en Italie ; le style de cette contrée a de ces bizarreries où l’on constate â la fois du retard et de l’avance sur les autres pays.

Les reliques renfermées dans cette châsse exceptionnelle sont au nombre de trois : des pierres du Calvaire, des pierres de la lapidation de saint Étienne, de la cire des cierges merveilleusement allu-

1. Viollet-le-Duc, dans son Dictionnaire d'Archileclure, a gravé une « maison du XIV® siècle »,' où, aux fenêtres des combles, ou remarque l’accolade, ainsi qu’aux supports do la charpente {Gas. des Beaux-Arts, 2' pér. , t. Vif, p. 103).

L’accolade se voit déjà en orfèvrerie dans un reliquaire du trésor de Reims, qui est certainement du xiv® siècle et plutôt « des commencements », ainsi que le fait observer Darcel [Gaz. des Beaux-Arts, 2“ pér., t. XXIII, p. 103). Je la trouve également, à la même éjioque, sur un ivoire provenant de la Fcrté-Bernard, et appartenant à l’abbé Robert Charles.

Parker, dans son Dictionnaire d'architecture (.1 concise glossary of lerms used in grecian, roman, italian and gothic architecture, Oxford, 18CG), donne, d’après des monuments anglais, des accolades qu'il attribue à l'an 1320 et 1330, pp. 28,50, 93. Dans ABC of gothic architecture (Oxford, 1881), le même auteur fixe encore l'apparition de l’accolade dès 1320 (pp. 134, 143), puis ultérieurement en 1350 (pp. 133, I'i2), et en 1300 (p. 141).

ï. XIV

mes, le Samedi Saint, au Saint-Scpulcrc, par le feu du ciel. L’étiquette mérite d’être rapportée textuellement; je la crois du temps de Charles II d’Anjou : Esl de cera lampadum que accenduntur de sahallo de igné celeste

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