DISCOURS SUR LA LIBERTÉ
l'expérience justifient la foi qui les admet. C'est ce que M. de Voltaire a parfaitement bien exprimé dans ces beaux vers :
Sur un autel de fer, un livre inexplicable Contient de l'avenir l'histoire irrévocaLle, La main de TÉternel y marqua nos désirs , Et nos chagrins cruels, et nos faibles plaisirs. On voit la liberté', cette esclave si fîère , Par d'invincibles noeuds en ces lieux prisonnière. Sous un joug inconnu, que rien ne peut briser. Dieu sait l'assuje'tir, sans la tyranniser ; A ses suprêmes lois, d'autant mieux attache'e Que sa chaîne à ses yeux pour jamais est cachée ; Qu'en obe'issant même elle agit par son choix , Et souvent au destin pense donner des lois.
Henri ADE, Chant VU, t^. 285— 96.
J'annerais mieux avoir fait ces douze vers que le long chapitre de la puissance de M. Locke. C'est le propre des philosophes qui ne sont que philosophes , de dire quelquefois obscurément en un volume , ce que la poésie et l'éloquence peignent beaucoup mieux d'un seul trait.
Fail a Besancon , au mois de juillet 1 73; .