‹ Œuvres compláetes (volume 3)Chapitre 118 sur 226 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Cause de la trop grande inégalité des fortunes des citoyens.

Dans les pays libres et gouvernés par des lois sages, nul homme sans doute n'a le pouvoir d'appauvrir sa nation pour enrichir quelques particuliers. Cependant tous les citoyens n'y jouissent pas de la même fortune. La réunion des richesses s'y fait plus lentement; mais enfin elle s'y fait.

Il faut bien que le plus industrieux gagne plus, que le plus ménager épargne davantage , et qu'avec des richesses déjà acquises, il en acquière de nouvelles. D'ailleurs, il est des héritiers qui recueillent de grandes successions : il est des négocians qui, mettant de gros

■fe sur leurs vaisseaux, font de gros gains; parce r toute espèce de commerce , c'est l'argent qui attire l'argent. Son inégale distribution est donc une suite nécessaire de son introduction dans un état (1).

(1) Dans un pays libre , la réunion des richesses nationales en un certain nombre de mains se fait lentement : c'est l'œuvre des siècles ; mais à mesure qu'elle se fait, le gouvernement tend au pouvoir arbitraire , par conséquent à sa dissolution.

L'état de république est l'âge viril d'un empire 5 le despotisme en est la vieillesse. Les riches ont-ils soudoyé une partie de la nation : avec cette partie ils soumettent l'autre au despotisme aristocratique ou monarchique. Propose-t-on quelques lois nouvelles dans cet empire : toutes sont en faveur des riches et des grands , aucune en faveur du peuple. L'esprit de législation se corrompt, et sa corruption annonce la chute de l'état.

3y2 DE l/lIOMME.

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