‹ Œuvres compláetesChapitre 19 sur 45 · SUR L'I^'ÉGALITÉ DES RICHESSES. 24 I · texte numérisé non relu

SUR L'I^'ÉGALITÉ DES RICHESSES. 24 I

rope , jalouse de la gloire de son bienfaiteur , formait des complots contre lui. Tous les peuples prêtaient l'oreille et attendaient les circonstances pour prendre parti. Déjà la meilleure partie de l'Europe était en armes, ses plus belles provinces ravagées ; la mort avait détruit en un moment les armées les plus redoutables ; triomphantes sous leurs ruines , elles renaissaient de leurs cendres ; de nouveaux soldats se rangeaient en foule sous nos drapeaux victorieux : nous attendions tout de leur nombre , de leur chef '

personnelles , il fiu.bientôt dépouille de ce (jii'il avait conquis, et ce ne fut que parle secours du roi de Prusse, qu'il put rentrer dans ses États héréditaires, à Munich, oii il mourut le 20 janvier 17:{5, dans la quarante-huitième année de son âge. On trouva, dit-on, ses poumons, son foie et son estomac gangrenés, des pierres dans ses reins , et un polype dans son cœur. F.

Au mois de janvier 1745, pendant lequel mourut Charles VII, un traité d'Union fut conclu h Varsovie entre la reine de Hongrie, le roi d'Angleterre et la Hollande. L'ambassadeur des Etats-Généraux ayant rencontré le maréchal de '\^1.e dans la galerie de Versailles, lui demand

et de leur courage. Espérance fallacieuse ! Ce spectacle nous imposait. Celui pour qui nous avions entrepris de si grandes choses touchait à son terme ; la mort invisible assiégait son trône ; la terre l'appelle à son centre. Il descend aux sombres demeures où la mort égale à jamais le pauvre et le riche , le faible et le fort, le prudent et le téméraire. Ses braves soldats , qui avaient perdu le jour sous ses enseignes , l'environnent saisis de crainte ; O sage empereur , est-ce vous ? Nous avons combattu jusqu^au dernier soupir pour votre gloire. Nous aurions donné mille vies pour rendre vos jours plus tranquilles. Quoi ! sitôt vous nous rejoignez;

ce qu'il pensait de ce traite'. Je pense ^ repondit ce gênerai , que si le roi mon maître veut me donner carte-blanche , pirai lire a la Haye Voriginal du traité auant la fin de Vannée. Cette réponse n'était point une rodomontade. Le mare'chal de Saxe le prouva en gagnant la bataille de Fontenoi lé ii mai i745, peu de temps après Touverture de la campagne. Mais Charles VII , pour qui l'on combattait, était déjà mort. Cependant la paix ne fut conclue que plus de trois ans après cette mort , le 18 octobre 1748. F.

SUR l'l\égalité des richesses. 243 quoi ! la mort a osé interrompre vos vastes desseins. Ah ! c'est maintenant que le sens des paroles de mon texte achève de se découvrir. Le pauvre et le riche se sont rencontrés , le sujet et le souverain : mais ces distinctions de souverain et de sujet avaient disparu, et ce n'était' plus que des noms. O néant des grandeurs humaines ! ô fragilité de la vie ! Sont-ce là les vains avantages sur lesquels , toujours prévenus , nous nous consumons de travaux ^ ? Sont-ce là les objets de nos empressements , de nos jalousies , de nos murmures audacieux contre la Providence ? Dès que nos désirs injustes trouvent des obstacles ; dès que notre ambition insatiable n'est pas assouvie ; dès que nous souffrons quelque chose par les maladies , juste suite de nos excès ; dès que nos espérances ridicules sont trompées ; dès que notre orgueil est blessé , nous osons accuser de tous ces maux , vrais ou imaginaires , cette Pro-

' La première édition dit étaient. B, Sont-ce la les vains avantages , etc. Cette phrase est incorrecte. Il faut pour lesquels, ou tourner la phrase autrement. S.

vidence adorable de qui nous tenons tous nos biens. Que dis-je , accuser? combien d'hommes , par un aveuglement qui fait horreur , portent Fimpiété et Faudace jusqu'à nier son existence ! La terre et les cieux la confessent ; Funivers en porte partout Fauguste marque. Mais ces caractères , ces grands témoignages ne peuvent toucher leur esprit. Inutilement retentit à leurs oreilles la merveille des œuvres de Dieu ; Fordre permanent des saisons , principe fécond des richesses qu'enfante la terre ; les nuits succédant réguhèrement aux jours , pour inviter Fhomme au repos ; les astres parcourant les cieux dans un effroyable silence , sans s'embarrasser dans leur cours ; tant de corps si puissants et si impétueux enchaînés sous la même loi ; Funivers éternellement assujéti à la même règle ; ce spectacle échappe à leurs yeux malades et préoccupés. Aussi n'est-ce pas par sa pompe que je combattrai leurs erreurs : je veux les convaincre par ce qui se passe sur cette même terre qui enchante leurs sens , où se bornent toutes leurs pensées et tous leurs désirs. Je leur présenterai

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les merveilles sensibles qu'ils idolâtrent ; tous les hommes , tous les étals , tous les arts enchaînés les uns aux autres , et concourant «gaiement au maintien de la société; la justice manifeste de Dieu dans sa conduite impénétrable ; le pauvre soulagé , sans le savoir , par la privation des biens même qu'il regrette ; le riche agité , traversé , désespéré dans la possession des trésors qu'il accumule , puni de son orgueil par son orgueil , châtié du mauvais usage des richesses par l'abus même qu'il en ose faire ; le pauvre et le riche également mécontents de leur €tat , et par conséquent également injustes et aveuglas , car ils portent envie l'un à l'autre ^ et se croient réciproquement heureux ; le pauvre et le riche forcés par leur propre condition de s'entr'aider , malgré la jalousie des uns et l'orgueil injurieux des autres ; le pauvre et le riche égalés enfin par la mort et par les jugements de Dieu.

S'il est des misères sur la terre qui méritent d'être excepj:ées , parce qu'elles parais-

' Car ils portent enuie l'un h l'autre. Il faut ils se portent envie l'un a Vautre. S.

^Ifi DISCOURS

sent sans compensation , prouvent-elles Tinjustice de la Providence, qui donne si libéralement aux riches les moyens de les soulager, ou Tendurcisscment de ceux-là même qui s'en font un titre contre elle ? Grands du monde ! quel est ce luxe qui vous suit et vous environne ? quelle est cette somptuosité qui règne dans vos bâtiments et dans vos repas licencieux? Quelle profusion , quelle audace, quel faste insensé! Cependant le pauvre, affamé , nu , malade , accablé d'injures , repose à la porte des temples où veille le Dieu des vengeances. Cet homiifle , qui a une ame comme vous , qui a un même Dieu avec vous, même culte , même patrie , et sans doute plus de vertu , il languit à vos yeux, couvert d'opprobres ; la douleur et la faim intolérable abrègent ses jours ; les maux qui l'ont environné dès son enfance , le précipitent au tombeau à la fleur de sa vie. O douleur ! 6 ignominie ! 6 renversement de la nature corrompue! Rejetterons -nous sur la Providence ces scandales que nous sommes inutilement chargés de réparer et que la Providence venge si rigoureusement après la vie?

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