XXXVI. — Cheveux ue la. Sainte Vierge
La monstrance qui contient cette précieuse relique présente une ornementation topique, car la partie supérieure est artistement travaillée en une double couronne de cheveux et d’étoiles. Les cheveux tressés nomment la relique et les douze étoiles qui rayonnent autour de ce premier cercle, motivées par un texte apocalyptique *, disent que les cheveux exposés à la vénération sont ceux de la Vierge Marie.
Ce reliquaire est des plus élégants, quoique exécuté seulement au xviie siècle. Trois lions accroupis supportent un pied triangulaire d’où s’élance, soutenue par trois consoles à jour, une haute tige fuselée et annelée, au sommet de laquelle s’épanouit une tête d’ange. Sur ses ailes étendues s’appuient les deux cercles qui lormentla custode, laquelle a pour amortissement une croix tréüée et pornmetée.
L’on ne m’a pas dit à Bari que la relique fût un don du bienfaiteur ordinaire de la basilique.
XXXVIL — Chefs et reliques ues SS. Innocents.
Le chef est une forme très ancienne et très significative : il
i. « Signum magiiutn apparuU iii cœlo ; Millier amicta sole... et in capite ejus corona slellarum duodeciiii » (Apocahjp., XXI, i).
indique que la relique qu’il renferme dans sa cavité n’est autre que la tête entière ou une partie notable de la tête d’un saint. Cet usage est donc, par lui-même, fort louable et digne d’être conservé et, au besoin, recommandé.
Bari ne possède que deux chefs d’argent, fabriqués au xvii® siècle. L’un renferme le crâne de saint Vite, enfant connu sous le nom de saint Guy G l’autre la tête d’un des saints Innocents Ce dernier chef est charmant par sa grâce et sa na’ivetc enfantines; on a plaisir à le regarder, comme j’en éprouve encore â le décrire.
2. J’ai déjà traité de la (luestion des SS. Innocents, t. X, pp. .^>10- 537. 11 sera nécessaire d’y revenir pour compléter les renseignements, classés ici, comme précédemment, par ordre alphabétique.
Allassac, en Limousin. — Ce serait S. Martial lui-même qui aurait apporté « les reliques des SS. Innocents », à Allassac, où il reçut 1’ « hospitalité » de la « famille de Roflignac » (/ta//, de la Suc. arch. de la Corrèze, XX, 3o6). Voir aussi, p. 6U.
Angoci,k.miî. — L’évêque Hugues, en 981, trouva, sous l'autel de S. Pierre, le corps de son prédécesseur Merci ius, enseveli en 576, avec le corps d’un des SS. Innocents : « Mererii, decessoris sui corpus, suh altare B. Pétri de subtus muro sepultum, cum prædicluin altare pro reædilicatione ecclesiæ dirueretur, invenit ac cum eo corpus unius ex Sanctis Innocenlibus » (Rohaull de Fleury, S. Pierre, p. 60).
Aviotii iMeuse) . — Voir Tours.
Aydat, l’ancien Avilacum, est un joli village (de l’Auvergne), qui possède une église ancienne, avec linteau de porte remarquable. On y voit, à six mètres de hauteur, une pierre destinée à supporter un reliquaire ou une châsse avec ces mots, en caractères du xi' siècle : Hic surit duo innocentes et sanctus Sidonius, ce qui ferait croire que Sidoine Apollinaire a réellement habité Aydat où il avait sa campagne d' Avilacum {Tardieu, Auvergne illustrée, 1886, p. 113).
Baugk (Maitic-el-LoIfc). — A l’hôpital, une parcelle minuscule
1. Saint Guy avait douze ans lorsqu’il fut martyrisé. « En la ville de Nazare, qui est au royaume do Sicile, naquit saint Guy, martir.... Notre Seigneur le délivra de ses mains (de son père qui était païen) et envoya un ange vers Modeste et Grescence qui l’avaient élevé et leur commanda do prendre Guy et de s’en aller avec lui sur la mer..., ce qui fut fait et l’ange lui-même servit de pilote en ce voyage et les mena au royaume de Naples, en la province do Lucanie, où, les ayant laissés au bord d’une rivière, il disparut » [les Nouvelles fleurs des vies des Saints, Lyon, 1720, in-fol., pp. 582-583).
2. M. de Saulcy a contesté le grand nombre d’enfants tués au massacre des Innocents; il l’estimait à une trentaine au plus. L'Univers lui a ré]iondu en réfutant ses assertions.
dans un reliquaire en cristal, avec cette étiquette du xvii» siècle : Inocens.
Beaulieu (Corrèze). Les inventaires font mention dune
cliàsseoù reposaient les ossements de trois saints Innocents » (//«//. de la Soc. arch. de la Corrèze, 1884, p. 9y).
Beaune (Gôte-d’ür). — 11 y avait « des os des saints Innocents », à riiôpital (Boudrot, Hisl. de l’Hôlel-üieu de Beaune, p. 81).
Besançon. — Le .Misxale Byzunlinum du xv“ siècle a, dans une prose, qui se chantait pour l’Invention des SS. Epipliane et Isidore, la mention des SS. Innocents, dont les reli(iucs se vénéraient dans celte ville (Brèves, X, 169) :
Innocenlum reliquiæ Sunt augmcnlnm lælitiæ.
Ht sanguine baplizali Sine fine sunt beati.
13, OIS. (( Capud sancli Justi martyris, bencornatum auro et lapidibus pretiosis et in eodem sunt reliquiaî unius Innocentis » {Inv. de Vévéq. Henri de Blois, 1171, n° 11).
Bourcette (Prusse). — Sur un pied de croix duxiii® siecle, dans l’église paroissiale, est posée une jambe, en orfèvrerie émaillée et gemmée du xiv°, qui contient 1 os do la jambe d un saint Innocent.
Brageac (Cantal). — « Dans un tafetas rouge, une particule d’ossement, avec un escripteau : S. Innocenlium » [Vis.de l’ég. de Brageac par L. d’Hstaing, évèq. de Clermont, le 26 oct. i62.2].
M. Chabau ajoute en note ; « Celte relique avait dû aussi être apportée du monastère de Mauriac, où il y avait autrefois trois corps des SS. Innocents » {Bull, de la Soc. arch. de la Corrèze, XIX, 47).
Brantôme (Dordogne). — M. Beaugrand, dans Sainte Lucie, p. lOo, a cité ce texte d’un manuscrit delà Bibliothèque Nationale ; « Lettre testimoniale corn Charles le Grand, Roy de Franco et Empereur, a fondé l’abbaye de Brantôme (en ^Périgord) pour y mettre le corps de M. saint Sicairo, Innocent et Martyre »L II en est question plus longuement dans Jacques Boyer, Journal de Voyage, p. 305, au 1®'' mai 1713 :
I. « Cette abbaye fut fondée par Cliarlemagne... H y laissa une relique des SS. Innocents, que le pape avait donnée à son pire, mentionnée en 817 sous I.ouis le Débonnaire » (Rohault de Fleury, S. -Pierre, p. H2).
J’ai trouvé à Brantôme plusieurs de nos confrères et bons amis, qui y sont venus pour la fête de St Sicaire... Nous avons célébré solennellement les premières vêpres. — 2 mai. Le concours du monde qui vint à la fête de S. Sicaire était surprenant, quoique le temps fût mauvais. Nous fîmes la procession en chape par la ville et deux diacres portaient le chef du Saint martyr innocent. Il y avait des gentilshommes et des dames de la première qualité, qui suivaient la procession pieds nus, avec un suaire sur la tête, en actions de grâces de ce que par les mérites du saint, ils avaient été tirés des portes de la mort. Je fus édifié de la dévotion du peuple. La foire fut très bonne.
CnA.MBÉRY. — « Item est aliud reliquiarium cristallinum, cum argento desuper et subtiis dcaiirato, in quo est unus sanctoruni Innocentium » [Inv. de la Ste Chapelle de Chambcry,\.’i:'dl , n®709).
— « Una cassia vitrea et nemorea in qua sunt aliqui ex. Innoccntibus » (/hid., 1498, n°732;.
Conques (Aveyron). — « Rcedilicata illa (ecclesia) in honore Domino et Sancti Sepulchri et Sancti Pétri et sancti Thome apostoli et Sancti Sicharii innocentis » {Cartul. de Conques, à l’an lOüO, p. 19).
— Sur un reliquaire du XIII® siècle ;« Hic sunt reli(|uie.. innocencivm » [Annal, at'ch., t. XX, p. 220).
Los Procès-verbaux authenliques concernant la reconnaissance des reliques de Ste Foy... et de plusieurs autres saints honorés dans l'antique église de Conques, au diocèse de Ilodez, Rodez, 1880, contiennent ces deux renseignements ; Celui qui sauva les reliques déclara, l’an XllI : « que le cylindre en cristal, qui était aussi dans ledit reliijuaire général, me lut remis avec ce qu’il contient; qu’il était monté en argent; que le montant en fut ôté en ma présence et que ces reliques étaient appelées Reliques des Innocents (p. 98). En 1879, lors de la reconnaissance des reliques trouvées dans la statue de la Vierge-mère du xiii® siècle », on rencontra « un petit sachet en soie rouge, contenant de petits fragments d’ossements », avec une étiquette à ces mots : Innocentium » (p. 131)'.
Coul.\nges-les-i\evers (Nièvre). — Dans un charmant reliquaire églomisé, orné de sujets et de rinceaux, de la fin du xvi® siècle, on lit cette étiquette : S. INNOCÈTüM.
Donchery (Marne). — « Il existait dans le diocèse de Reims à