‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 299 sur 342 · Ce sont les · texte numérisé non relu

Ce sont les

paroles du sieur de Rochemont qui sont ici répétées.

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ce religieux monarque le perdroienl saib ressource ou l'anéantiroienl bientôt, s'il est permis de parler ainsi. Bon Dieul que seroil Molière contre tant de puissances? Et qui pourroit lui servir de refuge, s'il n'en trouvoit, comme il fait, dans son innocence?

je ne sais pus. monsieur, si je m'en tiendrai là, ci si, après avoir mis la main à la plume, je pourrai m'empêcher de combattre quelques endroits dont je crois ne vous avoir pas assez parlé dan- ma lettre. Vous prendrez, si vous voulez, ceci pour une seconde ou pour une continuation d • la première : cela m'embarrasse peu ci n ■ m'empêche point de poursuivre.

jervateur de la pièc i dont je vous entretiens dit qu'avant que t'en monsieur le cardinal de Richelieu eût purgé le théâtre, la comédie étoii coquette et lib srtine, et que .Molière a lait pis, puisque sou- le voile de l'hypocrisie il a caché ses « obscénités » . Quand cela seroit, bien que je n'en demeure pas ;ord avec lui. («1111111" vous verrez par la suite, Molière n'en doit pas être blâmé. Si Ja comédie, comme il dit, étoit libertine, si elle écoutoit tout indifféremment et disoit de même tout ce qui lui venoit à la bouche, si son air étoit lascif et ses gestes dissolus, Molière u'a pas l'ait pis, puisqu'il a caché ses obscéûités ci ses maie--: et notre critique s'abuse grossièrement ou il.- dii pas ce (pi'il veut dire, lorsqu'il fait passer le bien pour le mal.

L'on "-t. en vérité, bien embarrassé, lorsque l'on veut répondre â qui se mêlent de parler de choses qu'ils ne connoissenl point. Gomme il- ne savent pas eux-mêmes ce qu'ils veulent dire, on a de la peine à le deviner, et plus encore à \ adre, puisqu'on ne peut (pi'', difficilement repartir à des choses confuses et qui n»- signifient rien , n'étant pas dites dans 1.'- formes. L'on devroit, avant que répondre à ces gens-là, leur enseigner ce que c'est ou ■ les ouvrages qu'ils veulent reprendre; et l'on devroit par cette même raison apprendre à l'auteur de ces vations ce que c'esl 'pi" le théâtre, avant que lui faire aucune réplique. \ l'entendre parler de Don Juan, presque à chaque page de -on livre, il voudroit que Ton ne vît que des vertueux -m- le théâtre. Il fait voir, en parlant ainsi, qu'il ignore qu'une d"- principales 1 la comédie est de récompenser la 11 1 32

vertu et de punir le vice, pour en faire concevoir de l'horreur, et que c'est ce qui rend la comédie profitable. On peut voir par là que les plus sévères souffrent les vices, puisqu'ils ordonnent de les punir, et que Don Juan doit être plutôt souffert qu'un autre, puisque son crime est puni avec plus de rigueur, et que son exemple peut jeter beaucoup de crainte dans l'esprit de ses semblables. Notre critique ne nie toutefois pas que l'on doit punir le vice ; mais il veut qu'il n'y en ait point. Pour moi, je ne vois pas où doit tomber le châtiment: je prie Dieu que ce ne soit point sur les hypocrites !

L'auteur des Observations de la comédie que je défends a cru sans doute qu'il suffiroit, pour nuire à Molière, de dire beaucoup de choses contre lui, et qu'il devoit indifféremment attaquer tous les acteurs de sa pièce. C'est dans cette pensée qu'il l'accuse d'habiller la comédie en religieuse. Mais qui considérera bien tout ce que dit à Don Juan cette amante délaissée ne pourra s'empêcher de louer Molière. Elle se repent de sa faute; elle fait tout ce qu'elle peut pour obliger Don Juan à se convertir; elle ne paroît point sur le théâtre en pécheresse, mais en Madeleine pénitente. C'est pourquoi l'on ne peut la blâmer sans montrer trop d'animosité et faire voir que, de dessein prémédité, l'on reprend dans le Festin de Pierre ce que l'on y doit approuver. Cet Observateur ne se contente pas d'attaquer le vice , bien qu'on le permette à la comédie pourvu qu'il soit puni ; il attaque encore la vertu. Tout le choque, tout lui déplaît, tout est criminel auprès de lui. Je crois bien que cette pauvre amante n'a pas été exempte du péché; mais qui en a été exempt? Tous les hommes ne retombent-ils pas tous les jours dans la plupart de leurs fautes? Tout cela n'adoucit point la sévérité de notre censeur. Comme il attaque Molière dans tous les personnages de sa pièce, il ne veut pardonner à aucun; il leur demande des choses impossibles ; et voudroit que cette pauvre fille fût aussi innocente que le jour qu'elle vint au monde. Je crois, toutefois, qu'il y trouveroit encore quelque chose à redire, puisqu'il condamne la paysanne. Il ne peut pas même souffrir ses révérences. Cependant cette paysanne, pour être simple et civile, ne se laisse point surprendre. Elle se défend fortement et dit à Don Juan « qu'il faut se défier des beaux monsieux. » On l'accuse néanmoins, bien

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qu'elle soit innocente, pour ce que c'est .Molière qui l'a fait paraître sur la scène; et l'on n'en a pas autrefois condamné d'autres qui dans le même Festin de Pierre ' ont, ou de fore*' ou de gré, perdu si visiblement leur honneur qu'il est impossible à l'auditeur d'en douter. Juges après cela si la passion ne fait poinl parler contre Molière, el si on l'attaque par un véritable esprit de charité ou pour ce qu'il a fail le Tartufle.

Ce critique, peut-être trop intéressé, et dont l'esprit va droit au mal, puisqu'il en trouve dans des choses où il u'y en a point de formel, ajoute que la comédie « est quelquefois, chez Molière, une Innocente qui tourne, par des équivoques étudiés, l'esprit à de sales pensées. » C'est une chose, dont on ne peut demeurer d'accord, à moins que d'avoir été dans la tête de l'auteur du Festin de /'/erre, lorsqu'il a composé les endroits que notre censeur condamne; car autrement personne ne peut assurer que Molière ait eu cette pensée. Quoi qu'il en soit, on ne peut l'accuser «pie d'avoir pensé, ce qui n'est aucunement permis, et ce qu'on ne peut sans injustice, puisque c'est assurer une chose que Ton ne sait pas. Si ce commentateur voyoit que l'endroit dont il parle put tourner l'esprit à de sales pensées, il le devoit passer sous silence et n'en devoit point avertir tout le monde, pour n'y pas faire songer ceux qui n",\ pensoient point. Ce zèle est indiscret et ce commentaire est plus méchant que la comédie, puisque le mal est dedans et qu'il n'est pas dans la pièce.

Vprès avoir parlé de la paysanne, des équivoques qui tournent l'esprit à de sales pensées el d'autres choses de cette nature, le défenseur des tartufles tâche à prouver par tout cela que Molière est un athée. Voyez un peu quel heureux raisonnement! quel zèle et quelle profondeur d'esprit ! Ah! que cet Observateur sait bien marquer h-s endroits qui font connoître les athées! Il n'est rien de plus juste que ce qu'il avance. Quoi! Molière formera des co.picu.^: Quoi! il mettra des équivoques qui tourneront l'esprit àde -ah-- pensées, et Ton ne l'appellera pas athée? Il faudrait bien avoir perdu le jugement pour ne lui pas donner ce nom, puisque c'est là justement ce qui fait un athée! .l'avoue, sans être tartufle, que ce raisonnement me fait trembler pour mon

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