‹ Œuvres compláetes (volume 3)Chapitre 71 sur 226 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De la justice.

JLa justice est la conservatrice de la vie , de la liberté des citoyens. Chacun veut jouir de ses diverses propriétés. Chacun aime donc la justice dans les autres , et veut qu'ils soient justes à son égard. Mais qui lui ferait désirer de l'être à l'égard des autres? Aime-t-on la justice pour la justice même , ou pour la considération qu'elle procure ?

(i) Les citoyens auxquels on doit le plus de respect , sont d'abord ces généraux et ces ministres habiles dont la valeur ou la sagesse assure ou la grandeur ou la félicité des empires ; mais après ces chefs de guerre ou de justice , quels citoyens sont les plus utiles ? ceux qui perfectionnent les arts et les sciences , dont les découvertes utiles et agréables , ou fournissent aux besoins de l'homme., ou l'arrachent à ses ennuis. Pourquoi donc marquer plus de considération à l'homme riche , à l'homme en faveur , qu'au grand, géomètre , au. grand poète et au grand philosophe ? c'est que notre premier respect est pour un pouvoir à la possession duquel nous joignons toujours l'idée de honneur et de plaisir.

L'homme s'ignore si souvent lui-même ; on aperçoit tant de contradiction entre sa conduite et ses discours (i), que, pour ]e connaître, c'est dans ses actions et dans sa nature même qu'il le faut étudier.

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