DEDICACE
I. — Bob Southey ! vous êtes un poëte — un poëte lauréat, et le représentant de toute la race, quoique vous ayez fini par devenir tory ; — votre cas a été un cas très-commun dans ces derniers temps, — et maintenant, mon apostat épique, que faites-vous de bon avec tous les Lakistes en place ou sans place, véritable nid d'harmonieuses personnes qui me paraissent ressembler à t vingt-quatre merles dans un pâté. »
* Lord Byron ne consentit qu'à regret, en 1819, à la suppression de cette dédicace ironique dont l'existence fut révélée peu de temps après sa mort, dans un article de la Revue, de Westminster, généralement attribué à sir John Hobhouse.
II. — « Lequel pâté étant ouvert, ils commencèrent à chanter. » Cette vieille chanson et cette comparaison nouvelle me paraissent fort bien aller ; « c'était un plat friand à placer devant un roi » ou un régent qui admire celte espèce de mets. — Goleridge, aussi, a pris dernièrement son vol, mais comme un faucon embarrassé par son chaperon, — tandis qu'il explique la métaphysique au peuple anglais — je voudrais bien qu'il expliquât son explication *.
III. — Vous, Bob, vous vous montrez passablement impertinent, vous le savez bien ; depuis vous vous êtes vu désappointé dans votre désir de déposséder tous les gazouilleurs d'ici-bas, et d'être le seul et unique merle du pâté. Cessez, Bob, de trop forcer votre nature : à quoi bon tant de violents efforts pour retomber comme le pois>on volant, la gueule béante, sur le tillac? Vous volez trop haut, Bob, et vous restez trop longtemps hors de l'eau, Bob!
IV. — Wordsworth, dans une Excursion, qui n'est pas courte (l'in-quarto contient, je crois, cinq cents page.:), a donné un échantillon de son nouveau système destiné à embarrasser les sages ; c'est de la poésie, — il l'affirme du moins : et elle pourra passer pour telle dans le temps de la canicule. — Mais celui qui la comprend est capable d'ajouter un étage à la tour de Babel.
V. — Pour vous, messieurs, à force d'être exclus d'une meilleure compagnie, vous vous êtes résignés à la vôtre à Keswick; et, par la fusion continuelle de vos intelligences, vous en êtes venus à cette conclusion qui vous paraît très-logique : que la poésie n'a des couronnes que pour vous seuls ; c'est là une idée étroite, et qui me fait souhaiter que vous changiez vos lacs pour l'Océan2.