LEFRA.NG DE POMPIGNAN. 1. P
canonner une ville qui supporta un fameux siège, — un siège par terre et un siège par mer *, que dirigeait Suvaroff, en anglais Suwarow, général aimant le sang comme un alderman aime la .moelle 2.
IX. — La forteresse s'appelle Ismaïl3, située sur la rive gauche du Danube, avec des maisons dans le goût oriental, mais qui est toujours une forteresse de premier rang, ou qui l'était du moins, car elle aurait pu être renversée depuis, ce qui est un jeu de conquérant. Ismaïl était donc à quatre-vingts verstes de la mer, et contenue dans une enceinte de trois mille toises.
X. — Dans l'étendue de celte citadelle est compris un bourg sur une éminence à gauche, qui, par sa situation élevée, commande la ville ; et autour de cette éminence un Grec avait établi une quantité de palissades droites, disposées de manière à arrêter le feu de ceux qui tenaient la place et à favoriser celui de l'ennemi 4.
XL — Cette circonstance peut donner une idée des grands talents de ce nouveau Vauban. Mais le fossé de la ville était profond comme la mer, et le rempart plus
* « An 1790, le 30 novembre on s'approcha de la place ; les troupes de terre formaient un total de vingt mille hommes, indépendamment de sept à huit mille kozaks. »
Histoire de la Nouvelle Russie, tome II, page 201-
2 Hudibras parle des marrow puddings, poudings à la moelle, comme d'un mets délicieux. a. p.
5 Ismaïl est située sur la rive gauche du Danube, à peu près à quatre-vingts verstes de la mer ; elle a près de trois mille toises de tour. Histoire de la Nouvelle Russie.
4 « On a compris dans ces fortifications un faubourg moldave, situé à la gauche de la ville, sur une hauteur qui la domine ; l'ouvrage a été terminé par un Gre3. Pour donner une idée des talents de cet ingénieur, il suffira Q3 dire qu'il fit placer les palissades perpendiculairement sur le parapet, de manière qu'elles favorisaient les assiégeants, et arrêtaient le feu des assiégés. »
lbid.
haut que vous ne voudriez être pendu1. Malheureusement plus d'une précaution avait été négligée (excusez, je vous prie, ce jargon d'ingénieur); il n'y avait ni travaux avancés, ni chemin couvert qui semblât au moins vous dire : — « Ici on ne passe pas. »
XII. — Un bastion de pierre avec une gorge étroite, et des murs épais comme mainte cervelle ; deux batteries armées de pied en cap comme notre saint Georges, l'une casematée, et l'autre véritable barbette, étaient chargées de défendre la rive du Danube ; tandis que vingt-deux canons bien pointés montraient adroite de la ville leur front menaçant sur un cavalier 2 de quarante pieds de haut 3.
XIII. — Mais la ville était tout ouverte du côté du fleuve 4, parce que les Turcs n'avaient jamais pu se persuader qu'un vaisseau russe oserait se montrer. Ils persistèrent dans leur opinion jusqu'à ce qu'ils fussent envahis et qu'il fût trop tard pour prendre leurs mesures ; mais, comme le Danube n'était pas d'un gué
i « Le rempart en terre est prodigieusement élevé, a cause de l'immense profondeur du fossé ; il est cependant absolument rasant ; il n'y a ni ouvrage avancé ni chemin couvert. »
2 Cavalier, terre élevée pour placer l'artillerie ; barbette, plateforme sans épaulement, d'où l'on tire le canon à découvert ; — casemate, plate-forme ou abri en voûtes pour le canon — (forge, entourée de fortifications du côté de la place, — bastion, ouvrage avancé à deux flancs et deux, faces de défense . e'est au lecteur à vérifier ces termes dans le Manuel de V Artilleu- a r.
•3 « Un bastion de pierres, ouvert par une <:or?e très-étroite, et dont les murailles sont fort épaisses, a une batten, casematée et une à barbette ; il défend la rive gauche du Dai ube Du côté droit de la ville est un cavalier de quarante pieds ^''élévation à pic, garni de vingt-deux pièces de canon, et qui délend la partie gauche. » lltst de la Nouvelle Russie.
4 « Du côté du fleuve, la ville es absolument ouverte; les Turcs ne croyaient pas que les Russes pussent jamais avoir une flottille dans le Danube. » Ibid.
facile, ils regardèrent la flottille moscovite, en se contentant de crier : « Allah et Bis Millah l ! »
XIV. — Les Russes étaient prêts à donner l'assaut; mais, ô déesse de la guerre et de la gloire! comment orthographierai-je les noms de tous ces Cosaques qui seraient immortels si on pouvait écrire leur histoire? Hélas ! que manquait-il à leur renommée ? Achille luimême n'était ni plus hideux, ni plus sanglant que des milliers d'hommes de cette nation récemment policée, dont les noms n'auraient besoin que d'être — prononcés.
XV. — Toutefois j'en citerai quelques-uns, ne seraitce que pour enrichir l'euphonie de mes vers, tels que Strongenoff, Strokonoff, Meknoff, Serge Low, Arseniew de la Grèce moderne, Tschitsshakoff, Roguenoff, Chokenoff, et autres de douze consonnes par nom, dont je ferais mention si je pouvais puiser dans les gazettes ; mais la Renommée (prostituée capricieuse) paraît avoir de l'oreille comme elle a une trompette,
XVI. — Et elle ne saurait faire rimer ces sons discordants dont on fait des noms propres à Moscow. Cependant il y en avait qui sont dignes de mémoire, comme jamais le fut vierge célébrée dans un épithalame; sans parler de ceux dont les noms plus doux eussent été charmants pour les longues péroraisons de Londonderry, destinées à gagner du temps. — De tous ces noms finissant en ischskin, ousckin, iffskchy, ousky, je ne citerai que Rousamouski *,
1 La première attaque était composée de trois colonnes commandées par les lieulenants généraux Paul Potemkin, Serge Low, les généraux-majors Lascy, Théodore Mecknop. Trois autres colonnes avaient pour chefs le comte Samoïlow, les généraux Elie de Bezborodko, Michel Koutousow ; les brigadiers Orlow, Platow, Ribaupierre. La troisième attaque par eau n'avait que deux co-
XVII. — Shorematof? et Chrematoff, Koklophti, Koclobski, Kourakin et Mouskin Pouskin, tous aussi belliqueux que quiconque a jamais bravé un ennemi ou fendu un homme en deux d'un coup de sabre. Ils se souciaient peu de Mahomet ou du mufti, à moins qu'ils n'eussent pensé à faire servir leur peau à remplacer celle de leurs tambours, si le parchemin eût été cher, et à défaut d'autres matériaux plus à leur portée.
XVIII. — Parmi eux il y avait aussi des étrangers illustres de diverses nations, et tous volontaires ; -ne combattant ni pour leur patrie, ni pour leur souverain; mais désirant d'être un jour brigadiers 4, comme aussi d'obtenir le sac d'une ville, chose agréable pour des jeunes gens de leur âge. Parmi ceux-là étaient plusieurs braves Anglais, seize appelés Thomson, et dixneuf Smith ;
XIX. — Jack Thomson et Bill Thomson ; — tous les autres avaient nom Jemmy d'après le grand poëte 2 ; je ne sais s'ils avaient des armoiries ou un cimier , mais un tel parrain vaut bien sans doute un blason. Trois Smith avaient nom Pierre ; — mais le meilleur de tous, pour frapper de bons coups ou les parer, était ce Smith si renommé depuis — « dans les quartiers d'Halifax » ; — alors il servait les Tartares.
XX. — Les autres étaient des Jack et des Giles, et des Will et des Bill ; mais, quand j'aurai ajouté que le plus âgé des Jack Smith était né dans le Gumberland, dans les montagnes, et que son père était un honnête
lo:ines, sons les ordres des généraux-majors Ribas et Arseniew, des brigadiers Markoffch, Tetépéga, etc.
Hist. de la Nouvelle Russie.
* Grade répondant à peu près à celui de maréchal de camp.
* James Thomson, auteur des Saisons. a. p.
forgeron, j'aurai dit tout ce que je sais de ce nom qui remplit trois lignes de la dépèche annonçant la prise de Schmack-Smith, village de la Moldavie déserte où il mourut, immortel dans un bulletin 4.
XXI. — J'ai peine à croire (quoique Mars soit sans doute un dieu que je révère), j'ai peine à croire que le nom d'un homme cité dans un bulletin puisse le consoler d'une balle dans le corps. J'espère que cette question n'est pas un péché, parce que, bien que je ne sois qu'un ignorant, je crois qu'un nommé Shakspeare mit la même idée dans la bouche de je ne sais quel personnage de ses pièces si extravagantes2, que tant de gens citent afin de passer pour hommes d'esprit.
XXII. — Il y avait des Français vaillants, jeunes et gais; mais je suis trop bon citoyen pour faire figurer leurs noms gaulois un jour de gloire; j'aimerais mieux faire dix mensonges que de dire un mot de vérité anti-nationale. — De telles vérités sont traîtresses ; ils trahissent leur pays, et comme traîtres ils sont abhorrés, ceux qui nomment les Français en anglais, excepté pour montrer comment la paix doit rendre John Bull l'ennemi des Français.
XXIII. — Les Russes, ayant construit deux batteries sur une île près d'Ismaïl, avaient deux objets en
* Le nom propre de Smith est si commun en anglais, qu'on dit plaisamment que, si vous voulez avoir de la place au théâlre, il faut crier que le feu esta la maison de M. Smith, et cent personnes croyant que c'est la leur, déserteront leurs bancs pour y courir. (Voir la strophe xxv.) Smith, comme substantif, signifie forgeron : lord Byron a voulu dans cette slance jouer sur la consonnance des ith, espèce d'allitération dont ce poëme fournit d'autres exemples. Nous rentrons avec le dernier vers sur le terrain des idées philosophiques. a. p.
a Lord Byron professait, peut-être par esprit de contradiction contre tous les critiques anglais, peu d'admiration pour Shakspeare. A. P.
vue £, le premier, de bombarder la ville et de détruire les édifices publics, comme aussi les maisons des particuliers, s'inquiétant peu des pauvres gens dont ils allaient consommer la ruine. La forme d'Ismaïl inspirait cette idée, il est vrai. Bâtie en amphithéâtre, Ismaïl offrait dans chaque maison un but parfait à viser avec la bombe.
XXIV. — Leur second objet 2 était de profiter du moment de la consternation générale pour attaquer la flottille turque, à l'ancre près de là, et très-tranquille dans sa station. Mais un troisième motif était probablement d'amener les assiégés à capituler par la terreur : fantai'sie qui s'empare parfois des guerriers, à moins qu'ils ne soient comme des boule-dogues, ou des chiens dressés à chasser le renard.
XXV. — L'habitude vraiment blâmable 3 de mépriser ceux que nous combattons, habitude assez commune, fut dans ce cas-ci la perte de Tchitchitzkoff et de Smith, de fun des valeureux Smith, qui nous manquera dans le nombre des dix-neuf qui tout à l'heure rimaient avec pith, mais c'est un nom ajouté si souvent à Sir et à Madame qu'on croirait que le premier qui le porta fut Adam *.
i a On s'était proposé deux buts également avantageux par la construction de deux batteries sur l'île qu'avoisine ismaïl : le premier, de bombarder la place, d'en abattre les principaux édifices avec du canon de quarante-huit, effet d'autant plus probable, que la ville étant bâtie en amphithéâtre, presque aucun coup ne serait perdu. » Hist. de la nouvelle Russie.
2 « Le second ohjet était de profiter de ce moment d'alarme pour que la flottille, agissant en même temps, pût détruire celle des Turcs. Un troisième motif, et vraisemblablement le plus plausible, était de jeter la consternation parmi les Turcs et de les engager à capituler. lbid.
s Une habitude blâmable, celle de mépriser son ennemi, etc. »
lbid.
* Il y a peut-être ici une allusion indirecte à Adam Smith l'éco-
XXVI. — Les batteries russes étaient incomplètes, parce qu'elles avaient été construites trop à la hâte. Ainsi la même cause qui fait qu'un vers reste boiteux et répand un nuage sur Longman et John Murray *, quand la vente des nouveaux livres n'est pas aussi rapide que le voudraient ceux qui les éditent, la même cause peut également retarder, pour un temps, ce que l'histoire appelle ici meurtre, et là gloire.
XXVII. — Soit stupidité des ingénieurs, soit trop de précipitation , soit cupidité de quelque entrepreneur qui sauvait son âme en trompant les homicides, j < u m'importe ; mais il n'y avait point de solidité dans !es .mtteries 2. Elles manquaient, ou n'étaient jamais nianquées et elles ajoutaient beaucoup à la liste de ceux qui manquaient3.
XXVIII. — Un faux calcul des distances rendit toutes les opérations navales imparfaites. Trois brûlots perdirent leur aimable existence 4 avant de parvenir au lieu où ils devaient produire leur effet; la mèche fut allumée trop tôt, et rien ne put obvier à cette bévue 5. Ils firent explosion au milieu du fleuve, pen-
nomiste ; le mot pilh, qui est une cheville de rime , signifie moelle, force, etc. a. p.
» Riches libraires-éditeurs de Londres. A. p.
2 Du défaut de perfection dans la construction des batteries ; on voulait agir promptement et on négligea de donner aux ouvrages la solidité qu'ils exigeaient. a. p.
s La liste des absents (missing list). La répétition du mot miss fait tout le sel de ces deux vers. Le poète affectionne ces deux espèces de jeux de mots. Nous les devons faire remarquer pour expliquer ces répétitions reproduites forcément dans la traduction.
* Amiable existence. a. p.
s v On calcula mal la distance ; le même esprit fit manquer l'effet de trois brûlots; on s'empressa d'allumer la mèche, ils bru-
dant que les Turcs dormaient profondément, quoiqu'il fût déjà jour.
XXIX. — A sept heures ils se levèrent cependant, et aperçurent la flottille russe qui s'avançait. Il était neuf heures lorsque les navires, arrivés sans empêchement à la longueur d'un câblo d'Ismaïl, commencèrent une canonnade qu'on leur rendit, je puis dire, avec usure, sans parler d'un feu de mousqueterie 1, et de mitraille, des projectiles de toutes les espèces, des bombes et des obus de tous les calibres.
XXX. — La flotte supporta six heures 2, sans relâche, le feu des Turcs; aidée de ses propres batteries de terre, elle fit jouer ses canons avec une grande précision. Enfin on reconnut que la canonnade seule n'amènerait nullement la soumission de la ville, et le signal de la retraite fut donné à une heure. Une barque sauta, une autre s'engravant près des fortiiications fut prise par les Turcs.
XXXI. — Les musulmans avaient aussi perdu plus d'un vaisseau et plus d'un soldat ; mais quand ils virent leurs ennemis se retirer, les Delhis montèrent quelques chaloupes, se mirent en mer, inquiétèrent la retraite des Russes par un feu bien nourri, et tentèrent de faire
lèrent au milieu du fleuve, et, quoiqu'il fût six heures du malin, les Turcs n'en prirent aucun ombrage. »
Hist. de la Nouvelle Russie.
i 1er décembre 1790. La flotte russe s'avança vers les sept heures. Il en était neuf lorsqu'elle se trouva à cinquante toises de la ville d'Ismaïl; elle souffrit avec une constance calme un feu de mitraille et de mousqueterie. » IbvL
2 « Près de six heures, les batteries de terre secondaient la
flottille. Mais on reconnut alors que les canonnades ne suffisaient pas pour réduire la place ; on fit la retraite à une heure. Un lançon sauta pendant l'action, un autre dériva par la force du courant et fut pris par les Turcs. » Ibid.
une descente. Mais ici l'effet ne répondit pas a leur attente : le comte de Damas les repoussa dans l'eau, pêle-mêle, avec un carnage capable de remplir une gazette *.
XXXII. — « Si je pouvais, dit ici l'historien 2, rapporter tout ce que les Russes firent en ce jour, je crois que plusieurs volumes ne suffiraient pas, et j'aurais encore beaucoup à dire ; » et là-dessus il ne dit rien, — mais il fait sa cour à quelques étrangers de distinction présents à ce combat, le prince de Ligne 3, Langeron, Damas ; noms aussi grands qu'aucun de ceux que la gloire inscrivit jamais sur ses registres.
XXXIII. — Cette manière d'écrire l'histoire vous montre ce qu'est la gloire; car, à l'exception de ces
i « Les Turcs perdirent beaucoup de monde et plusieurs vaisseaux : à peine la retraite des Russes fut-elle remarquée, que les plus braves d'entre les ennemis se jetèrent dans de petites barques et essayèrent une descente : le comte de Damas les mit en fuite et leur tua plusieurs officiers et un grand nombre de soldats. » Histoire de la Nouvelle Russie.
2 « On ne tarirait pas si on voulait rapporter tout ce que les Russes firent de mémorable dans cette journée; pour conter tous les hauts faits d'armes, particulariser toutes les actions d'éclat, il faudrait composer des volumes. » Jbid.
5 « Parmi les étrangers le prince de Ligne* se distingua de manière à mériter l'estime générale. Des vrais chevaliers français, attirés là par l'amour de la gloire (tous se montrèrent dignes d'elle) les plus marquants étaient le jeune duc de Richelieu, les comtes de Langeron et de Damas. » Ibid.
Charles-Joseph, prince de Ligne, né à Bruxelles, en n3S, d'une illustre famille des Pays-Bas, entra au service d'Autriche en 1752. Il devint major général à l'époque du couronnement de Joseph II. Ayant été envoyé eD mission près de la grande Catherine, les grâces de son esprit et une physionomie remarquable lui obtinrent des succès de plus d'un genre près de cette Sémiramis du Nord. Elle le nomma feldmaréchal et lui donna une propriété en Crimée. En 1738, Joseph II lui donna le grade de général d'artillerie et l'envoya, muni d'instructions militaires et diplomatiques, auprès du prince Potemkin, qui assiégeait Oczakow. L'année suivante, il partagea avec Landon la gloire de la prise de Belgrade, etc. Il mourut en 1814.
trois preux chevaliers eux-mêmes, combien de lecteurs vulgaires connaissaient leur existence? — (Ils vivent peut-être encore, que je sache.) — La renommée est un jeu de pair ou non. 11 y a du bonheur même dans la gloire, il faut en convenir. Il est vrai que les Mémoires du prince de Ligne ont à demi soulevé le rideau dont l'oubli l'avait déjà couvert *.
XXXIV. — Mais il est d'autres hommes qui combattirent aussi vaillamment qu'aucun héros; eh bien! perdus dans la masse des faits, leurs noms sont rarement trouvés et rarement cherchés. C'est ainsi que la bonne renommée peut souffrir de tristes mutilations, et s'éteint plus tôt qu'elle ne devrait. Après toutes nos batailles modernes, je parie que vous ne pourriez répéter neuf noms par chaque gazette.
XXXV. — Bref, cette dernière attaque, quoique riche en gloire, prouve que, quelque part ou de quelque manière, il y avait eu des fautes commises. L'amiral Ribas 2 (connu dans l'histoire russe) recommandait vivement un assaut : il fut contredit dans son opinion par les autres officiers jeunes et vieux, ce qui causa un long débat ; — mais il faut que je m'arrête, car si j'écrivais le discours de chaque guerrier, je doute que peu de lecteurs voulussent jamais monter la brèche.