LXXXI. oc — Et la pauvre Juanna aussi ! La pre
* Un des avocats qui défendirent la reine Caroline devant la chambre des lords, prétendit ne voir dans les circonstances les plus inexplicables du commerce de l'auguste accusée avec Bergami que de singuliers exemples de bizarres coïncidences.
2 Talcs of a Code and Bull : contes d'enfants ; l'expression est devenue proverbiale en anglais. a. p.
mière nuit qu'elle passe dans cette enceinte, être troublée, — et par un cri semblable ! — J'avais bien jugé à propos de ne pas laisser coucher seule la jeune étrangère ; vous êtes ici la plus tranquille de vos compagnes, Dudù; à ce titre elle aurait pu goûter le calme d'une bonne nuit avec vous, et il faut maintenant que je la confie aux soins de Lolah, — quoique sa couche ne soit pas aussi large que la vôtre. »
LXXXII. — Les yeux de Lolah brillèrent à cette proposition; mais la pauvre Dudù, avec de grosses larmes que lui faisait verser la remontrance ou le songe, implora le pardon de sa première faute ; puis elle ajouta d'un ton tendre et touchant qu'elle suppliait qu'on ne lui ôtât pas Juanna, et que très-certainement les rêves à venir seraient tous réprimés.
LXXXIII. — Elle promit de ne plus avoir jamais un seul rêve, du moins de ne plus rêver aussi haut que tout à l'heure ; elle s'étonnait elle-même d'avoir pu crier ; — c'était absurde, c'était nerveux, c'était une folle hallucination, vouait-elle, et un sujet de rire. — Mais elle se sentait abattue, et demandait qu'on voulût bien l'excuse^ — Dans quelques heures elle aurait pris le dessus 'de cette faiblesse, et serait tout à fait rétablie.
LXXXIV. — Et ici Juanna s'interposa avec douceur, disant qu'elle se sentait extrêmement bien où elle était, comme l'attestait son profond sommeil, pendant que toutes ces dames faisaient du bruit autour d'elle comme des cloches de tocsin ; elle n'avait aucune envie de quitter sa bonne camarade de lit, et de se séparer de celle qui n'avait eu d'autre tort que de rêver une fois — mal à propos.
LXXXV. — Pendant que Juanna parlait, Dudù se tourna pour cacher son visage dans le sein de Juanna ;
on ne vit plus que son cou, mais il avait la couleur des premières feuilles d'un bouton de rose qui va s'ouvrir. Je ne saurais vous dire pourquoi elle rougit, je ne saurais vous expliquer le mystère de ce sommeil interrompu ; tout ce que je sais, c'est que tous les faits que je raconte sont aussi vrais que la vérité l'a été ellemême depuis quelque temps.
LXXXVI. — Ainsi donc bonne nuit à toutes ces belles, — ou plutôt, si vous voulez, bonjour ! — car le coq avait chanté, l'aurore commençait à revêtir de lumière tous les monts de l'Asie, et le croissant de la mosquée étincelait aux yeux de la longue caravane, tandis que, bravant la froide rosée du matin, elle serpentait lentement autour des hauteurs qui vont rejoindre celte chaîne dont l'Asie s'entoure, comme d'une ceinture de pierre, à l'endroit où Kaff domine de sa haute cime le pays des Kurdes *.
LXXXVII. — Avec le premier rayon encore douteux de la nouvelle aurore, Gulbeyaz quitta sa couche où elle n'avait trouvé que l'insomnie, et, pâle comme la passion qui se lève, le cœur déchiré, elle se couvrit d'un manteau, et se para de ses bijoux et de son voile. Le rossignol qui chante avec l'épine cruelle dont la fable d'Orient perce son sein désolé, a le cœur plus gai, la voix plus légère que ceux dont les passions violentes causent les blessures.
LXXXVIIL — Et là est la morale de ce poëme, si on voulait bien voir quel en est le vrai but; — mais on préfère me soupçonner , parce que tout aimable lecteur a le don de fermer ses yeux à la lumière même, tandis que les aimables auteurs aiment aussi à élever la voix les uns contre les autres, — chose fort natu-
i Le. Kurdistan. a. r.
relie ; le nombre en est trop grand pour pouvoir les flatter tous.
LXXXIX. — La sultane quitta un lit magnifique et plus doux que celui du voluptueux Sybarite qui poussait un cri de douleur parce qu'il était trop délicat pour endurer le pli d'une feuille de rose. — Gulbeyaz était si belle que l'art ne pouvait lui prêter que peu d'appas, — belle encore, malgré sa pâleur, dans la lutte de son amour contre son orgueil. Elle était si agitée, qu'elle ne pensa même pas à regarder dans le miroir.
XC. — A peu près en même temps, peut-être un peu plus tard, se leva son illustre époux, sublime maître de trente royaumes et d'une femme dont il était abhorré, — circonstance bien moins importante dans ce climat, — pour ceux du moins qui ont assez de revenus pour faire au complet leurs provisions conjugales, — bien moins importante, dis-je, que dans les pays où la bigamie est prohibée *.
XCI. — Il ne s'occupait plus de cette question-là, ni d'aucune autre, il est vrai; comme homme, il aimait à avoir une jolie maîtresse sous la main, comme on peut aimer à avoir de même un éventail ; Sa Sublime Hautesse avait donc un bon nombre de Gircassiennes pour s'amuser après le divan, quoiqu'un caprice inaccoutumé d'amour ou de devoir l'eût récemment attiré auprès de sa légitime épouse.
XGII. — Le sultan se leva, et après les ablutions obligées que commande la loi de l'Orient, après ses prières et autres évolutions pieuses, il avala six tasses
1 Mot à mot : pour ceux du moins à qui leurs revenus permettent de compléter leur cargaison conjugale, — que dans les pays où deux femmes sont so«-s un embargo.
tu 17
de café au moins, et puis alla clans son conseil entendre parler des Russes, dont les victoires s'étaient récemment multipliées sous le règne de Catherine, que la gloire proclame encore la plus grande des souveraines et des catins l.
XGIII. — 0 toi I grand empereur légitime, Alexandre, fils de son fils, que cette dernière phrase ne blesse pas ton oreille, si elle y parvient ; — mais maintenant les vers volent presque jusqu'à Saint-Pétersbourg, et prêtent une terrible impulsion à chaque torrent retentissant formé des flots en courroux du vaste fleuve de la Liberté, qui va même mêler sa voix avec celle de la Baltique. — Pourvu que tu sois le fils de ton père, cela me suifit.
XCIV. — Appeler un homme enfant de l'amour, ou proclamer sa mère l'antipode de Timon, cet ennemi des hommes, ce serait une injure infâme, ce serait un libelle, ou tout ce qu'il vous plaira. Mais les ancêtres sont la propriété de l'histoire ; et si une femme, par un faux pas, laissait la tache du crime imprimée sur toutes les générations qui en proviennent, je voudrais bien savoir ce que serait la généalogie la plus noble.
XGV. — Si Catherine et le sultan avaient compris leurs véritables intérêts, ce que les rois comprennent rarement, jusqu'à ce qu'ils reçoivent là-dessus de tristes leçons, ils avaient un moyen de finir leurs débats, un moyen précaire peut-être, il est vrai, mais qui, s'ils avaient voulu, les dispensait de se servir de l'aide de princes alliés ou de plénipotentiaires. Catherine n'avait qu'à licencier ses gardes, le sultan son
i I y a dans le texte whores. a. p.
harem, et puis ils se seraient vus pour s'arranger ensemble.
XGVI. — Comme les choses allaient, Sa Hautesse avait à tenir son conseil quotidien pour aviser aux moyens de combattre cette pie-grièche martiale, cette amazone, cette reine des dévergondées 1. La perplexité des colonnes de l'État était grande ; car l'État pèse quelquefois un peu sur le dos de ceux qui ne peuvent imposer une nouvelle taxe.
XGVII. — Cependant Gulbeyaz, quand le monarque fut parti, se retira dans son boudoir, lieu charmant pour faire l'amour ou pour déjeuner, boudoir solitaire, secret, et riche de tout ce qui peut orner ces jolis asiles. — Mainte pierre précieuse étincelait sur les lambris, et maint vase de porcelaine renfermait des fleurs, ces consolatrices captives de la captivité.
XGVIII,. — Nacre, marbre et porphyre décoraient à l'envi ce splendide appartement; des oiseaux mélodieux y faisaient entendre leur ramage ; le cristal peint qui laissait pénétrer le jour dans cette voluptueuse retraite, en variait les brillants rayons; — mais toute description est insuffisante ; il vaut mieux ne pas être trop minutieux. — Une esquisse est préférable ; — l'imagination d'un lecteur intelligent fait le reste 2.
* Queen of Qucans, reine des prostituées. Ces deux mots se ressemblent par la prononciation et ils signifieraient alors en français reine des reines. a. p.
2 Montraye, décrivant l'intérieur du palais du grand seigneur, où il pénétra comme aide d'un horloger chargé de régler les pendules, raconte que l'eunuque-roi qui les reçut à l'entrée du harem les conduisit dans une salle qui paraissait être le plus bel appartement de l'édifice : « Cette salle est incrustée de porcelaine fine, et le lambris doré et azuré qui orne le fond d'une coupole qui règne au-dessus est des plus riches. Une fontaine artificielle et jaillissante, dont le bassin est d'un précieux marbre vert, qui m'a
292 ŒUVRES DE LORD DYItON
XCIX. — Gulbeyaz fit appeler Baba, lui demanda compte de Juan, et s'informa de ce qui s'était passé depuis que les esclaves s'étaient retirés : qu'avait fait Baba de l'un et de l'autre? tout avait-il été selon son désir? le déguisement avait-il été deviné? maissurtou; comment Juan avait-il passé la nuit, — et dans quel lieu ? — c'était ce qu'il lui tardait de savoir.
C. — A ce long cathéchisme de questions , qu'il était plus facile de faire qu'il n'était facile d'y répondre, Baba répondit avec quelque embarras : — « qu'il avait fait de son mieux pour remplir les ordres qu'il avait reçus. » — Mais il y avait quelque chose que Baba semblait vouloir cacher ; son hésitation le trahit au lieu de le servir ; — il se gratta l'oreille, infaillible ressource de tous les gens dans l'embarras.
CI. — Gulbeyaz n'était pas un modèle de patience, ni trop disposée à attendre une réponse ou une action qu'elle commandait. — Elle voulait avant tout de la promptitude, et quand elle vit Baba broncher dans ses réponses, elle multiplia ses questions; les réponses devinrent de plus en plus décousues ; le visage de la sultane commença à s'enflammer, ses yeux étincelèrent, les veines d'azur de son front altier se gonflèrent et se rembrunirent.
CIL — Quand Baba vit ces symptômes , qu'il savait ne rien présager de bon pour lui, il la supplia de calmer sa colère et de l'entendre jusqu'au bout. — Il n'avait pu empêcher ce dont il allait faire le récit. — Il avoua donc alors que Juan avait été confié aux soins
paru serpentin ou jaspe, s'élevait directement au milieu, sous le dôme. Je me trouvai la tête si pleine de sofas, de précieux plafonds, de meubles superbes, en un mot, d'une si grande confusion de matériaux magnifiques, qu'il serait difiicile d'en donner une idée claire. » {Voyages, tome i, pag» ^.)
do Dudù, comme nous l'avons dit, « — mais ce n'est pas ma faute, » ajouta Baba, et il se mit à le jurer sur la bosse du saint chameau et sur le Koran.
CIII. — Tout avait été fait par la principale matrone de TOda, chargée seule de la discipline du harem, à partir du seuil de la porte des dortoirs où se terminaient les fonctions de Baba. Pouvait-il, lui (le susdit Baba), en faire davantage sans exciter un soupçon, qui nécessairement aurait gâté bien plus encore les affaires ?
CIV. — Il espérait, il pensait même, il était à peu près sûr que Juan ne s'était pas trahi ; dans le fait il était certain que sa conduite avait été pure, puisqu'un acte de folie ou d'imprudence n'aurait pas seulement compromis sa sûreté, mais aurait eu pour conclusion un sac dans lequel on l'eût trouvé dans la mer. — Ainsi parla Baba, n'oubliant rien, excepté le rêve de Dudù, ce qui n'était pas un badinage.
GV. — Aussi, discrètement, il n'en souffla pas un mot, et il se mit à débiter tout autre chose. — Il parlerait encore s'il eût attendu une réponse pour se taire, tant Gulbeyaz était accablée par sa douleur. Son visage devint couleur de cendres ; les oreilles lui sifflèrent ; la tête lui tourna comme si elle avait soudain reçu un coup, et des larmes glacées inondèrent ses traits comme la rosée du matin inonde un beau lis.
CVI. — Quoiqu'elle ne fût pas une de ces femmes à évanouissements, Baba crut qu'elle allait s'évanouir ; mais il se trompait. — Ce n'était là qu'une convulsion, courte, il est vrai, mais impossible à décrire. Nous connaissons tous, et quelques-uns de nous par expérience, cet anéantissement * passager qu'en éprouve
* Il y a clans le texte : a ail amort » expression de Shakspeare.
quand on est atteint d'un douleur extraordinaire. — Gulbeyaz ressentit dans cette nouvelle angoisse ce qu'elle ne put jamais exprimer, — comment le pourrai s-je moi?
GVII, — Elle resta un moment semblable à une pythonisse sur son trépied, dans les transes de cette inspiration qui naît de la douleur, alors que toutes les fibres du cœur sont violemment tirées en sens contraire... comme par des chevaux sauvages. — Heureusement cet excès a des moments de relâche ; alors Gulbeyaz s'affaissait lentement sur son siège, et appuyait sa tête brûlante sur ses genoux tremblants.
GV1II. — Son visage y demeura penché, inaperçu ; ses cheveux tombèrent en longues tresses comme les rameaux du saule pleureur, jusque sur le marbre du lieu où était posé son siège (ou plutôt son sofa, ou son ottomane toute garnie de coussins). Le sombre désespoir soulev it et abaissait son sein, comme une vague qui se précipite contre un rivage dont les écueils arrêtent sa course, mais reçoivent les débris qu'elle apporte.
GIX. — Sa tête étant ainsi penchée, sa longue chevelure cachait ses traits mieux qu'un voile ; une de ses mains était étendue, immobile et pâle comme l'albâtre. Que ne suis-je un peintre pour grouper tout ce qu'un poète fait voir en détail! Que mes mots ne sont-ils des couleurs ! mais ils serviront peut-être de croquis ou d'indications.
GX. — Baba, qui savait par expérience quand il fallait parler et quand il fallait retenir sa langue, se tut jusqu'à ce que cet orage fut passé, n'osant pas
« II oio fares my Kate ? tohat ! sweeting ail amort ? » Taming of Ihe Slirew.
contrarier Gulbeyaz dans son silence non plus que dans ses paroles. Enfin elle se leva et se promena lentement à travers le boudoir, mais toujours muette. Son front s'éclaircit, mais non ses yeux troublés ; le vent s'était calmé, mais la mer était encore haute.
CXI. — Elle s'arrêta et leva la tête pour parler, — puis attendit encore, et se remità marcher d'un pas plus rapide, qu'elle ralentit ensuite, car telle est la démarche de ceux qu'une profonde émotion déchire. — On peut quelquefois découvrir dans chaque pas une sensation, comme Salluste nous le prouve par son Catilina, qui, poursuivi par toutes les passions infernales, en trahissait les impulsions par la manière dont il marchait.
GXII. — Gulbeyaz enfin s'adresse d'un signe à Baba et lui dit : — « Esclave, amène les deux esclaves. » Ces mots furent prononcés d'un ton peu élevé, mais tel, que Baba n'eût pas osé y résister. Il frémit cependant, et eut l'air un moment de n'obéir que malgré lui ; il demanda la permission de recevoir un ordre plus précis (quoiqu'il le comprît bien) : il désirait savoir au juste de quels esclaves voulait parler Sa Hautesse, de peur de quelque méprise comme la dernière.
GXIII. — « La Géorgienne et son amant, » reprit l'épouse impériale ; — et puis elle ajouta : « Que le bateau soit prêt au bas de la porte secrète ; tu sais le reste. »
Les paroles s'arrêtèrent sur ses lèvres, malgré son orgueil et son amour outragé. Baba ne manqua pas d'y faire attention, et la supplia par tous les poils de la barbe de Mahomet de révoquer l'ordre qu'il venait d'entendre.
GXIV. — a Entendre c'est obéir l, dit-il ; mais en-
* Formule orientale. a. p.
core, sultane, songez aux conséquences. Ce n'est pas que je ne sois prêt à exécuter rigoureusement tous vos ordres dans ce qu'ils ont de plus sévère, mais une telle précipitation peut mal finir, même aux risques de Votre Majesté. Je ne veux pas parler de votre ruine, en cas d'une découverte inattendue ?
GXV. — Mais je pense à votre sensibilité. — Quand tout serait caché sous les vagues, qui cachent déjà dans leurs cavernes funestes tant de cœurs jadis palpitants d'amour, — vous aimez ce nouvel hôte du sérail; et, si vous avez recours à un violent remède, — > excusez ma franchise quand je vous assure que le faire périr ne vous guérira pas.
GXVI. — « Que connais-tu de l'amour ou de la sen sibilité? — Misérable! va-t'en, cria Gulbeyaz les yeux enflammés de courroux, — va-t'en, et exécute ma volonté! » —
Baba disparut; car il savait bien que, s'il avait poussé plus loin ses remontrances, il aurait risqué d'être son propre bourreau1 ; — et, quoiqu'il désirât de tout son cœur terminer cette étrange affaire sans aucun mal pour son prochain, néanmoins il préférait sa tête à celle d'un autre.
CXVII. — Il alla donc exécuter sa commission, murmurant et grommelant en bon turc contre toutes les femmes de tous les rangs, et surtout contre les sultanes, leurs caprices, leur entêtement, leur orgueil, leur indécision , leur façon de ne pas savoir deux jours de suite ce qu'elles voulaient, la peine qu'elles donnaient aux eunuques, leur immoralité enfin qui lui faisait bénir chaque jour sa neutralité.
i Jack Ketch, nom populaire du bourreau en Angleterre, m devenu synonyme du mot.
CXVIII. — Ensuite il appela ses confrères à son aide, envoya un d'entre eux avertir le couple qu'il devait sans retard se parer, se -bien peigner surtout, et se rendre devant la souveraine, qui s'était informée de Dudù et de Juanna avec la plus tendre sollicitude. A ce message Dudù parut surprise, et Juanna un peu sotte ; — mais il fallait obéir, qu'on le voulût ou non.
CXIX. — Et moi je les laisse se préparer à l'audience impériale. Et là Gulbeyaz leur témoigna-t-elle de la pitié ? ou se débarrassa-t-elle de l'un et de l'autre, comme auraient fait tant d'autres femmes de sa nation? — Ce sont là des événements dont une seconde peut décider1. Mais loin de moi d'anticiper sur ce qui doit être la conclusion d'un caprice féminin !
CXX. — Je les laisse pour le moment avec mes bons souhaits, quoique je doute qu'ils soient exaucés. Je vais m'occuper d'une autre partie de notre histoire, car c'est un banquet qu'il m'importe de varier. Espérons donc que Juan échappera aux poissons, quoiqu'il se trouve dans une circonstance critique. Ma muse, sachant que ses digressions sont fort goûtées, va se mêler un peu de l'art de la guerre.
* Mot à mot : que le mouvement d'un cheveu ou d'une plume peut décider.