‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 3 sur 208 · DE L'HONNEUR DU AUX LIEUX SAINTS · texte numérisé non relu

DE L'HONNEUR DU AUX LIEUX SAINTS

I. — De l’honneur et de la vénération qui est due aux saints temples et autres lieux sacrés.

Es les privilèges et avantages signalés de la reli- 4 gion chrétienne, l’un des plus considérables c’est la dignité, la sainteté et la majesté de ses temples, qui contiennent en soi des trésors immenses et des merveilles incomparables. Plût à Dieu que les chrétiens voulussent un peu ouvrir les yeux de la foi, pour envisager la gloire, la beauté et les richesses incompréhensibles de la maison du Seigneur! Certainement ils diraient avec Jacob : Vraiment ce lieu-ici est saint, et nous ne le savions pas".

Qu'est-ce, je vous prie, qu'un temple des chrétiens ? Le voulez-vous savoir : jetez les yeux sur cet ancien et fameux temple de Salomon, et écoutez ce qu'en dit un des plus célèbres et des plus pieux auteurs de ce temps, le Révérend Père Jean-Baptiste de Saint-Jure de la Compagnie de Jésus :

« De tous les bâtiments, dit-il, tant saints que profanes, « qui ont jamais été, le plus beau, et le plus riche, et le

1 « Vere Dominus est in loco isto, et ego nesciebam. » Gen. XXVIITL, 16.

« plus magnifique a été sans controverse le très renommé « temple de Salomon. Car il avait seul plus de richesses, « plus d'ornements et de perfections, que les sept tant « fameux miracles du monde n’en avaient tous ensemble. « Il était si riche, qu’à le faire et pour l’achever, on dé- « pensa bien, selon la plus exacte supputation des « hommes savants, fondés, sur l'Écriture sainte, trois « mille millions d'or, c'est-à-dire, trente fois cent mil- « lions d'or, qui est le plus grand et le plus prodigieux « trésor qui ait encore été en l'univers. Après quoi il y « avait au moins quatre cent mille vases, comme coupes, « plats, encensoirs, tables, trompettes et autres, tous de « finor; etun million cinquante mille de pur argent. « Pour les bois et les pierres, les communes en étaient « bannies ; il n’y avait que le cèdre, le marbre, le por- « phyre, le jaspe et autres pierres de prix, qui y fussent « mises en œuvre, le tout arrangé avec un si bel ordre, « avec une proportion si exquise et avec un rapport Si & agréable des parties, que l’artifice surpassait de beau- « coup la matièref. »

Or que pensez-vous que ce fût que cet édifice incomparable ? Rien autre chose qu'une figure et une ombre de nos temples. Car saint Paul nous assure que tout le corps de la Loi mosaïque n'était qu’une figure de la Loi évangélique : Omnia in fiqura contingebant ilhis?. Si bien que et la loi, et son temple, et ses sacrifices, et ses cérémonies, et toutes les choses qui étaient dans le temple, n'étaient que les ombres de la religion chrétienne et de notre sacrifice, de nos temples et des choses admirables qui y sont contenues. Jugez donc de là quelle est la di-" gnité et la sainteté d'un temple des chrétiens. Certainement cela est indicible et incompréhensible à toute langue

! Saint-Jure : De la connaissance et de l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

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et à tout esprit. C’est une chose si noble, si précieuse et si admirable, qu'elle peut être comparée au sein divin du Père éternel, puisque le même Fils unique de Dieu, qui est demeurant de toute éternité dans le sein de son Père, est aussi résidant et reposant continuellement dans nos temples et sur nos autels il y a plus de seize cents ans, et y sera jusques à la consommation des siècles. C’est un ciel de gloire et de grandeur, ét un paradis de délices pour celui qui a dit, parlant des hommes et de son Église: Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes'. C’est ici que je veux prendre mon repos aux siècles des siècles ; c’est ici que je ferai ma demeure, d'autant que je l'ai choisie®. Aussi n'entendez-vous pas cette grande voix du ciel, qui part du trône de Dieu, et qui vous dit, parlant de chaque église chrélienne : Voilà les tabernacles de Dieu avec les hommes, etil demeurera avec eux, elils seront son peuple, et le même Dieu leur sera Dieu habitant avec eux? ? |

Ce n’est donc pas sans raison que je dis que tous nos temples sont autant de cieux et de paradis terrestres, puisque le même Dieu qui est au ciel, y est résidant actuellement et véritablement, et que tout ce qu’il y a de plus saint et de plus admirable dans le ciel et dars le paradis, 5e trouve réellement sur nos autels. Car la même foi qui nous oblige de croire que Jésus-Christ Notre-Seigneur, l'amour et les délices du ciel et de la terre, est assis dans le ciel à la dextre de son Père, environné de ses Anges, nous commande-t-elle pas aussi de l’adorer comme présent réellement et personnellement dans nos églises : là où il est accompagné de son Père et de son

! « Et deliciæ meæ esse cum filiis hominum. » Prov. VIII, 31.

2 « Hæc requies mea in sæculum sæculi : hic habito, quoniam elegi eam. » Ps. CXXXI, 14.

3« Ecce tabernaculum Dei cum hominibus, et habitabit cum eïs,

Et ipsi populus ejus erunt, et ipse Deus cum eis erit eorum Deus. » Apoc. XXI, 38.

Saint-Esprit, d'un million de milliasses de Chérubins et d’autres esprits célestes ; là où il contient en soi tout ce qu'il y à de grand, de riche, de précieux, de glorieux et d’estimable dans la divinité, el dans tous les Anges et Saints du ciel empirée.

O mon Dieu, que vos bontés sont excessives au regard des hommes, qui ont si peu d'amour pour vous ! Oh! quelle obligation nous vous avons, d'avoir ainsi fait descendre et renfermé le ciel dans la terre, et d’avoir ainsi changé la terre en un ciel! O chrétien, ouvre les yeux et regarde où tu vas, quand tu l’achemines en une église ; et lorsque tu y entres, souviens-toi que tu entres dans un ciel et dans un paradis.

Après cela, je ne m'étonne pas si les premiers chrétiens et tant de saints qui se conduisaient non selon les sens comme des bêtes, mais selon la foi comme fidèles, ont eu tant de respect et de vénération pour les lieux saints.

Je ne m'étonne pas si l’empereur Constantin voulut être enterré devant le portail du temple de saint Pierre et saint Paul, qu'il avait fait bâtir en la ville de Constantinople, par honneur et par respect à la maison de Dieu. À raison de quoi saint Chrysostome dit, qu'au lieu que les grands de ce monde tiennent à grande gloire d'être les gardes et les portiers des palais des empereurs, les empereurs se tiennent bien honorés d'être les portiers et les gardes de la maison des pêcheurs qui ont suivi Jésus-Christ, le Roi des rois et le souverain monarque de l'univers.

Je ne m'élonne pas de ce qu'on écrit de l'empereur Théodose, qu'il respectait tellement les lieux saints, que

4 « Nam et hic (Constantinopoli) quoque Constantinum Magnum filius ita demum ingenti honore se affecturum existimawvit, si eum in piscatoris vestibulo conderet : quodque imperatoribus sunt in aulis janitores, hoc in sepulchro piscatoribus sunt imperatores. » S. Joan. Chrys. in epist. II ad Cor. hom. XXVI.

jamais il n’y entrait avec son diadème, ou avec des armes, laissant tout cela au portail!.

Je ne m'étonne pas qu'anciennement, ni les princes, ni les rois, ni les empereurs n'entraient jamais dans le chœur de l'église, que pour y venir à l’offrande. Témoin ce qui arriva au susdit empereur Théodose, comme ilest écrit en la vie de saint Ambroise, que pendant qu'il était à Milan, étant entré dans le chœur pour y venir à l’offrande, et ensuite s’y étant arrété pour y entendre le reste de la messe, parce que personne ne l'avait encore instruit en cette matière : saint Ambroise lui envoya “dire qu'il sortit, et que ce n'était pas là sa place, ains seulement des prêtres ; et que la pourpre peut bien faire “des empereurs, mais non pas des prêtres. A quoi il obéit humblement et promptement, et depuis ne se voulut jamais seoir dans le chœur°.

Je ne m'étonne pas si saint Martin se comportait dans M l'église avec tant de révérence et de dévotion, que jamais

on ne l'y vil assis, mais toujours à genoux ou debout, la face pàle et tout tremblant ; et lorsqu'on lui demandait É pourquoi il tremblait : « Comment, disait-il, n'aurais-je pas crainte et ne tremblerais-je pas, étant devant la face «de mon Dieu et de mon juge? »

4 « Inter acta autem Epbhesini Concilii, hæc ipsa constitutio... inwenitur, ubi inter alia notatu digna, de seipso, cum primum omnium ei se impersator (Theodosius) reddere voluit obsequentem, hæc ait : Nos qui legitimi imperii armis nunquam non circumdamur, quosque sine armatis stipatoribus esse non convenit, Dei templum ingressuri,

apud Baronium, tom. 5, ad annum 431.

2 «Per archidiaconum hæc ei significavit : Interiora loca, Impeator, solis sacerdotibus patent. Reliqnis omnibus inaccessa sunt et ntacta. Nam purpura imperatores facit, non sacerdotes. » Theodoret, Hist. ecel. 1. V. c. 18.

» ? « In ecclesia nemo unquam illum sedere conspexit. » Sulp. Seuwerus, Dialog.2, c. 1.

Je ne m'étonne pas si saint Grégoire de Nazianze loue sa mère Nonna, de ce que jamais elle n’a parlé en l’église, jamais elle n’a tourné le dos à l'autel, jamais elle n’a craché sur le pavé de l'église!.

Je ne m'étonne pas de ce que, comme saint Chrysostome nous l’apprend, la coutume était, dans la primitive Église, que les chrétiens par respect baïisaient la porte de l’église, auparavant que d’y entrer?.

Je ne m'étonne pas de ce que sainte Radegonde, reine de France, comme il est rapporté en sa vie, se tenait bien heureuse de baiser le marche-pied de l'autel, et se croyait très honorée d'avoir la liberté de le balayer et l’essuyer de ses habits royaux ; ensuite de quoi elle ramassait dans sarobe la poussière qui en sortait, et ne voulait pas qu'on la mit parmi les ordures ordinaires, mais dans un lieu à part, comme une chose sacrée et honorable*.

Je‘ne m'étonne pas s'il s’est trouvé même des évêques, qui ont voulu et ont tenu à grand honneur d'être enterrés sous les gouttières de l’église, comme le bon Geoffroy, évêque de Coutances, ainsi qu'il est écrit dans les archives de l’église cathédrale dudit lieu#.

l« Cur non illi (Nonnæ) quoque ad laudem magnum sit, quod silentio sancta (mysteria) honorarit, quod venerandæ mensæ nunquam terga obverterit, nec in divinum payimentum expuerit ? » S. Greg. Nazianz. orat, XVIII. Cf. etiam carmen LXWI.

? Le V. P. Kudes en appelle au témoignage de saint Cyrille cité par Corn. a Lapide in Il ad Cor. XIII, 12. Or Cornelius a Lapide s’appuie, non sur saint Cyrille, mais sur saint Jean Chrysostome dont voicile texte: « Templum Cbristi sumus : itaque templi vestibula et aditum osculamur cum alii alios osculamur. Annon cernitis quoniam homines etiam hujusce templi vestibula osculentur, partim inclinato capite, partim manu tenentes atque ori manum admoventes ? » In II ad Cor., homil. 33.

8 « Ipsa tamen cum sua veste pavimentum nitidans, circa altare vero cum facitergio jacentem pulverem colligens, foras cum reverentia recondebat potiusquam verrebat. » S. Fortunat. Vita S. Ra- w degundis, c. 2; apud Bolland., Aug. tom. 3, p. 68.

# « Le Livre Noir dit positivement [que Geoffroy de Membray fut inhumé] sous la gouttière, in stillicidio ecclesiæ. » Lecanu, List. des évêques de Coutances, p. 129, en note. Coutances, 1839

LS

Je ne m'étonne pas, dis-je, de toutes ces choses ; mais je m étonne et ne puis assez m'étonner de ce que les chrétiens d'aujourd'hui, qui adorent le même Dieu et le même Jésus-Christ que tous ceux-là, qui sont dans la même Église, qui entendent prècher le même Évangile, et qui sont dans la même créance, se comportent néanmoins avec moins de respect dans les temples du vrai Dieu, que les païens et infidèles ne font dans les temples du diable.

Oui, qu'on lise les histoires anciennes des profanes, et on verra que les idolàtres rendaient beaucoup plus d'honneur aux temples de leurs faux dieux, qui étaient de vrais enfers et les cavernes des dragons infernaux, que les chrétiens n’en rendent aux églises du vrai Dieu, qui sont autant de paradis dans lesquels Dieu est continuellement résidant, accompagné d'une armée innombrable d'Anges.

Qu'on aille parmi les Turcs, et on verra qu'ils feront honte aux chrétiens en ce sujet, et qu'ils leur feront lecon du respect qu'ils doivent porter aux lieux sacrés ; car ils n'entrent jamais dans leur mosquée que nu-pieds et tête nue. D'y tourner la tête ce serait un crime pour eux, aussi bien que d'y tousser, ou cracher, ou dire un mot à l'oreille de son compagnon.

Grand Dieu, où en sommes-nous, qu'il faille renvoyer des chrétiens à l’école des païens et des Turcs, pour apprendre d'eux les devoirs qu'ils sont obligés de vous rendre dans votre maison ? Faisons mieux ; apprenons dans l’école de la foi et de l'Église chrétienne, en laquelle . les Anges mêmes ont appris des secrets qu'ils ne savaient pas, apprenons, dis-je, qu'un temple des chrétiens, c'est un ciel, un paradis, et l'habitation de Dieu et de ses Anges ; et que par conséquent ceux qui y entrent devraient, s’il était possible, être purs comme des Anges, puisqu'il est écrit que rien de souillé n’entrera dans le ciel".

! « Non intrabit in eam aliquod coinquinatum. » Apoc. XXI, 27.

Apprenons que lorsque nous allons à l’église, et que nous nous sentons coupables de quelque crime, nous devons avoir soin de nous purifier par un vrai esprit de pénitence, imitant le pauvre Publicain qui demeure au bas du temple, n’osant lever les yeux au ciel, mais frappant sa poitrine et disant : O Dieu, soyez propice à ce misérable pécheur', afin que par ce moyen nous paraissions devant la face de Dieu, non pas comme ses ennemis, et comme rebelles ayant les armes au poing pour lui faire la guerre ; mais comme sujets qui viennent rendre leurs hommages à leur roi, comme serviteurs qui se présentent à leur maître pour accomplir ses volontés, comme enfants qui viennent rendre leur obéissance et leurs devoirs à leur père, ou au moins comme criminels repentants qui implorent la clémence de leur prince qu'ils reconnaissent avoir offensé.

Apprenons que, lorsque nous entrons dans l’église, la première disposition que nous devons avoir, c'est une disposition d'humiliation et d'abaissement très profond, non pas seulement en la vue de nos péchés, mais en la vue de l’anéantissement de Jésus-Christ Notre-Seigneur au très saint Sacrement de l'autel. Car de quelle grâce pouvons-nous paraître devant le Roi de gloire anéanti pour nous, sinon en nous prosternant d'esprit et de cœur à ses pieds, et en nous anéantissant autant qu'il est possible, pour rendre hommage à son anéantissement ?

Apprenons enfin que la maison de Dieu est la maison d'oraison, et partant qu'on n'y doit venir que pour le prier, l’adorer, Le louer, lui rendre grâces, lui demander pardon de nos péchés, lui offrir avec Les prêtres le très saint Sacrifice de l’autel, assister avec dévotion au service divin, entendre sa sainte parole avec attention, el impétrer de sa bonté toutes les grâces qui nous sont né-

! « Et Publicanus a longe stans, nolebat nec oculos ad cælum

levare : sed percutiebat pectus suum, dicens : Deus, propitius esto imihi peccatori. » Luc. XVII, 13.

cessaires pour accomplir en tout et partout sa très aimable volonté. Et pendant qu'on y est, s'y comporter avec toute sorte de piété el de révérence, tant en l'intérieur qu'à l'extérieur, se maintenant dans une posture respectueuse, dans un silence profond et dans une modestie et dévotion digne de la sainteté du lieu, digne de la grandeur des saints et redoutables mystères qui s’y traitent, digne de la majesté de Dieu qui est présent, et digne de la présence des Anges et des Puissances célestes qui tremblent devant sa face : T'remunt Polestates.

Oui, les Anges et les Arehanges, les Puissances et les Dominations, les Chérubins et les Séraphins plus purs que le soleil, qui ne l'ont jamais offensé et qui ne lui ont jamais rendu que tout honneur et obéissance, tremblent néanmoins devant sa face. Et toi, criminel demille crimes, qui es tout pourri des ordures de tes vices, et qui mérites mille enfers, tu entres dans le sanctuaire du Dieu vivant, la tête levée, les yeux égarés et sans aucune crainte. Tu te présentes devant le tribunal formidable de ton Juge, par les mains duquel ton âme passera bientôt, et qui la fera rendre compte jusques à une parole oiseuse, avec aussi peu de retenue que s'il n'était rien. Tu es si osé que de paraître devant Dieu, les mains toutes sanglantes du sang de son Fils unique et bien-aimé, que tu as crucifié et massacré autant de fois quetu l’as offensé mortellement. Tu ne plis point, tu ne rougis point, tu ne trembles point: mais tu causes, tu ris, tu prends des postures indécentes et même insolentes, comme si tu venais là exprès afin de l’outrager et d'allumer le feu de sa colère contre toi. Il te voit. il te considère, il te souffre pour un temps, il t'attend à pénitence ; mais si tu méprises les richesses de sa bonté, si les excès de sa miséricorde et de sa patience ne servent qu'à endurcir ton cœur impénitent, sache que tu fais un amas de colères, de châtiments et de malédictions, qui tout d’un coup viendront à fondre surta tête, et à te précipiter dans le gouffre de la perdition

éternelle ; et tant plus que Dieu aura exercé sa patience au regard de toi, tant plus il te fera sentir les terribles rigueurs de sa divine vengeance.

II. — Contre plusieurs sortes de personnes qui profanent les saints temples.

T° ne puis, en cette occasion en laquelle il est question des temples et des lieux consacrés à Dieu, que je ne témoigne plus amplement et plus fortement les douleurs très sensibles qui me navrent le cœur, de voir les maisons de mon grand Maître et de ma très chère Maîtresse, si horriblement profanées comme elles sont aujourd'hui en toutes les parties du monde. C'est une chose épouvantable d'entendre ce qui s'est passé en nos jours, dans les guerres d'Allemagne, là où les hérétiques ont pillé, saccagé, brûlé tant de milliers d'églises ; mais c'est encore une chose plus effroyable de voir tous les jours profaner nos temples par les catholiques, en mille manières.

A la vérité, c'est un grand sujet de joie de voir quelle. a élé la piété et le zèle de nos ancêtres, qui ont bâti tant de si belles églises à la gloire de Dieu et à l'honneur de sa très sainte Mère et de ses Saints. Mais c'est un malheur digne d’être déploré à larmes de sang, de les voir profanées en tant de facons par ceux-mêmes qui se disent enfants de l'Église. Ne voit-on pas aujourd'hui les chrétiens entrer dans les églises et y demeurer avec moins de respect que dans\une maison profane ? Au lieu d'y venir pour adorer Dieu et pour trembler devant sa face, comme des criminels qui ont mérité mille fois l'enfer, et pour pleurer leurs péchés et apaiser son ire par leurs larines, vous diriez qu'ils y viennent pour se moquer de lui. Car vous les voyez entrer dans sa maison la tête levée, sans aucune retenue ni modestie, et se comporter

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