‹ Œuvres compláetes de Lord ByronChapitre 43 sur 67 · XLII. — Mais le repos est un enfer pour les âmes · texte numérisé non relu

XLII. — Mais le repos est un enfer pour les âmes

i Casimir Delavigne a dit dans une de ses dernières Messéniennes, en parlant de Napoléon :

. . La France est à lui, Il la joue, il la perd. a. p,

2 La grande faute de Buonaparte a été de mépriser toujours les hommes, parce qu'il n'avait avec eux ou pour eux aucune communauté de sentiment; une semblable conduite est peut-être plus offensante pour la vanité humaine, que l'active cruauté de la tyrannie la plus soupçonneuse.

Ces sentiments se retrouvent dans les discours qu'il adressait aux assemblées publiques, aussi bien qu'aux individus. De retour à Paris, après que l'hiver eut détruit son armée en Russie, il disait

actives, et voilà ce qui fut ta perte ! Il est un feu et une agitation secrète pour les âmes qui ne peuvent être contenues dans un cercle étroit, et qui vont toujours au delà des bornes d'un désir modéré. Embrasées de ce feu toujours plus difficile à éteindre, elles sont tourmentées de la soif des dangers et ne se lassent que du repos : fièvre du cœur fatale à tous ceux qu'elle dévore, à tous ceux qui en furent atteints.

XLIII. — Elle fait ces insensés qui, par leur contagion, rendent les hommes insensés comme eux : conquérants et monarques, fondateurs de sectes et de systèmes, sophistes, poètes, rêveurs politiques, tous ces êtres, agités par l'inquiétude, qui ébranle trop fortement les secrets ressorts de l'âme, sont dupes euxmêmes de ceux qu'ils abusent; leur sort est envié, quoique bien peu digne de l'être; que de douleurs am.ères sont leur partage ! Un cœur semblable mis à découvert donnerait aux hommes l'utile leçon de dédaigner l'ambition de briller ou de régner.

XLIV. — Us ne respirent qu'agitation, et leur vie est une tempête qui les soutient dans les airs pour les laisser enfin retomber sur la terre ; mais ils sont tellement accoutumés a cette vie orageuse, que, si, survivant aux périls qu'ils ont affrontés, ils voient succéder le calme du crépuscule à leurs jours brillants de périls, ils se sentent accablés par le chagrin et meurent de langueur, comme un feu qu'on néglige d'entretenir et qui ne jette plus que quelques flammes vacillantes, ou comme une épée qui se rouille dans l'oisiveté et se consume elle-même sans gloire.

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