‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 134 sur 208 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

R. — Oui, car il y est vivant, et par conséquent son âme y est.

D. — Sa Divinité y est-elle aussi ? d R. — Oui, car elle n'est jamais séparée de l’huma- … nité.

— D. — Le Père et le Saint-Esprit y sont-ils ? | R. — Oui, car partout où est le Fils, le Père et le Saint- F4 Esprit y sont aussi.

D. — Tout le Paradis est donc renfermé dans le Saint-

. Sacrement ?

R. — Ilest vrai.

D. — Quoi, ceux qui communient réçoivent-ils en eux le Paradis ? «+

R. — Oui, et s'ils communient dignement, ils sont … changés en un paradis.

D. — Quand les laïques communient, en recoivent-ils autant comme les prêtres 2?

R. — Oui, carils reçoivent le Corps et le a de Jé- - sus-Christ tout entier, aussi bien que les prêtres. D. — Voyez-vous bien des yeux corporels le Corps de « Notre-Seigneur en la sainte Hostie ?

R. — Non; car, outre que nous ne sommes pas dignes de le voir en ce monde, il n'y est pas en une façon sensible et corporelle:

D. — Que voyez-vous donc ?

R. — Je vois les espèces et apparences du pain.

D. — Æst-ce donc encore du pain ?

R. — Non,iln'y a plus que la ressemblance oules es-

- pèces du pain.

D.r— Qu'est-ce que les espèces du pain ?

R. — C'est la blancheur, la rondeur et les autres ac- . cidents du pain, qui y sont encore.

D. — Pourquoi Notre-Seigneur veut-il être caché sous ces espèces ou apparences du pain ?

R. — Parce que, s’il paraissait visiblement, personne n’oserait ni ne pourrait s'approcher de lui, non pas même

le regarder, à cause de sa clarté qui est AE plus grande que le soleil.

D. — C’est donc sa bonté qui l'a obligé à voiler sa gran-« deur et sa majesté sous la petitesse des espèces du pain? R. — Oui, afin que nous nous en approchions Le facilement.

D. -— Quand on rompt l'hostie, rompt-on le Corps de Notre-Seigneur ?

R. — Non; car, étant immortel, il ne peut pas étre rompu, non plus que, si on me rompait ou coupait un bras, on ne romprait et on ne couperait pas l’âme qui,

est dans ce bras. :

D. — Est-il tout entier en toutes les hosties, grandes et à petites, el en chaque partie de l'hostie? 4 R. — Oui, comme l'âme est tout entière en chaque … partie du corps. | D. — Si on rompait une hostie en cent pièces, le Corps de Notre-Seigneur serait-il tout entier en chaque pièce ? — Oui.

D. — Donnez-moi une comparaison pour me faire entendre cela. | R. — Regardez-vous dans un miroir : votre visage y

est tout entier. Rompez le miroir en cent pièces, vous verrez encore votre visage tout entier en chaque pièce. Ainsi, prenez une hostie consacrée, le précieux Corps de Jésus-Christ y est tout entier ;rompez-laendix, en vingt: en cent morceaux, il sera encore tout entier en chaque morceau.

D. — Peut-on dire que le Fils de Dieu soit assis ou de-w bout en la sainte Hostie ? .

R. — Non, car il n'y à non plus de situation que. l’âme dans le corps. :

D. — Ce qu'on donne en quelques endroils dans un verre où dans une coupe, après la sainte Communion, est- « ce le Sang de Notre-Seigneur ?

R. — Point du tout, car il n’est pas consacré.

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