‹ Œuvres compláetes de Lord ByronChapitre 46 sur 67 · , De jeunes villageoises aux yeux bleus, et · texte numérisé non relu

, De jeunes villageoises aux yeux bleus, et

i Le château de Drachenfels domine le plus haut pie des sept montagnes, sur les bords du Rhin. Il tombe en ruine et se rattache à de singulières traditions. C'est le premier qu'on aperçoit de la route en venant de Bonn; mais il est de l'autre côté de la rivière. En face se trouvent les restes d'un autre château, appelé le château du Juif, et une grande croix plantée à l'occasion de la mort d'un chef qui fut assassiné par son frère. Le nombre des châteaux qui sont placés sur les deux rives du Rhin est très -considérable; leur situaiion est très-pittoresque.

dont la main nous offre des fleurs nouvelles, embellissent encore cet Eden par leur sourire. Sur les montagnes , de nombreuses tours élèvent leurs murailles féodales au milieu de la verdure du lierre ; des rochers à la pente rapide, les ruines d'une arcade antique , apparaissent au-dessus dés berceaux de pampre qui ornent les vallées : il ne manquerait à mon bonheur, sur les bords du Rhin, que de pouvoir serrer ta main dans la mienne.

3. — » Je t'envoie les lis qu'on m'a donnés : je sais qu'ils seront flétris longtemps avant que tu puisses les toucher : ne les dédaigne pas cependant, car je les ai vus avec plaisir en pensant que tes yeux peuvent les voir aussi ; peut-être aussi guideront-ils ton âme jusqu'à la mienne, quand tu sauras que ces fleurs fanées furent cueillies sur les rives du Rhin, et offertes par mon cœur à ton cœur.

4. — » Le fleuve écume et s'éloigne avec majesté; à chaque détour ses ondes immenses découvrent de nouveaux sites plus riants encore. Quel est le mortel qui ne bornerait par ses désirs à voir couler ici tous ses jours? Où trouverais-je sur la terre un lieu aussi cher à la nature et à mon cœur... si tu étais près de moi pendant que mes yeux suivent le cours du Rhin? »

LVI. — Non loin de Coblentz une simple pyramide couronne un tertre de gazon ; sous sa base reposent les cendres d'un héros. Il fut un de nos ennemis ; mais n'en rendons pas moins hommage à la mémoire de Marceau. Sur. la tombe de ce jeune guerrier, les farouches soldats répandirent des larmes, déplorant et enviant la destinée de celui qui vécut pour la France, et combattit pour défendre ses droits.

LVII. — Hélas! sa carrière fut courte et glorieuse! On vit deux armées suivre ses funérailles ; on y vit

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pleurer ses amis et ses ennemis ! Que l'étranger s'arrête auprès de son monument, et y prie pour le repos de cette âme valeureuse : Marceau fut le champion de la liberté, et du petit nombre de ceux qui n'abusent pas du pouvoir terrible qu'elle donne aux hommes qui prennent les armes en son nom. Marceau avait conservé la pureté de son âme, et il fut pleuré *.

LVITI. — Mais j'aperçus Ehrenbreitstein 2 dont les

Le monument du jeune général Marceau (mort à Altenkirchen le dernier jour de Tan IV de la république française) existe encore tel que je l'ai décrit.

Les inscriptions qu'on y a placées sont trop longues : c'est assez de son nom; les Français l'adoraient, ses ennemis l'admiraient; les uns et les autres pleurèrent sa mort. On vit à ses funérailles des généraux et des détachements des deux armées. Le générai Hoche est enterré dans le même tombeau. Hoche était aussi un brave dans toute la force du terme; mais, quoiqu'il se fût distingué dans les batailles, il n'eut pas le bonheur d'y être tué. On soupçonna qu'il avait péri par le poison.

On a élevé à Hoche un monument séparé (il ne contient point son corps, puisqu'il est enterré avec celui de Marceau), auprès d'Andernach. Ce lieu fut le théâtre de l'un de ses plus mémorables exploits, quand il jeta un pont sur le Rhin. Le monument n'est ni du style, ni de la forme de celui de Marceau ; l'inscription est plus simple et me plaît davantage.

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