ACTE III, SCÈN E VI. ou
CLIT ANDRE
N'en doutez point, madame. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je vous aime, el que je brûle de me voir votre mari. Je ne suis venu ici que pour cela; et, si vous voulez que je \ous dise nettement les choses comme elles sont, cet habit n'est (|trnii pur prétexte inventé, et je n'ai l'ait le médecin que pour m'approcher de vous, et obtenir [plus facilement] ce que je souhaite.
Il GIN DE.
C'est me donner des marques d'un amour bien tendre, et j'y suis sensible autant que je puis.
SGANARELLE, à part.
Oh la folle ! oh la folle ! oh la folle !
LDCINDE.
Vous voulez donc bien, mon père, me donner monsieur pour époux ?
Oui. Çà, donne-moi ta main. Donnez-moi un peu aussi la votre, pour voir.
CLITANDRE
Mais, monsieur...
5G \\ARELLE, «'étouffant de rire.
Non, non, c'est pour... pour lui contenter l'esprit. Touchez là. Voilà qui est fait.
CLITANDRE
Acceptez, pour gage de ma foi, cet anneau que je vous donne. Bas, à sganareiie.) C'est un anneau constellé, qui guérit les égarements d'esprit.
LUCINDE
Faisons donc le contrat, afin que rien n'y manque.
CLITANDRE
Hélas! je I'1 VeUX bien, madame. (Bas, à Sganatelle.) Je
vais faire monter l'homme qui écrit mes remèdes, et lui faire croire que c'est un notaire.1
SGANARELLE
Fort bien.
CL1TANDRE.
Holà! faites monter le notaire que j'ai amené avec moi.
LUCINDE
Quoi ! vous aviez amené un notaire ?
CLITANDRE
Oui, madame,
LUCINDE
J'en suis ravie.
SGANARELLE
Oh la folle ! oh la folle !