‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 179 sur 342 · I. DR Y A LE · texte numérisé non relu

I. DR Y A LE

Je ne vois pas. madame, que celles qui ne veulent point aimer doivent prendre aucun intérêt à ces sortes d'offenses.

Ce n'est pas une raison, seigneur; et, sans vouloir aimer, on est toujours bien aise d'être aimée.

EURYALE

Pour moi, je ne suis pas de même; et, dans le dessein où je suis de ne rien aimer, je serois fâché d'être aimé.

Et la raison ?

EURYALE

C'est qu'on a obligation à ceux qui nous aiment, et que je serois fâché d'être ingrat.

Si bien donc que, pour fuir l'ingratitude, vous aimeriez qui vous aimeroit?

EURYALE

Moi, madame? Point du tout. Je dis bien que je serois fâché d'être ingrat; mais je me résoudrois plutôt de l'être que d'aimer.

Telle personne vous aimeroit peut-être, que votre cœur...

EURYALE

Non, madame. Rien n'est capable de toucher mon cœur. Ma liberté est la seule maîtresse à qui je consacre mes vœux; * et, quand le ciel emploieroit ses soins à composer une beauté parfaite, quand il emploieroit en elle*

* Var. Quand il assembleroit en elle (1673.)

1. « Carlos. Moi aussi, madame, j'ai en ces lieux la dame de mes pensées.

« Diana. Quelle dame?

« Carlos. Ma liberté. C'est elle dont je m'occupe avec amour. »

A Cil-: lll, SC EN B IV. 21)1

tous les dons les plus merveilleux et du corps et de l'âme, enfin quand il exposeroil à mes yeux un miracle d'esprit, d'adresse e1 de beauté, el que cette personne m'aimeroit avec toutes les tendresses imaginables, je vous l'avoue franchement . je ne l'aimerois pas.

LA PRl \ CE S SE , à part.

\-l-on jamais rien vu de tel?

U0R0N, à la princesse.

Peste soif du petil brutal! J'aurois bien envie de lui bailler un cou|) de poing.

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