LE CAROUGE
de vol ; il a le plumage différent et il construit son nid sur un tout autre modèle; ce sont des espèces de sacs suspendus à l'extrémité des petites branches par un fil que ces oiseaux savent filer eux-mêmes avec une matière qu'ih tirent d'une plante parasite nommée barbe de vieillard ' ; fil que bien des gens ont pris mal à propos pour du crin de cheval. L'oiseau de M. Sloane avait la base du bec blanchâtre et entourée d'un filet noir; le sommet de la tête, le cou, le dos et la queue d'un brun clair ou plutôt d'un gris rougeâtre; les ailes d'un brun plus foncé, varié de quelques plumes blanches; la partie inférieure du cou marquée dans son milieu d'une ligne noire; les côtés du cou, la poitrine et le ventre de couleur feuille morte.
M. Sloane fait mention d'une variété d'âge ou de sexe qui ne différait de l'oiseau précédent que parce que le dos était plus jaune, la poitrine et le ventre d'un jaune plus vif, et qu'il y avait plus de noir sous le bec.
Ces oiseaux habitent les bois et chantent assez agréablement. Il se nourrissent d'insectes et de vermisseaux, car on en a trouvé des débris dans leur estomac ou gésier, qui n'est point fort musculeux. Leur foie est partagé en un grand nombre de lobes et de couleur noirâtre.
J'ai vu une variété des carouges de Saint-Domingue, autrement des culsjaunes de Cayenne, dont je vais parler, laquelle approchait fort de la femelle du carouge de la Martinique, excepté qu'elle avait la tête et le cou plus noirs. Cela me confirmé dans l'idée que la plupart de ces espèces sont fort voisines, et que, malgré notre attention continuelle à en réduire le nombre, nous pourrions encore mériter le reproche de les avoir trop multipliées, surtout à l'égard des oiseaux étrangers, qui sont si peu observés et si peu connus.