LA PRINCESSE, EURYALE, UBATE, MORON
IIORON, allant au devant d'Euiyale, et lui parlant bas.
Seigneur, je vous donne a\ is que tout va bien. La princesse souhaite que vous l'abordiez; mais songez bien à continuer voire rôle; et, de peur de l'oublier, ne soyez pas longtemps avec elle.
Vous êtes bien solitaire, seigneur; et c'est une humeur bien extraordinaire que la vôtre, de renoncer ainsi à notre sexe, et de fuir, à votre âge, cette galanterie dont se piquent ions vos pareils.
EURYALE
Cette humeur, madame, n'est pas si extraordinaire qu'on n'en trouvât des exemples sans aller loin d'ici, et vous ne sauriez condamner la résolution que j'ai prise de n'aimer jamais rien, sans condamner aussi vos sentiments.
Il \ a grande différence; et ce qui sied bien à un sexe ne sied pas bien à l'autre. Il est beau qu'une femme soit insensible, et conserve son cœur exempt des flammes de l'amour; mais ce qui est vertu en elle, devient un crime dans un homme; et, comme la beauté est le partage de notre sexe, vous ne sauriez ne nous point aimer, sans nous dérober les hommages qui nous sont dus, et commettre une offense dont nous devons toutes nous ressentir.