‹ Œuvres complètesChapitre 67 sur 215 · Euvres complètes, t. IX, pp. O'di-.tio'J · texte numérisé non relu

Euvres complètes, t. IX, pp. O'di-.tio'J

3. Eu 1267, le bras de sainte Madeleine, oITert à saint Louis i)ar l'abbaye de ■Vèzelay, lut enchâssé dans un bras d'or gemmé; « l’retiosum brachium bea-

tissime Marie Magdalcne in vasculo facto ad modum brachii, una cum

manu. » (Exuv. sac/'. CP., II, 15i).

4. On altiibue ci l’archidiacre Jean, qui devint archevêque de Bari en 1078, une « Hisloria parva sive relatio translaüonis brachii sancti Thomæ apostoli ac brachii sancti Vincentii martiris, quæ in ecclesiam sancti Nicolai translata fuerunt » (Garubba, I sac/'i paslori Baresi, p. 863).

est ouverte et ne bénit pas. Le volet d’argent, qui clôt l’ouverture latérale par laquelle on peut voir la relique, est rectangulaire, et situé un peu au-dessousdu coude. J’attribue cette pièce d’orfèvrerie au XV® siècle et la relique elle-même à saint Loup, évêque de Troyes, dont le chef est à la cathédrale de Bénévent et le corps dans une paroisse de l’archidiocèsc.

Ces deux reliques n’auraient-clles pas été changées de bras ? La main bénissante et le bras paré conviennent bien à un évêque, tandis que la main ouverte et le bras nu s’adaptent mieux à la légende du saint diacre, jeté en pâture aux animaux.

Les autres bras sont du xvii® siècle. Voici celui de saint Jacques Majeur, daté de 1004, avec un bourdon à la main, et celui de saint Jacques Mineur. Un bras, armé d’une lance, pourrait être assigné à l’apôtre saint Thomas, car l’arme guerrière est un de ses attributs ordinaires, mais la relique se trouve dans un autre reli(|uaire.

Lebras de l’apôtre des Indes a sa légende. Jela relate telle qu’elle a été écrite pour moi par un deschanoines de Saint-Nicolas : « En 1102, un évê(jne français, dont on ne précise ni le nom ni le siège, s’arrêta à Bari, à son retour d’Orient, pour y vénérer le corps de saint Nicolas. Là il fut pris parla maladie et bientôt après mourut. A ses derniers moments, il fit venir l’abbé Hélie pour lui révéler le trésor qu’il portait avec lui et qu’il laissait à la basilique de Saint- Nicolas. C’était un bras de saint Thomas qu’il avait rapporté d’Edesse, où il avait vénéré le corps de l’apôtre L » La relique

1. Je ne vomirais pas, à l’étranger, négliger le moindre souvenir intéressant la France. C’est à ce titre que j’inséreici la note suivante, (jui m’est fournie par les Mémoires de la Sociélé des Anliquaires de l'Ouest, t. XXXVII, p. 289 : R Un chanoine de Saint-llilaire le Grand de l’oitiers, qui a composé, au commencement du xii“ siècle, une vie inédite de son saint patron (F. lat., Bibl. nal.,n° 5316), raconte que, dans un pèlerinage qu'il lit à Saint-Nicolas de Bari, dans la Fouille, lui et ses compagnons de voyage, s’étant écartés un dimanche de la voie publique, se trouvèrent en présence d’une église sous le vocable de Saint-IIilaire, mais toute délabrée et habitée par un vieillard et sa femme. Comme les voyageurs, étonnés d’apprendre que ce sanctuaire était sous le patronage du saint évêque de l’oitici's, demandaient quelle pouvait en être l'origine, les deux vieillards répondirent que saint Hilaire, revenant d’exil, y avait passé la nuit dans une masure sans toit. Cette masure était un vieux sépulcre en ruines, car ce lieu était primitivement un cimetière. Or, le lendemain, par les prières de saint Hilaire, une fontaine jaillit du sépulcre et les peuples des environs élevèrent une église en l’iionneur du bienheureux, laissant le sarcophage au milieu comme un témoin du miracle. L’auteurajoute que lui et ses compagnons virent en effet un sépulcre au milieu de l’église. •

existe encore, mais le bras ({ui l’enveloppe a été renouvelé au xvii' siècle.

Saint Laurent se distingue par un gril et le pape saint Sixte par une palme. Ce dernier bras nous initie au procédé de confection : la lame d’argent est clouée sur une âme de bois, la base seule est en cuivre doré.

Le bras de saint Longin a sur lui sa date, 1679. Il tient la palme du martyre : la manche étroite est damassée. N’y aurait-il pas eu ici encore interversion, et le bras à la lance ne serait-il pas propre à saint Longin, puisqu’il perça avec cette arme le côté de Notre Soigneur sur la croix ?

XXXIll. — IIaNAP FLAMAND.

1. Le banap, qui a été transformé en reliquaire, est d’origine flamande ; sa forme et son style indiquent, à première vue, sa destination ancienne. Les analogues ne manquent pas et ils aident à confirmer celle attribution, qui a étonné les cbanoines de Bari. Toutefois, elle est aussi rationnelle qu’archéologi(]ue.

Les vases de cette sorte servaient aux festins d’apparat. On les employait pour présenter le vin d’honneur et leur capacité était grande, parce que chacun des convives devait tourà tour y plonger les lèvres

Le hanap de Bari date du xv® siècle et est en argent doré. Je ne doute pas (ju’il ail été offert àsaint Nicolas par un pèlerin flamand, qui, peut-être, en choisissant de préférence cet objet, a voulu faire

Userait curieux de faire des reclicrches dans l'archidiocôse de Bari pour constater ce qui j)cut subsister des quatre choses mentionnées par le document du xii' siècle : église, vocable, sépulcre et fontaine.

1. La cathédrale de Rieti possède trois reliquaires du même genre et de même date, en argent doré.

2. Le poète Waee sc sert du mot hanap, en racontant le trait que j’ai emprunté à Jacques de Voragine :

« Il tist faire un hanap bon

Une grande masse i mist del son

Quant li hanap d’argent lu fait »

« Item.unum napum de auro ad faciendum asagium du Saint-Siège,

1295, n» 61). Le comte de Moutfort, rapporte Froissait, dit : « Messire Jehan Chandos, beuvezen mon hanap. A donc lui tendit un llascon plein de vin ».

Le hennepier (étui du hanap) doit être « de iij cuire « {Liv. des Métiers, d'Et. Boileau).

allusion à un trait légendaire, exprimé en bas-relief sur l’autel d’argent de la crypte ^ Je cite ce fait d’après la fJgende d'or:

Vir quidam nobilis rogavit beatura Nicolaum ut sibi filium a Domino impetraret, promillens se (ilium ad ecclesiam ejus duclurum et scyphum aureum oblaturum. Filius igitur nascilur et ad ætatem perducitur et scyphus fieri jubetur. Qui dum sibi valde placeret, suis eum adaplavit usibus et alium æque valentem fieri præcepit. Navigantibus itaque ad ecclesiam sancti Nicolai, jubet pater filio ut in illo scypho quem primo fieri fecit aquam sibi afferref. Puer autem, quum vellet haurire cum scypho, iu mare cecidit et statim disparuit. Pater autem amare tiens, nihilominus votum suum perfecit. Veniens igitur ad altare sancti Nicolai, cum obtulisset secundum scyphum, tanquam projectus cecidit de altari; cum autem eum elevassetet super altare iterum posuisset, rursus de altari longius est projectus. Mirantibus omnibus ad tam grande spectaculum, ecce puer sanus et incolumis advenif, primum scyphum suis gestans manibus narravitque corara omnibus quod, quando in mare cecidit, statim bealus Nicolaus affuil et eum illæsum servavit. Sicque pater ejus lætus etïectus utrumque scyphum beato Nicolao obtulit

Cette scène de l’olfrande est encore très populaire à Bari, où l’enfant au vase d’or est un des signes caractéristiques de l’iconographie de saint Nicolas.

Au XIII® siècle, on broda ce trait en plusieurs médaillons sur une dalmati([ue donnée par Boniface YIII à la cathédrale d’Anagni. L’enfant tombe à la mer, son vase d’or à la main; saint Nicolas l’arrache à la mort en le prenant par le bras, puis il accueille leprésent de ce même vase fait à son autel On le voit aussi en deux médaillons sur un vitrail de la même époque, à la cathédrale d’Auxerre et à la cathédrale du Mans, sur un vitrail, également du xiii®siècle, qucM. Ilucher a reproduit en couleur dans sa belle mo‘ nographie.

Le pied du hanap de Bari est polylobé à son pourtour, avec des

d. Dès le XIII' siècle, les pèlerins faisaient des offrandes analogues au corps

de saint André à Anialfi : « Quod si...... vas aliquod seculare vel taie

oblalus fuerit, ipsooffcrente exprimente devotioneni suam, ut scilicet fiat inde

aliquid ad ornatuin, ornatu ecclesie, secundum devotioneni ofl'eientis liât

Si vero fuerit simpliciter oblatum nec offerentis devotio fuerit expressa, quod transfcratur ad ornatum ecclesie, distribuatur » {Exuv. suer. Conslun- ÜHop., 11, 87).

2. Legend. uur., p. 28. — Voir aussi tout de détail de cette légende dans Ilonorius d’Autun et le poète normand Waeo (Notw. mél. d’archéol., 1875).

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