‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 172 sur 208 · CHAPITRE VINGT-ET-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-ET-UNIÈME

D. — Quelle est la septième cause ?

R. — Cest que plusieurs, étast accordés ou fiancés, s'imaginent qu'il leur est permis de vivre comme sils étaient mariés ; à raison de quoi ils commettent beaucoup de péchés qui attirent par après la malédiction de Dieu sur leur mariage.

D. — Quelle est la huitième cause ?

R. — C'est quil y en a plusieurs qui reçoivent ce sacrement en péché mortel, ne s'étant pas bien confessés auparavant ; et ainsi ils sont privés de la grâce et bénédiction qu il doit conférer.

: D. — Quelle est la neuvième cause ?

R. — Cest quand la fidélité mutueile est violée, ce qui est ua très grand crime et la source d’une infinité de maux.

D. — Quelle est la dixième cause ?

R. — Cest quand la sainteté du mariage est profanée

par ceux, qui n'en usent que pour assouvir leur passion et brutalité, sicut equus el mulus « comme des bêtes », ainsi que dit l'Ange au jeune Tobie', ou comme des hommes qui n'ont point de connaissance de Dieu, ainsi que dit saint Paul*, se persuadant faussement qu'étant mariés, il leur est permis de se vantrer comme des pourceaux en toutes sortes de saletés et d'infamies : ce qui est cause de plusieurs chäliments de Dieu sur eux.»

D. — Quelle est l'onzième cause ?

R. — Cest quand la paix et dileclion mutuelle est éleinte par les aversions, haines, discordes, jalousies, injures, crieries, malédictions, imprécations el mauvais traitements les uns au regard des autres; car alors c'est un enfer et un commeng ‘ment de damnation, sion n'y remédie

D. — Quelle est la douzième cause ?

R. — C'est quand les affections mutuelles passent les bornes qui les doivent limiter, et qu'elles sont tellement

DTob CNE 17.

2 « Non in passione desiderii, sicut et gentes quæ ignorant Deum ». Thess. 1V., 5.

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déréglées que le mari ne se soucie point d'offenser Dieu pour plaire à sa femme, ainsi que fit le premier homme ; et la femme ne fait point d'état de préférer les inclinations de son mari aux volontés de Dieu.

D. — Quelle est la treizième cause ? ‘

R. — C'est lorsque, craignant d’avoir trop d'enfants, on use de moyens illicites pour empêcher d’en avoir.

D. — Quelle est la quatorzième cause ? ;

R. — C'est quand on n’a pas soin de former ses en-

fants et domestiques en la crainte et service de Dieu, et de leur enseigner à le connaître, aimer et prier, à garder ses commandements, à fréquenter comme il faut les saints Sacrements. «Si quelqu'un, dit saint Paul, n’a pas « soin des siens, spécialement de ses domestiques, il'a « renié la foi et est pire qu'un infidèle!. » À

D. — Quelle est la quinzième cause ?

R. — C'est lorsque les pères et mères s arrogent une autorité sur leurs enfants, qui n'appartient qu'à Dieu; c'est-à-dire lorsqu'ils veulent faire leur vocation, obligeant les uns à entrer dans l’état ecclésiastique ou dans la religion, qui n'y sont point appelés; et en détournant quelquefois les autres qui y sont appelés : ce qui attire. de grandes malédictions de Dieu sur les familles.

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