‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 32 sur 208 · SEPTIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

SEPTIÈME ENTRETIEN

es devoirs que l’homme est obligé de rendre à Dieu à raison des droits précédents qu'il a sur lui.

PRÈS avoir bien considéré et étudié les qualités que | Dieu a au regard de nous, et les droits qu'il a sur jus en suite de notre création, il est bien aisé de voir les moirs que nous sommes obligés de lui rendre.

Car 1. puisqu'il est notre principe, nous devons demeur en lui, mener une vie digne de notre origine, lui référ sans cesse tout ce que nous sommes et tout ce que jus faisons, et nous donner et sacrifier continuellement jui, afin qu'il nous possède entièrement. Aftendite ad tram unde excisi estisi.

2. Puisquil est notre fin, notre centre et notre souvein bien, nous devons perpétuellement soupirer et aspiracrès lui, le désirer, le chercher partout et en toutes oses, ei ne vouloir prendre aucun repos ni contenteent qu’en su.

3. Puisqu'il . :t notre prototype, nous devons incessament étudier sa vie et ses perfections, afin de les imiter “de former en nous une image vivante de cet adorable emplaire : Fac secundum exemplar quod tibi in monte onstratum est?.

Ms. LI, 1. — ? Erod. XXV, 40.

4. Puisqu'il est notre roi, notre gouverneur et no protecteur, nous lui devons honneur, obéissance et co fiance.

5. Puisqu’il est notre souverain, et qu'il a plus de pe voir et d'autorité sur nous infiniment, que le potier ne a sur son pot, et qu'il peut, comme dit le saint ho Job, Multiplicare vulnera nostra, eliam sine causa’, « tiplier nos plaies, même sans aucune cause » : par ce dm de sa souveraineté, nous devons nous abandonner t0 lement à lui.

6. Puisqu'il est notre juge souverain, nous devo nous soumettre à la puissance qu'il a de nous juge nous devons l’adorer, bénir et glorifier dans tous jugements connus et inconnus, manifestes et secre qu'il exerce tous les jours sur toutes ses créatures, et spé cialement sur nous. Et particulièrement, nous le devo@ adorer et louer dansle jugement qu’ilexerce àtout momie sur les âmes qui sont présentées devant son tribu à la sortie de leurs corps, et même dans celui qu'ile cera sur nous, quel qu'il soit, à l'heure de notre mort au grand jour du jugement. Enfin nous le devons craindi sachant que horrendum est incidere in manu Dei vivent et vivre comme des personnes qui ont à paraître dà peu de temps devant son trône redoutable, pour rendre compte jusqu'à une parole oiseuse.

Voilà nos devoirs. Humilions-nous de nous en être mal acquittés par le passé. Demandons miséricorc Prions Notre-Seigneur Jésus, qui est venu en la teñ pour être notre réparateur, de réparer nos manqu ments. Entrons dans un grand désir de vivre désorm selon ces obligations. Invoquons pour cet effet l'aide la grâce divine.

!« Maltiplicavit vulnera mea, etiam sine causa, » Job. IX, 1% 2 Heb. X, 31.

"Quiconque offense Dieu mortellement, non seulement ive Dieu de tousles devoirs dont il lui est obligé, mais core il le dépouille, autant qu'il est en soi, de tous les oits qu'il a sur lui, et lui dénie et désavoue toutes les ualités dont il est orné, et auxquelles les droits susdits | nt attachés ; et il usurpe toutes ces qualités et s’aproprie tous ces droits ; et ainsi il renie Dieu par ses >uvres, voire il l’anéantit autant qu'il est en lui, et se onstitue Dieu de soi-même. Car qu'est-ce que Dieu? Et le souverain bien, qui doit être estimé et aimé paressus toutes choses. C’est celui dont la gloire, le con- »ntement, l'intérêt et la volonté doivent être préférés à ute autre gloire, à tout autre contentement, à tout utre intérêt et à toute autre volonté. C’est celui qui est > principe, la fin, le centre, l’exemplaire, le roi, le iaître, le gouverneur de toutes choses ; et par conséuent auquel toutes choses doivent être référées, uquel toutes choses doivent tendre, dans lequel Iles doivent prendre leur contentement, qu'elles doivent ivre comme leur règle, et auquel elles doivent obéir. Ir que fait le pécheur ? Il fait plus d'état de soi-même ue de Dieu ; il s'aime plus que Dieu ; il préfère sa vo- 2té, son intérêt, son plaisir et sa gloire, à la volonté, à intérêt, au contentement et à la gloire de Dieu. Et il eut se posséder soi-même et disposer de soi-même, omme s’il était à soi et non pas à Dieu, et comme s'il lait son principe et qu'il tint son être et sa vie de soiième. Et il ne veut point avoir d'autre fin que soiième, c'est-à-dire son plaisir et son intérêt. Et il veut rendre son contentement et sa félicité non point en leu, mais en soi-même. Et il ne veut point suivre autre règle que sa passion ; et il ne veut point d’autres is que ses inclinations. Et il ne veut point d'autre

gouverneur que son esprit aveuglé et sa volonté dé glée.

Qu'est-ce que tout cela ? N'est-ce pas ravir à Dieu to ses droits pour les usurper, et le dépouiller de toutes qualités pour se les approprier ? N'est-ce pas ren Dieu par ses œuvres, factis negat'? N'est-ce pas di Dieu par la voix de ses actions dépravées : Seigneur, dit que vous êtes mon principe,ma fin, mon centre, m souverain bien, mon exemplaire, ma règle, mon roi, gouverneur, et que vous avez plusieurs droits sur ® attachés à ces qualités ; mais je vous renonce en tou ces qualités, et vous désavoue tous ces droits ; c'est # qui suis mon priucipe, ma fin, ma règle et ma condui Enfin n'est-ce pas détruire et anéantir Dieu que d'en: ainsi, et se constituer le Dieu de soi-même ? Voilà cer fait celui qui commet un péché mortel. O péché, que es effroyable ! Oh ! que je t'ai em horreur! Pardon, Dieu, pardon s'il vous plaît de toutes mes offenses.

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| Quiconque porte les autres à faire quelque ch contre la volonté de Dieu, ou par ses paroles, ou 4 actions, ou par son exemple ; et quiconque ne fait p l'usage qu'il doit des choses que Dieu a mises en cemo pour nos besoins et nécessités, n'en usant pas = volonté de Dieu ni pour sa gloire, mais avec excès pour satisfaire à son plaisir, ou à son ambition, ou son avarice, ou à la passion d'autrui : celui-là dépouil encore Dieu, autant qu’il est en son pouvoir, des quali et des droits qu'il a au regard des choses qu'il a créé il se les approprie et se constitue le Dieu de ces cho là. Car lorsqu'il excite les autres à faire quelque ch contre les lois de Dieu, il veut que ceux-là E

!« Confitentur se nosse Deum, factis autem negant » Ad it. I

DD EE or LA FEES

nté et son intérêt à celai de Dieu ; et ainsi il veut s le mettent en la place de Dieu au regard d'eux. que, dans le mauvais usage qu'il fait des choses e Dieu a créées, il ne prend point pour règle la volonté la gloire de Dieu, mais sa passion et son inclination ipravée, il est évident quil dérobe à Dieu les droits Wil a sur ses créatures, pour se les attribuer. Car Dieu int le principe et la fin de toutes choses, sa volonté et gloire doit être la mesure et la règle de l'usage qu'il faut faire. Et quiconque en use autrement, il anéantit u autant qu'il peut, pour se mettre en sa place et se faire le Dieu de ses créatures.

ais quel est l'usage que Dieu veut qu'on fasse des Ioses de ce monde ? Il nous a déclaré sa volonté par sage que soa Fils Jésus en a fait, lequel il nous a ené en la terre pour être notre règle en cela et en toute e chose.

D mon Dieu, hélas! j'ai bien mal suivi cette divine gle. Oh ! que je suis coupable de tant de mésusage que fait des choses que vous m avez données! Oh ! comen de fois vous ai-je dépouillé des droits que vous 2: sur vos créatures, pour me les approprier ! Pardon, on Dieu, s'il vous plait. Je ne veux plus me servir lucune chose que pour votre gloire, et selon votre inte volonté, c'est-à-dire à l'imitation de votre Fils

rerain bien ; et que je me suis tourné vers moi-même, rs le monde et vers Satan, en préférant leurs volontés les miennes aux vôtres : je vous proteste que je veux aintenant renoncer entièrement et pour jamais à Satan, monde et à moi-même, pour me convertir et me inner à vous absolument et pour toujours.

O mon Dieu, je me donne à vous comme à mon prin-

ipe ; possédez-moi totalement. Que je demeure toujours

‘en vous ; que je ne fasse rien qui ne soit digne de m: origine ; et que vous soyez le principe et la fin de tout mes actions. |

O mon Dieu, je me donne à vous comme à ma fin mon centre et à mon souverain bien. Tirez-moi à vo Que je tende continuellement à vous, et que vous som tout mon contentement, ma gloire, mon trésor et nion tot

O mon Dieu, je me donne à vous comme à mon pro totype. Imprimez en moi une parfaite ressemblance vous-même.

O mon Dieu, je me donne à vous comme à mon #( Da quod juhes, et jube quod vis' : « Donnez-moi la grât de faire ce que vous commandez, et commandez ce q vous plaira. »

Je me donne à vous comme à mon gouverneur el mon protecteur. Conduisez-moi selon votre sainte volont et gardez-moi du péché.

Je me donne et m'abandonne à vous comme à m@ souverain. Faites de moi tout ce qu'il vous plaira.

Je me donne à vous comme à mon Juge, et je me sou mets de tout mon cœur à tous les jugements que vou avez exercés et que vous exercerez Sur moi, en tem et en éternité, vous disant en tout le respect et soumis sion possible : Justus es, Domine, et rectum judiciu tuum? : « Nous êtes juste, mon Seigneur, et votre Jugk ment est équitable. » Ætiam, Domine Deus omnipoten vera et justa judicia tua : « Oui, Seigneur, vos ju ments sont véritables et justes. »

Enfin je me donne, me consacre et me sacrifie tou vous, comme à mon Dieu. Et si j'avais en moi tout l’ê créé, et toutes les vies des hommes et des Anges, et qu j'eusse entre mes mains cent mille mondes, je +

sacrifier tout cela à votre honneur et pour l’accompl sement de votre très sainte volonté.

lAug., Conf. X,29.— Ps, CXNIIT,, 137. — % Apoc. XNI,7.

ué ii

O mon Dieu, employez vous-même votre puissance et tre bonté infinie, pour me prendre, me posséder, me

nsacrer à vous, et m'immoler entièrement et pour mais à votre très pure gloire.

Orarsox JACULATOIRE : A hrenuntfio tibi, Satana, adhæreo bi, Deus meus, Deus cordis mei; entendant par ce mot ttana, le péché, l'esprit malin, le monde, et nous mêmes li sommes de vrais Satans à nous-mêmes.

b HUITIÈME ENTRETIEN

es obligations intimes que nous avons de servir, honorer, aimer et imiter Dieu, pour tout ce qu'il est ‘en soi-même.

UAND par impossible nous n'aurions jamais reçu de 2 Dieu aucune faveur, et que nous ne serions point bligés de le servir à raison de notre création, de notre pnservalion, de la création et conservation du monde, et & toutes les qualités et droits qu'il a au regard de nous suite de cela, nous y aurions pourtant des obligations finies et beaucoup plus pressantes que toutes les précé- > pour ce qu'il est en soi-même. C’est pourquoi, n de connaitre ces obligations, après avoir adoré Dieu lon tout ce qu'il est généralement en soi-mème, uvrons les yeux de la foi, pour voir et pour considérer, vec tout le respect et humilité possible, cet Être infini, ette essence incompréhensible, cette divinité ineffable, ette Majesté suprème et adorable, en cette manière: «x À divine essence qui êtes un abime sans fond et s bornes de merveilles ! O0 merimmense de grandeur! “monde incompréhensible de miracles ! O unité de mon eu ! O simplicité ! O éternité sans commencement et sans

fin,et à laquelle toutes choses sont toujours présente O immensité, qui remplissez tout et qui contenez tout, quirempliriez eteomprendriez un nombre innombrable: mondes, s'ils étaient ! O infinité, qui contenez toutes] perfections imaginables etinimaginables! O0 immutabilit O immortalité ! Oinvisibilité! O lumière inaccessibl O vérité incompréhensible ! O abîme de science et de s gesse ! O vérité ! O sainteté de mon Dieu, par laquelle est tout détaché de toutes choses, et tout retiré et app qué à soi-même; mais tellement détaché de toutes s œuvres, qu'il en souffre la destruction en sa présence qu'il brülera ce monde, et qu’il a même livré etabando né à la croix et à la mort le plus excellent de ses ouvrag ui est l'Homme-Dieu ! O divine force, qui portez tout faites tout ! O toute-puissance ! O divine Providence q gouvernez tout ! © justice ! O bonté ! O miséricord O beauté ! O gloire ! O félicité ! O plénitude de biens, : jouissance, de paix et d'honneur ! O divine volonté, q faites tout ce qui vous plaît, au ciel et en la terr O amour! 0 charité! 0 divine suffisance, par laquelle mx Dieu est tellement suffisant à soi-même, que même Jésu Christ dit à son Père : J'ai dil au Seigneur, vous & mon Dieu, d'autant que vous n'avez que faire de mes biei O divine vigilance, qui êtes l'œil de la puissance, | la miséricorde et de la justice de mon Dieu ! OU pensée 0 desseins ! O affections ! O divines opérations de Di en soi-même ! O vie infiniment heureuse et glorieuse mon Dieu ! O divine souveraineté qui pouvez disposer toutes choses comme il vous plait, sans que person vous puisse demander pourquoi vous faites ainsi ! O gra Dieu, j'adore en vous, avec Jésus-Christ et par Jést Christ votre Fils, et en union de toutes les adoratior louanges et bénédictions qu'il vous rend par soi-même par tous ses membres, j'adore, dis-je, toutes ces gra

! « Dixi Domino : Deus meus es iu, quoniam bonorum meort non eges. » Ps. XV, 2.

deurs et perfections, et toutes les autres innombrables et inconcevables qui me sont inconnues ; et je vous adore, loue, glorifie et aime selon tout ce que vous êtes. Ah ! que de joie pour mon cœur, de vous voir si grand et si rempli de toutes sortes de biens et d'excellence ! Ah ! certes, mon Dieu, si je possédais toutes ces grandeurs et que vous ne les eussiez pas, je voudrais m'en dépouiller pour vous en revêtir. »

Considérons ce que les trois Personnes divines sont et font les unes au regard des autres. Le Père cammunique sans cesse à son Fils son être, sa vie, toutes ses perfections, sa gloire, sa félicité, tous ses biens et tous ses trésors. Le Fils réfère sans cesse à son Père, comme à son origine, tout ce qu'il a recu de lui, et est dans un état perpétuel de relation, de gloire et de louange vers son Père.

Le Père et le Fils donnent et commumiquent au Saint- Esprit tout ce qu'ils sont, tout ce qu'ils ont, tout ce qu'ils peuvent et tout ce qu'ils savent. Le Saint-Esprit est sans cesse référant au Père et au Fils, comme à son principe, tout ce qu’il reçoit d'eux. Et ces divines communieations, processions et relations : communications du Père au Fils, du Père et du Fils au Saint-Esprit ; processions du Fils procédant de son Père, et du Saint-Esprit procédant du Père et du Fils ; relations du Père au Fils, du Fils au Père, du Père et du Fils au Saint-Esprit, du Saint- Esprit au Père et au Fils, sont éternelles, continuelles et immenses ; car elles remplissent le ciel et la terre.

Et, en suite de ces divines communications et processions, le Père, le Fils et le Saint-Esprit n’ont qu'une même essence et divinité, vivent d’une même vie, ont une même puissance, sagesse, bonté et sainteté, et sont dans une unité et société très parfaite.

Et ces divines Personnes sont dans un regard mutuel et continuel, et dans une occupation et exercice perpé-

tuel de louange, d'amour et de glorification les unes vers les autres.

« O très sainte Trinité, je vous adore, vous bénis et

vous glorifie en toutes ces choses. Je m'unis et me joins

à tout l'amour et à toutes les louanges que vos divines Personnes se donnent les unes aux autres. Je vous offre toute la gloire que vous avez en vous-même, et vous en rends grâces infinies, avec toute la sainte Église : Gralias agimus tlibi propter magnam gloriam tuam. Je vous rends grâces infinies, Ô Père éternel, pour la divine génération de votre Fils éternel. Je vous rends grâces infinies, d Père divin, Ô Fils unique du Père, pour la production de votre Saint-Esprit en unité de principe. Je vous rends grâces infinies, à Père, Ô Fils, à Saint-Esprit, pour l'amour, la gloire et les louanges mutuelles que vous vous donnez les uns aux autres. O0 mon Dieu et

mon Père, que je me réjouis de voir que votre Fils et

votre Saint-Esprit vous aiment et vous louent de toute éternité et à toute éternité, d’un amour et d’une louange proportionnée à votre grandeur ! O Fils unique de Dieu, que mon âme se réjouit de voir l’amour et la gloire infinie que vous recevez de votre Père et de votre Saint- Esprit! O Saint-Esprit, que mon cœur a de joie, de voir la dilection et les bénédictions qui vous sont données incessamment par le Père et par le Fils ! O divine com-

munauté, Ô unité, Ô société, Ô amour, Ô vie des trois Personnes éternelles, quelle réjouissance, quelle jubila-

tion, quelle félicité pour moi, de savoir que vous êtes comblée d’une gloire inénarrable, d’une béatitude inconcevable et d’une infinité de biens ; et de savoir enfin que vous êtes Dieu, et un seul Dieu vivant et régnant aux

siècles des siècles ! Jubilate Deo, omnis terra ; servite Do-

mino in lætitia. Introite in conspectu ejus in exultatione. SCITOTE QUONIAM DomINUs 1P$E EsT Deus: « Réjouissez-vous,

\Ps. XCIX, 2.

tous les habitants de la terre, servez le Seigneur avec joie. Présentez-vous devant sa face avec jubilation, et sachez que le Seigneur est Dieu. »

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Toutes les perfections de la divine essence et toutes les merveilles qui sont dans les trois Personnes éternelles sont autant d'obligations, toutes infinies, que nous avons de servir, d'honorer et d’aimer un Dieu si grand et si admirable, dont la moindre perfection, s’il y en avait de moindres les unes que les autres, mérite des adorations, des services el des obéissances infinies. Quel honneur demande de nous sa grandeur et majesté suprême ? Quel amour mérite sa bonté et sa charité incompréhensible ? Quelle crainte requiert sa justice redoutable ? Quelle obéissance est due à sa souveraineté ? Quelle pureté de cœur et de vie est requise de sa sainteté en ceux qui le servent ?

Mais quelle obligation avons-nous au’ Père éternel, pour l'être et la vie qu'il donne à son Fils par sa génération éternelle ? Et au Père et au Fils, pour tout ce qu'ils donnent au Saint-Esprit en sa production continuelle ? Plus grande certes infiniment, que pour la création de cent mille mondes.

Et que devons-nous au Père éternel, pour l'amour qu'il porte à son Fils ; et au Fils pour l’amour qu'il porte à son Père ; et au Père et au Fils, pour l'amour qu'ils portent au Saint-Esprit; et au Saint-Esprit, pour l'amour qu'ilporte au Père et au Fils; et à ces trois Personnes divines, pour les louanges et pour la gloire qu'elles se donnent de toute éternité et à toute éternité les unes aux autres ? Certainement nous leur devons plus infiniment de service et d'obéissance pour toutes ces choses, que pour toutes les grâces que nous avons reçues et que nous pouvons recevoir de leur divine libéralité : parce que les

intérêts de ces trois Personnes éternelles nous doivent être infiniment plus chers que les nôtres, puisque nous les devons plus aimer infiniment que nous-mêmes. Donnons-nous donc à Dieu, pour le servir et pour l'honorer en toutes les manières qu'il le désire!de nous.

Et parce que ce qu'il demande le plus est que nous l'imitions, puisqu'il est notre exemplaire, etfque Jésus- Christ nous dit: Æstote perfecti, sicut et Pater vester cælestis perfectus est! :« Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait »; et son Apôtre : Æstote imitatores Dei?: « Soyez les imitateurs de Dieu », donnons-nous à lui avec un grand désir de l’imiter en sa sainteté, en sa pureté, en sa charité, en sa miséricorde, en sa patience, en sa vigilance, en sa mansuétude et en ses autres perfections : et prions-le qu'il imprime lui-même dans notre âme une image et ressemblance parfaite de la sainteté de sa vie et de ses divines vertus.

ORAISON JACULATOIRE : Gralias agimus tibi propter magnam gloriam tuam : « Nous vous rendons grâces pour votre grande gloire. » ,

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