XXXVIII. — Ref.iquaire de S. Donat
1. Le reliquaire de saint^Donat, fabriqué au xvii® siècle, est cer^
1. Dans le Bréviaire d’Anne de Prye, abbesse de la Trinité de Poitiers, manuscrit de la fin du xv' siècle, conservé au Séminaire do cette ville, l’antienne du Magnificat est ainsi formulée à la fête des SS. Innocents: « Iherusalem, magna civitas, ubi resplendet sancla Trinitas, ubi inventum est corpus Domini, ubi centum quadraginta quatuor milia Innocentes interfeeti sunt pro Domino, quorum sanguis clamat cotidie : Salvator niundi, tu, nos vindica; te laudamus, le benedicimus, Deus noster » . Ce chiffre de 144,000 est emprunté à l’Apocalypse, mais qui ne parle pas uniquement des Innocents.
,-,men,ent undes plus gracieu:. de tous ceux que renferme le lrdsor. o'Te devail, pour honorer d'un culte plus solennel le sa, ni eveque d Aiezso, qui mourut ,narlyr et doutilest taitmcmcre au brev.aire romain Mais, à Saint-Nicolas, l illuslte pontile, au lieu d unes.mpie cominémoraison, jouit d’un office propre.
Le pied, soutenu aux angles par des consoles, présente, a la face principale, sur un cartouclie découpé, l’écusson lletirdelise du cliapitre. De ce soubassement s’élance, la jambe gauche en avant, un ange vêtu d’une tunique ceinte à la taille. Les ailes s’entr’ouvrent comme s’il allait prendre son essor et, dans le mouvement de sa marche, la tunique se relève et laisse une des cuisses à découvert, ainsi que l’ont souvent prati.iué les meilleurs artistes de ritahe, qm tenaient en cette circonstance à faire voir qu’ils avaient étudié a fond le corps humain sur les modèles d’atelier.
De ses deux mains levées, l’ange soutient sur sa tête le pied d’un vase où sont les reliques L’urne, en forme de boule, est enferraee dans des feuillages, coilîéc d’un couvercle également feuillagé et terminé, à la cime, par une croix à branches fuselées.
La croix, suivant la belle expression de saint Paulin Ubi crux et martyr ibi, indique le martyre, le sang versé pour la foi, à l’exemple du divin Maître qui s’est offert volontairement sur cet instrument de son supplice pour nous racheter et montrer la voie de la sanctification par le renoncement et le sacrifice de soi-même.
Une autre monstrance de même date présente à son pied 1 effigie de saint Nicolas. Sa lige se bifurque pour supporter une thèque a jour que quatre têtes d’anges entourent de leurs ailes. Une croix tréllée forme le couronnement de cette pièce plus originale que de bon goût.
2. Le Martyrologe Romain admet jusqu’à dix-huit saints du nom de Donat. Je ne parlerai que de ceux vénérés a Rome.
SS. martyrs Donat, Sabin et Agapc, 25 janvier. « A la basilique des SS. Apôtres se conserve et vénère le corps de S. Sabin » (I iazza,
1. A Acerno en Calabre, S. Donat a le titre de patron iCabier. p. 636).
2 Le moyen ège aimait faire tenir les reliques par des anges. a“n de témoigner de la gloire céleste dont jouissent les saints : « Capilli beatæ Mariæ Virginis cum angelo argenteo deaurato in ampulla cristalina » (/«u. c ^ calh. d'Angers, 1235). Voir, dans les Annales archéol., t. VI, p. 328; t. AV, p. 285; t. XIX, p. 41.
p. 70). Le lieu de leur martyre n’étant pas indupié, on peut supposer que c’est Rome.
SS. Martyrs Donat, Aquilin, Géminus, Gélase et Magne, que le Martyrologe fait mourir à Fossombrone, 4 février. « A Ste Catherine de Sienne a Monte Majmmapoli, on conserve une grande partie du corps de S. Donat et l’on en fait l’office » (Piazza, p. 112).
SS. Martyrs Donat, Second ien et Romulus, avec 86 compagnons, à Concordia, 17 février.
SS. Martyrs DonaC Léon, Abondantius et Nicépliore et leurs neuf compagnons, à Rome. 1®“' Mars L
Le plus célèbre est l’évê(|ue d’Arezzo, inscrit au 7 août, avec cet éloge : « Aresii in Tuscia,natalis S. Donati,episcopi et martyris, qui inter cetera virtutis opéra, ut scribit R. Gregorius papa, fractum a paganis caliccm sanctum orando instauravit. Is in persecutioue Juliani Apostatæ a Quadratiano Augustali comprehensus, cum idolis sacrificare renuisset, gladio percussus, martyrium consummavit ». Au Bréviaire, il en est fait simplement mémoire et la 9® leçon de l’office de S. Gaétan lui est consacrée. Piazza en parle en ces termes (p. 516):
S. Donat, évêque d’Arezzo et martyr, noble romain, envoyé à cette ville comme pasteur par S. Jules... fut décapité, l’an 360, dans la persécution de Julien l’Aposlat, dont il avait été le condisciple dans sa jeunesse. Il y a de ses reliques à Ste-Agalhe et Sle-Cécile au Transtévère.
J’ai signalé ses reliques au palais Altemps {OFuores, YII, 234) et à Ste-Cécile (259) et le corps tout entier à Frascati (290).
Le culte est encore attesté, à Rome, par cette brochure du comm. J. B. de Rossi : Atto di donazione di fondi urbanï alla chiesa di S. Donalo in Arezzo. .. rogalo in Rorna l'anno i 05 f , Rome, 1889.
A la cathédrale d’Arezzo, il est représenté en évêque, un dragon vert à ses pieds, pour indiquer qu’il a triomphé du paganisme dans cette ville. Au retable du maître-autel, œuvre estimée du xiv® siècle, il fait son entrée dans la ville, monté sur un âne et chassant devant lui un dragon. Dans un Bréviaire manuscrit du xv® siècle^ à la bibliothèque de Clermont-Ferrand, vêtu du costume épiscopal, en-
1. Il y a des reliques de S. Donat m. au palais Altemps [Œuvres, VII, 235), à S. -Laurent in pane perna (267) et à Ste- -Marie m Monterone (270); mais duquel s’agit-il?
fourchant un âne, il est attaqué par un dragon rouge qui s’élance sur lui pour le dévorer. Yoici donc trois attributs : V due ,\q costume
é])iscopal et le dragon h . . ,
S. Douât est invoqué contre la loudre, 1 incendie et Image {Œuvres, X, 14Î), 140, 147). Le P. Cahier {Caraclér. des SS., 427) dit à ce propos :
S Donat, quel qu’il soit, est honoré en beaucoup de lieux comme protecteur contre la foudre. Tantôt on le représente en costume épiscopal, tantôt (et cest le plus souvent) avec une armure; mais communément on met près de lui, ou dans sa main, un glaive et une palme. Puis, pour indiquer son intervention contre les dangers du tonnerre, on trace la foudre sillonnant le ciel autour de lui ; ailleurs, un petit ange qui 1 accompagne renverse un vase d’eau comme pour éteindre les incendies que le feu du ciel aurait allumés. Reste à savoir si c’est S. Donat, évêque de Fiésole ou bien, comme les gens de Bruges le prétendent (Reinsberg, Calendrier belge, t. H, p. 212), S. Donatien (Donat, en Flandre), évêque de Reims. 11 a été publié une petite brochure (à Ypres, 1766, ii'-12), pour établir que « le patron contre le tonnerre, la foudre, grêle et tempêtes », est un martyr {proprii nominis], dont le corps fut tiré des catacombes de Ste Agnès en 1649 et envoyé plus tard à Munster-Eiffel, dans le pays de Juliers. On y raconte que l’arrivée de ce corps >aint dans les provinces de Cologne et de Juliers fut accompagnée d’orages terribles qui suggérèrent la pensée de l’invoquer contre ces périls. Le fait est que la plupart des estampes semblent donner raison à l’auteur de cet opuscule ; mais, comme je l’ai dit, tout le monde n’est pas d’accord sur le choix de ce patron et sur ses attributs. Ce ne serait pas, du reste, la première fois qu un saint bénéficierait des qualités attribuées plus exactement à son homonyme. Toutefois plusieurs en font un évêque. Selon d’autres, ce serait un soldat chrétien de la légion fulminante {fulminala ou fulminatrix)
Je possède une petite gravure du xvii® siècle, où S. Donat est représenté en guerrier romain, couronné de laurier, priant Dieu, au milieu d’un orage qui inonde une villede pluie et la frappe des carreaux de la foudre; un glaive esta ses pieds. Ün lit à côté:
1. Le P. Cahier ne lui reconnaît que le calice. — « Représenté tenant une hache. Légende générale de,s Saints de ftibadeueira et Rosweid, Anvers, 1549 » (Guénebault, t)icl. iconogr., col. 168).
2. Le P. Cahier, p. 612, le dit patron des « boulangers, serait-ce à cause du péril d'incendie? » — Page 645, il écrit; o Cividale del Friuli, les SS. Donat, Romule, Sylvain et Vemisle martyrs. Ce Saint Donat. diacre dans la Haute Mésie, semble être uu de ceux auxquels on attribue la protection contre le tonnerre »,
S. Donat Martyr Priez pour nous, afin que nous Soijous garantis de la foudre, et des orages.
Ce Pillet a touché les Reliques de St Üonat, dans l’Eglise des PP. Capucins à Ar Ion .