I. Frisch , pi. xvi
* Alauda trivialis et minor (Linn. ). — Anthus arboreus (Bechst.). — Le pipi (Cuv.). — Sous-genre Farlouses (Cuv.).
leuvres : sa ponte est de cinq œufs marqués de brun vers le gros bout. Il a la tète plutôt longue que ronde; le bec très-délicat et noirâtre; les bords de la pièce supérieure échancrés près de la pointe; les narines à demi recouvertes par une membrane convexe de même couleur que le bec, et cachée en partie sous de petites plumes qui reviennent en avant; seize pennes à chaque aile; le dessus du corps d'un brun verdâtre varié, ou plutôt onde de noirâtre; le dessous d'un blanc jaunâtre, moucheté irrégulièrement sur la poitrine et sur le cou ; le fond des plumes cendré foncé ; enfin deux raies blanchâtres sur les ailes, dont M. Linnœus a fait un des caractères de l'espèce.
' Les alouettes pipi paraissent en Angleterre vers le milieu de septembre, et on en prend alors une grande quantité dans les environs de Londres a elles fréquentent les bruyères et les plaines, et voltigent plutôt qu'elles ne volent, car elles ne s'élèvent jamais beaucoup. Il en reste ordinairement quelques-unes pendant l'hiver sur les marais des environs de Sarrebourg.
On peut juger par la forme et la délicatesse du bec de l'alouette pipi qu'elle se nourrit principalement d'insectes et de petites graines, et par sa petitesse qu'elle ne vit pas fort longtemps. Elle se trouve en Allemagne, en Angleterre et même en Suède, à ce que dit M. Linnseus dans son Système de la Nature, quoiqu'il n'en fasse aucune mention dans la Fauna Suecica, du moins dans la première édition. Cet oiseau est assez haut monté.
Longueur totale environ cinq pouces et demi, bec six à sept lignes, doigt postérieur quatre lignes, son ongle cinq, vol huit pouces un tiers, queue deux pouces, dépasse les ailes d'un pouce * ; tube intestinal six pouces et demi, œsophage deux pouces et demi, dilaté avant son insertion dans le gésier, qui est musculeux ; deux très-petits cœcums : je n'ai point trouvé de vésicule du fiel; le gésier occupait la partie gauche du bas-ventre; il était recouvert par le foie, et nullement par les intestins.
LA LOCUSTELLE.'
Celte alouette est encore plus petite que la précédente, et elle est la plus petite de toutes celles de notre Europe. Les auteurs de la Zoologie britan-
a. Albin, à l'endroit cité.
b. Composée de dix pennes, suivant un bon observateur ; mais je soupçonne qu'il y en avait eu deux d'arrachées.
c. The willow lark , l'alouette des saules. Brilish Zoology, p. 95. — Locustella avkula D Johnson. YYillughby, Ornithol., p. 151. — Les descriptions de ces deux auteurs conviennent mieux à cette espèce qu'à la précédente : d'ailleurs ils ont écrit en Angleterre, et jusqu'ici la locustclle n'a point été observée ailleurs.
* Sylvia locustella (Lath. ). — Ordre id., famille id., genre Becs-Fins, sous-genre Fauvettes (Cuv.).
LA LOCUSTELLE. 473
nique, à qui seuls nous devons la connaissance de celte espèce, lui ont donné le nom d'alouette des saules , parce qu'on la voit tous les ans revenir visiter certaines saussaies du territoire de Whiteford, en Flin-Shire, où elle passe tout l'été. La locustelle ne diffère de l'alouette pipi ni par son éperon, ni par ses allures, ni par son chant, qui ressemble par conséquent à celui d'une cigale; et c'est par cette raison que je lui ai conservé le nom de locustelle que lui a donné Willughby. Quant au plumage, elle a la tête et le dessus du corps d'un brun jaunâtre, avec des taches obscures; les pennes des ailes brunes, bordées de jaune sale , celles de la queue d'un brun foncé ; des espèces de sourcils blanchâtres ; et le dessous du corps d'un blanc teinté de jaune.
LA SPIPOLETTE. a*
J'adopte ce nom, que l'on donne à Florence à l'oiseau dont il s'agit ici. Il est un peu plus gros que la farlouse, et se lient dans les friches et les bruyères; il a le doigt postérieur fort long, comme l'alouette, mais son corps est plus effilé, et il diffère encore de cette dernière par le mouvement de sa queue, semblable à celui de la lavandière et de la farlouse. Ces oiseaux se plaisent dans les bruyères, les friches et surtout dans les éteules d'avoine, peu après la moisson : ils s'y rassemblent en troupes assez nombreuses.
Au printemps, le mâle se perche pour rappeler ou découvrir sa femelle; quelquefois même il s'élève en l'air en chantant de toutes ses forces, puis revient bien vite se poser à terre, où est toujours le rendez-vous.
Lorsqu'on approche du nid, la mère se trahit bientôt par ses cris, en
a. Glareana ; en allemand, gickerlin, guckerlin , grien voegelin. Gessner, Av. append. , p. 795. — AUrovande, Omithol., t. II , p. 736. — Ray, Synops., p. 81 , sp. 8. — Willughby, Ornithol., p. 154. — Alauda minor campestris D. Jessop. Ray, Synops., p. 70. — Willughby, p. 150, § 4. — Splpolelta Florentinis; à Venise, tordino. Ray, p. 70, sp. 9. — Willughby, p. 152. — Alauda novalium, alouette des friches; en allemand, brach-lerche , gereut lerchet kraut-lerche. Frisch, t. I, class. 2, div. 2, pi. i, n° 15. — Stuparola (a stipulis), acredula, glariana Gessneri, Ùkokn^m ; en silésien, stoepling , stoppelvogel, spieslocrche , greinerlin. Sclrwenckfeld , Av. Siles., p. 349. — Rzaczynski, Auciuar. Pol., p. 421; en polonais zdzbto. — a Alauda gulà pectoreque flavescente. » Linnaeus, Fauna Suecica, n° 193. — « Alauda « rectricibus fuscis , inferiori medietate , exceptis intermediis duabus, albis; gulà pectoreque « flavescente, » pikerlin (lisez gickerlin). Linnaeus, Syst. nat., édit. XIII, p. 2SS. — Muller, Zoolog. Dan , p. 29, n° 232; en danois, mark-lœrke. — « Alauda supernè griseo-fusca ad « olivaceum inclinans , infernè sordide albo-flavicans ; collo inferiore et pectore maculis longi- « tudinalibus fuscis insignitis ; taenia supra oculos sordide albo-flavicante ; rectrice extimâ « exteriùs et ultimà medietate albà.proximè sequenti apice albo maculatà... » Alauda campestris, l'alouette de champs. Brisson, t. III, p. 349.
* Anlhus aquaticus (Bechst. ). — Le pipit spioncelle (Temm.). — Sous-genre Farlouscs (Cuv.).
474' LA SPIPOLETTE.
quoi son instinct paraît différer de celui des autres alouettes, qui, lorsqu'elles craignent quelque danger, se taisent et demeurent immobiles.
M. Willughby a vu un nid de spipolette sur un genêt épineux, fort près de terre, composé de mousse en dehors, et en dedans de paille et de crin de cheval a.
On est assez curieux d'élever les jeunes mâles, à cause de leur ramage, mais cela demande des précautions : il faut, au commencement, couvrir leur cage d'une étoffe verte, ne leur laisser que peu de jour, et leur prodiguer les œufs de fourmis. Lorsqu'ils sont accoutumés à manger et à boire dans leur prison, on peut diminuer par degrés la quantité des œufs de fourmis, y substituant insensiblement le chènevis écrasé, mêlé avec de la fleur de farine et des jaunes d'œufs.
On prend les spipolettes au fdet traîné, comme nos alouettes, et encore avec des gluaux que l'on place sur les arbres où elles ont fixé leur domicile; elles vont de compagnie avec les pinsons : il paraît même qu'elles partent et qu'elles reviennent avec eux.
Les mâles diffèrent peu des femelles à l'extérieur; mais une manière sûre de les reconnaître, c'est de leur présenter un autre mâle enfermé dans une cage; ils se jetteront bientôt dessus comme sur un ennemi, ou plutôt comme sur un rival *.
"Willughby dit que la spipolette diffère des autres alouettes par la couleur noire de son bec et de ses pieds"; il ajoute que le bec est grêle, droit et pointu, les coins de la bouche bordés de jaune; qu'elle n'a pas, comme le cujelier, les premières pennes de l'aile plus courtes que les suivantes, et que le mâle a les ailes un peu plus noires que la femelle.
Cet oiseau se trouve en Italie, en Allemagne, en Angleterre, en Suède, etc. d.
M. Brisson regarde l'alouette des champs de Jessop comme étant de la même espèce que la sienne, quoiqu'elles diffèrent entre elles par l'ongle postérieur, qui est fort long dans la dernière, et beaucoup plus court dans l'alouette de Jessope; mais on sait que la longueur de cet ongle est sujette avarier suivant l'âge, le sexe, etc. Il y a une différence plus marquée entre l'alouette de champ de M. Brisson et celle de M. Linnaeus, quoique ces deux naturalistes les regardent comme appartenant à la même espèce; l'individu décrit par M. Linnaeus avait toutes les pennes de la queue, à l'exception des deux intermédiaires, blanches depuis la base jusqu'au milieu de leur longueur; au lieu que celui de M. Brisson n'avait de blanc qu'aux
a. Willughby, Ornithologia , p. 15.