‹ Œuvres compláetes (volume 3)Chapitre 2 sur 226 · DE SON ÉDUCATION · texte numérisé non relu

DE SON ÉDUCATION

Des points de vue divers sous lesquels on peut considérer l homme : de ce que peut sur lui l'éducation.

Lia science de l'homme, prise dans toute son étendue, est immense; son étude longue et pénible. L'homme est un modèle exposé à la vue des différens artistes : chacun en considère quelques faces, aucun n'en a fait le tour.

Le peintre et le musicien connaissent l'homme , mais relativement à l'effet des couleurs et des sons sur les yeux et sur les oreilles.

Corneille, Racine et Voltaire l'étudient : mais relativement aux impressions qu'excitent en lui ]es actions de grandeur, de tendresse, de pitié, de fureur, etc.

Les Molière et les La Fontaine ont considéré les hommes sous d'autres points de vue.

Dans l'étude que le philosophe en fait, son objet est leur bonheur. Ce bonheur est dépendant, et des lois sous lesquelles ils vivent , et des instructions qu'ils reçoivent.

La perfection de ces lois et de ces instructions suppose la connaissance préliminaire du cœur, de l'esprit Tome IL i

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humain , de leurs diverses opérations , enfin des obstacles qui s'opposent aux progrès des sciences , de la morale, de la politique et de l'éducation.

Sans cette connaissance , quels moyens de rendre les hommes meilleurs et plus heureux! Le philosophe doit donc s élever jusqu'au principe simple et productif de leurs facultés intellectuelles et de leurs passions, ce principe seul qui peut lui révéler le degré de perfection auquel peuvent se porter leurs lois et leurs instructions, et lui découvrir quelle est sur eux la puissance de l'éducation.

Dans l'homme , j'ai regardé l'esprit , la vertu et le génie comme le produit de l'instruction. Cette idée, présentée dans le livre de V Esprit, me paraît toujours vraie : mais peut-être n'est-elle pas assez prouvée. On est convenu avec moi que l'éducation avait sur le génie, sur le caractère des hommes et des peuples, plus d'influence qu'on ne l'avait cru; c'est tout ce qu'on m'a accordé.

L'examen de cette opinion sera le premier de cet ouvrage. Pour élever l'homme, l'instruire, et le rendre heureux , il faut savoir de quelle instruction et de quel bonheur il est susceptible.

Avant d'entrer en matière , je dirai un mot,

i°. De l'importance de cette question ;

2°. De la fausse science, à laquelle on donne encore le nom $ éducation $

3°. De la sécheresse du sujet , et de la difficulté dc le traiter.

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