‹ Œuvres compláetes (volume 3)Chapitre 147 sur 226 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De V acquisition plus ou moins difficile des plaisirs , selon le gouvernement oh Von 'vit , et le poste quon y occupe.

J e prends encore le plaisir des femmes pour exemple. En Angleterre, l'amour n'est point une occupation; c'est un plaisir. Un grand, un riche, occupé dans la chambre haute ou basse des affaires publiques , ou chez lui de son commerce, traite légèrement l'amour. Ses lettres ou ses envois expédiés, il monte chez une jolie fille jouir et non soupirer. Quel rôle jouerait à

Londres un Sigisbéc? à peu près le même qu'il eût joue à Sparte ou dans l'ancienne Rome.

Qu'en France même un ministre ait des femmes, on le trouve bon ; mais qu'il perde son temps auprès d'elles, on s'en moque. On veut bien qu'il jouisse, non qu'il soupire. Les dames sont donc priées de se prêter avec égard à la triste situation du ministre , et d'être pour lui moins difficiles.

Peut-être n'a-t-on rien à leur reprocher sur ce point. Elles sont assez patriotes pour lui épargner jusqu'à l'ennui de la déclaration , et sentent que c'est toujours sur le degré du désœuvrement d'un amant , qu'elles doivent mesurer leur résistance.

Page 1