‹ Œuvres compláetes de Lord Byron (volume 2)Chapitre 93 sur 98 · XLV. — Jeune d'années, et plus encore par sa · texte numérisé non relu

XLV. — Jeune d'années, et plus encore par sa

* Blood is not water: proverbe écossais pour expliquer les sympathies de parenté. A. p.

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tournure enfantine , Aurora avait quelque chose de sublime dans ses regards, qui étaient brillants de mélancolie comme ceux des séraphins. Jeune, — mais avec un air qui effaçait toute idée du temps ; radieuse et grave — comme un ange qui plaindrait l'homme déchu ; triste, — mais triste d'un crime qui n'était pas le sien, elle semblait un ange assis à la porte d'Éden, et gémissant sur ceux qui en étaient exilés sans retour.

XL VI. — Elle était catholique, sincère et austère, autant que le permettait sa douceur naturelle ; ce culte déchu lui était plus cher encore peut-être parce qu'il était déchu *. Ses ancêtres avaient été fiers d'exploits qui avaient fait parler jadis la Renommée, aucun pouvoir nouveau n'avait obtenu d'eux soumission ni concession, et, comme Aurora était la dernière de sa race, elle restait attachée à leur foi et à tous leurs sentiments.

XL VII. — Elle regardait le monde, qu'elle connaissait à peine, comme quelqu'un qui ne cherche pas à le connaître ; silencieuse, solitaire comme une fleur sur sa tige, elle croissait paisiblement en âge et conservait la sérénité de son cœur. Il y avait du respect dans l'hommage qu'elle s'attirait ; son âme semblait comme sur un trône ; isolée de la foule, forte de sa propre force, — chose étrange à son âge !

XL VIII. — Or, il arriva que dans la liste d'Adeline, Aurora fut oubliée, malgré sa naissance et sa fortune qui la mettaient bien au-dessus des belles séduisantes que nous venons de citer ; ses charmes ne pouvaient pas non plus être une objection contre elle ; — Aurora avait enfin assez de qualités pour être indiquée à tout homme désireux de se doubler par le mariage.

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