Fidèle et hardi
2. Ces vers et les suivants, jusques et y compris les vers pour M. le Du» , représentant Roland, sont de la composition de Benserade.
Le l\oi . représentant Roger, les suivoit, montant un des plus beaux chevaux du momie, dont le harnois, couleur de feu, éclaioit (J*or, d'argent et de pierreries. Sa Majesté étoit armée à la façon des Grecs, comme tous ceux de sa quadrille, et portoit une cuirasse «le lames d'argent , couverte d'une riche hroderie d'or et de diamants. Son port et toute son action étoient dignes de son rang: son casque, tout couvert de plumes couleur de feu, avoit une grâce Incomparable; et jamais un air pins libre ni plus guerrier n'a mis un mortel au-dessus des antres hommes.
SONNET pour i.i; roi, représentant Roger.
Quelle taille, quel port a ce fier conquérant! Sa personne éblouit quiconque l'examine; Et, quoique par son poste il soit déjà si grand, Quelque chose de plus éclate dans sa mine.
Son front de ses destins est l'auguste garant, Par delà ses aïeux sa vertu l'achemine;
Il fait qu'on les oublie, et, de l'air qu'il s'y prend, Bien loin derrière lui laisse son origine.
De ce cœur généreux c'est l'ordinaire emploi, D'agir plus volontiers pour autrui que pour soi; Là principalement sa force est occupée :
II efface l'éclat des héros anciens,
N'a que l'honneur en vue, et ne tire l'épée
Que pour des intérêts qui ne sont pas les siens.
Le duc de Noailles, juge du camp, sous le nom d'Oger le Danois, marclioit âpre- le Roi, portant la couleur de feu et le noir sous une riche broderie d'argent : et ses plumes, aussi bien que tout le reste de son équipage, étoient de cette même livrée.
' le doc le noailles. Oger le Danois, juge du camp.
c.r paladin s'applique à cette Beule affaire,
!)•• servir dignement le plus puissant des rois.
litioo in-folio de 1873 porte pour le Due de Nouilles , et fait ainsi ichaqi
persoii'
" Klle r haqae fois le mot représentant.
Comme, pour bien juger, il faut savoir bien faire, Je doute que personne appelle de sa voix.
Le duc de Guise et le comte d'Armagnac marchoient ensemble après lui. Le premier, portant le nom d'Aquilant le Noir, avoit un habit de cette couleur en broderie d'or et de jais; ses plumes, son cheval et sa lance assortissoient à sa livrée; et l'autre, représentant Griffon le Blanc, portoit sur un habit de toile d'argent plusieurs rubis , et montoit un cheval blanc bardé de la même
couleur.
le duc de guise. Aquilant le Noir.
La nuit a ses beautés, de même que le jour. Le noir est ma couleur, je l'ai toujours aimée; Et, si l'obscurité convient à mon amour, Elle ne s'étend pas jusqu'à ma renommée.
le comte d'akmagnac. Griffon le Blanc.
Voyez quelle candeur en moi le ciel a mis; Aussi nulle beauté ne s'en verra trompée ; Et, quand il sera temps d'aller aux ennemis, C'est où je me ferai tout blanc de mon épée.
Les ducs de Foix et de Coaslin, qui paroissoient ensuite, étoient vêtus, l'un d'incarnat avec or et argent, et l'autre de vert, blanc et argent; toute leur livrée et leurs chevaux étant dignes du reste de leur équipage.
le duc de foix. Renaud.
11 porte un nom célèbre, il est jeune, il est sage : A vous dire le vrai, c'est pour aller bien haut; Et c'est un grand bonheur que d'avoir, à son âge, La chaleur nécessaire, et le flegme qu'il faut.
LE DUC DK COASLIM. DudOU.
Trop avant dans la gloire on ne peut s'engager. J'aurai vaincu sept rois, et, par mon grand courage. Les verrai tous soumis au pouvoir de Roger, Que je ne serai pas content de mon ouvrage.
Après eux marchoient le comte du Lude et le prince de Marsillac; le premier vêtu d'incarnat et blanc; et l'autre, de jaune, blanc et noir, enrichis de broderie d'argent; leur livrée de même, et fort bien montés.
PRE M I i: RE JOURN fcK. 229
î.K comte do i.i de. Astolphê.
De tous les paladins qui sont dans l'univers , Aucun n'a pour l'amour l'âme plus échauffée; Entreprenant toujours mille projets divers, Et toujours enchanté par quelque jeune fée.
i i PRINCE i>k HARSILLAC. Hnuidimnrl .
Mes vœux seront contents, nies souhaits accomplis, Et ma bonne fortune à son comble arrivée, Quand vous saurez mon zèle, aimable Fleur-de-lys, \u milieu de mon cœur profondément gravée.1
I.fs marquis de Villequier et de Soyecourt marchoient ensuite. L'un portoit le bleu et argent; et l'autre, le bleu, blanc et noir, avec or et argent : leurs plumes et les harnois de leurs chevaux étoient de la même couleur et, d'une pareille richesse.
LE MARQUIS DE VILLEQUIER. Bickdrclet.
Personne, comme moi, n'est sorti galamment
D'une intrigue où, sans doute, il falloit quelque adresse;
Personne, à mon avis, plus agréablement
N'est demeuré fidèle en trompant sa maîtresse.
le marquis de sovECoi rt. Olivier.
Voici l'bonneur du siècle, auprès de qui nous sommes, Et même les géants, de médiocres hommes, Et ce franc chevalier, à tout venant tout prêt, Toujours pour quelque joute a la lance en arrêt.
Les marquis d'Humières et de La Vallière les suivoient. Le premier, portant la couleur de chair et argent; et l'autre, le gris de lin. blanc et argent; toute leur livrée étant la plus riche et la mieux assortie du monde.
le marquis d'homières. Ârioclant.
Je tremble dans l'accès de l'amoureuse fièvre : Ailleurs, sans vanité, je ne tremblai jamais.
1. Pour les amours de Brandimart et de I-'leur-de-Lys, voyez surtout le chant xxxi du poëme de l'Arioste.
Et ce charmant objet, l'adorable Genèvre, Est l'unique vainqueur à qui je me soumets.
LE MARQUIS DF. LA VALU ÈRE. Zei'bin.
Quelque beaux sentiments que la gloire nous donne. Quand on est amoureux au souverain degré, Mourir entre les bras d'une belle personne Est de toutes les morts la plus douce à mon gré.
M. le Duc1 marchoit seul, portant pour sa livrée la couleur de feu, blanc et argent. Un grand nombre de diamants étoient attachés sur la magnifique broderie dont sa cuirasse et son bas de saie étoient couverts; son casque et le harnois de son cheval en étant aussi enrichis.*
monsieur le duc. Roland.2
Roland fera bien loin son grand nom retentir; La gloire deviendra sa fidèle compagne.
Il est sorti d'un sang qui brûle de sortir, Quand il est question de se mettre en campagne ;
Et, pour ne vous en point mentir,
C'est le pur sang de Charlemagne.
Un char de dix-huit pieds de haut, de vingt-quatre de long et de quinze de large paroissoit ensuite, éclatant d'or et de diverses couleurs. Il représentoit celui d'Apollon, en l'honneur duquel se célébroient autrefois les jeux Pythiens, que ces chevaliers s'étoient proposé d'imiter en leur course et en leur équipage. Cette divinité, brillante de lumière, étoit assise au plus haut du char, ayant à ses pieds les quatre Ages ou Siècles, distingués par de riches habits et par ce qu'ils portoient à la main.
Le Siècle d'or, orné de ce précieux métal , était encore paré de diverses fleurs, qui faisoient un des principaux ornements de cet heureux âge.
* Var. En étant enrichis. ( 1682.)