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XXXIV. — Calices

Le calice, à l’origine, était une coupe sur un large pied, allu qu’il ne fût pas exposé à se renverser : le pied n’était qu’un accessoire obligé, la coupe seule avait une importance capitale, à cause de sa destination qui était de conserver le précieux sang de Notre Seigneur. Plus tard, même avec les modilications introduites parles siècles, le calice resta dans des proportions convenables : le pied s’était allongé jusqu’à la coupe pour la surhausser, et alors l’un et l’antre s’équilibraient. Pour la commodité du service, la tige fut coupée en deux par un nœud que le prêtre saisit de la main droite, à l’autel. Un calice doit nécessairement être bas, car, se mesurant sur l’individu et non sur l’autel ou même sur l'église, afin qu’on puisse le distinguer de loin, il n’exige pas que le prêtre lève le bras démesurément pour faire les signes de croix prescrits par la rubrique. L’exagération des formes ne commence qu’à la seconde moitié du xv® siècle, et alors il y a peu de coupe, mais trop de pied.

Le trésor de Bari possède plusieurs calices, appartenant aux xv® et XVI® siècles, <à l’époque intermédiaire qu’on peut appeler la Renaissance italienne. Comme ils se ressemblent à peu près tous, je n’en décrirai que cinq. Les uns et les autres ne sont pas élevés.

Le premier date du xv® siècle avancé ; il a encore conservé la forme gothique. 11 est en argent doré, le pied se découpe en six lobes où sont gravés les instruments de la passion et les armes du donateur ; les saillies du nœud sont égayées de roses et la fausse coupe (îst agrémentée d’une collerette de feuillages à jour.

Un autre a perdu les émaux qui décoraient son nœud.

Un troisième se fait remarquer par un nœud octogone, où est écrite en capitales romaines du xvi® siècle cette sentence significative : MOUS cuisTi viTA vivExcivM. La tuopt du CnuiST est devenue la vie des fidèles qu’il a rachetés par l’effusion do son sang. Ce sang.

qui coule encore dans le calice, continue à donner la vie aux bons, ainsi que l’a dit saint Thomas d’Aquin : Vila bonis, mors est malts.

On aura observé les deux formes orlliographifjues de Cristi et de vlvenchm : dans l’une, un mode nouveau est introduit; il n’a guère été usité qu’à la Renaissance ; dans l’autre, la substitution du c au t maintient la tradition du moyeu âge, qui n’écrivait pas autrement, chaque fois que le l suivi d’une voyelle prenait un son dur.

Le quatrième calice est en cuivre doré, de forme très originale. Le pied est à lobes et le nœud à pans.

Un cinquième calice, du commencement du xvi® siècle, se distingue par son pied feuillagé et son nœud à médaillons historiés.

XXAV. — OsTKNSom de la Renaissance.

Une monographie de l’ostensoir n’existe pas encore, quoique le sujet en vaille certainement la peine. Nous n’avons que des essais, tout au plus quelques éléments de ce beau travail, fait pour tenter un archéologue jeune et actif, dans le Magasin pxUoresque, la Revue de V Art chrétien, Mélanges d' archéologie et les Mélangesde décoration religieuse, .l’apporte un élément nouveau avec les ostensoirs de Rari.

Le second ostensoir, beaucoup plus simple et moins riche que celui de Charles d’Anjou, a seulement sur lui l’avantage de plus grandes dimensions. 11 est en argent et d'une bon ne exécution. Comme son aîné, il a subi une transformation radicale, lorsqu’on y a déposé la tête d’une des compagnes de sainte Ursule, mais sans, pour cela, (pie sa physionomie en soit substantiellement altérée. La forme en tabernacle et surtout l’iconographie trahissent de suite la destination première.

Le pied, à tranche épaisse, est polylobé à son pourtour et feuillagé sur scs panneaux ; la lige moulurée se développe en un nœud original, (pii sert de point d’appui au support feuillagé de la custode, laquelle comporte deux étages. Toute la partie supérieure, traitée en style architectural, offre l’aspect d’un gracieux tempietto, suivant l’expression italienne. Eu bas, de grandes fenêtres cintrées ouvrent au milieu des six panneaux, que séparent des pilastres un peu maigres, sur lesquels repose la frise, soubassement à son tour de l’é-

tage supérieur, qui répète, mais en plus petit, l’étage inférieur, à cette différence près que les baies sont clôturées par des bas-reliefs relatifs à la dernière Cène et à la Passion de Notre Seigneur.

L’institution de I fiucliaristie, qui occupe la première place, prélude à la mort sur le Calvaire. On a là comme l’écbo de cette belle

strophe de saint Thomas d’Aquin :

In mortem a discipulo Suis tradendus æmulis,

Prius in vilæ ferculo Se tradidit discipulis.

D’une seconde frise surgit la coupole terminale, qui se prolonge encore en un gracieux lanternino dont la toiture bombée sert de piédestal à une croix fuselée, comme on a tant aimé les faire en Italie à partir de cette époque.

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