XLIV. — Les Archives
Les archives de Saint-Nicolas sont actuellement en désarroi. L’historien de la collégiale les avait classées avec soin; mais, depuis Putignani, un déménagement complot dans un autre local a désorganisé toutes les pièees.J’ai promis de m’occuper de ce classement, lorsque je retournerai à Bari 2, Aidé, comme je l’ai été dans mes recherches, par deux prêtres dévoués qui sont attachés à la basilique, j’irai d’autant plus vite dans cette besogne qu’il existe une copie ancienne, disposée selon l’ordre chronologique^ des documents les plus importants.
Deux choses sont à considérer dans ce classement : l’histoire et l’archéologie.
L’histoire réclame un dépouillement régulier, afin de savoir ce
1. Ce chapitre a été reproduit eu français, à Pise, dans le Giornale araldico,
18S4, pp. 232-233. • . , . ,
2. Quand pourrai-je tenir ma promesse? 11 s’est écoute bien des annee depuis que je l’ai faite (1875) et je n’ai pas encore pu trouver le loisir de la ri'‘aliser. En attendant, puisque M. le chevalier de Crollalanza habile niaintenant Bari, je lui conseille, à lui dont l'activité est bien connue, d explorer plus à fond les riches archives de S. -Nicolas ; il y trouvera une ample moisson au double point de vue delà sigillographie et de l’art héraldique.
qui est coulenu dans ces parchemins poudreux. Chaque époque a sa méthode de travail et certainement plus d’un renseignement^ précieux pour nous, a dû échapper aux patientes investigations de Putignani. Après le dépouillement vient le classement chronologique, puis l’inventaire qui se rédige en partie double, selon l’ordre des temps et des matières, sans compter les étiquettes spéciales qui assignent à chaque pièce son numéro et en donnent le sommaire.
L’archéologie a aussi ses droits dans ce vaste domaine, plus fait pour la science que pour le plaisir des yeux. Aussi, les armoirës sont-elles fermées et ne s’ouvrent-elles que rarement, quand le besoin l’exige. Même ouvertes, elles ne montrent que des rouleaux, soigneusement enveloppés, ondes paquets ficelés. Pour voir simplement ce iju’il y a de curieux, des recherches particulières sont nécessaires : on y passe beaucoup de temps et, à la fin, remettre les choses en ordre n’est pas une mince besogne.
Pour satisfaire les curieux et surtout les amateurs, toujours avares de leur temps, car en voyage il semble qu’il soit habituellement compté, j’ai demandé au chapitre l’autorisation de faire un triage et j’ai provoqué l’exposition permanente des pièces capitales dans la salle du trésor, à la suite des manuscrits, dont ils forment en quelque sorte le complément.
Dans un premier examen rapide, j’ai noté huit pièces hors ligne qui seront certainement considérées avec intérêt dans les vitrines où le chapitre se fera un plaisir de les étaler, pour répondre au désir si légitime que je lui ai exprimé au nom des touristes et des savants. Trois choses appellent l’attention sur ces vieux parchemins : le fait qu’ils perpétuent, l’écriture qui varie selon les siècles et dont on aime à reconnaître et admirer les plus beaux types, enfin les sceaux apposés aux documents pour les munir de l’authenticité requise.
Une bulle de Nicolas 11, pape français, puisqu’il naquit en Bourgogne, mérite d’être signalée, à cause de son iconographie particulière et de sa double devise, l’une et l’autre abandonnées depuis ; saint Pierre reçoit une clef de la main de Dieu qui apparaît au ciel, sujet ainsi expliqué en exergue : tibi pi:tre dabo clavks
REGNI CELORVM.
Au revers est inscrit le nom du pape, mais sans chiffre indiquant
son rang parmi les pontifes du même nom : nicoi.a.vs papa. La devise indique la résidence du pontife, qui est tiome la dorée : AVREA ROMA. Cette bulle remonte à l’an 1059.
Un diplôme de l’an 1 122 est scellé d’une bulle de plomb à l’effigie de saint Michel et au nom de Michel, qui remplissait à Bari la fonction de juge pour les empereurs de Constantinople : micuael baren-
SlVm CRITIS.
Le diplôme délivré par Grimoald Alferanites, prince de Bari, Grimoaldus Alferanites Barensis princeps, est écrit en lettres d’or sur une feuille de vélin peinte en bleu (1123).
Du même, mais à la date de 1124, nous avons, pendue à un lacet de soie bleue, une bulle de plomb, frappée à l’effigie de saint Nicolas, vêtu à l’orientale et au nom du prince :
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