‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 38 sur 208 · D XV · texte numérisé non relu

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dessus l'union qui est entre le chef et les membres d’un corps humain. -

Il y a bien davantage, c'est que la société que nous « contractons par le Baptème avec Jésus-Christ, et par” lui avec le Père éternel, est si haute et si divine, qu'elle“ mérite d’être comparée par le même Jésus-Christ à. l'unité qui est entre le Père et le Fils, en ces paroles : UC sint unum, sicul el nos unum sumus. Ego in eïs, et tu in me ; ul sint consummati in unum*, De sorte que l'u-« nité du Père et du Fils est l’exemplaire de l’union que nous avons avec Dieu par le Baptème ; et cette même. union est l’image vive de cette adorable unité.

De plus, ce qui relève et ennoblit merveilleusement l'alliance que nous avons avec Dieu par le Baptème, c'est qu'elle est fondée et commencée, s’il faut aïnsi dire, au précieux sang de Jésus-Christ, et qu'elle est faite par le. Saint-Esprit. De sorte que le même Saint-Esprit qui est l'unité du Père et du Fils, selon ces saintes paroles de l'Église : in unitate Spiritus santi? ; le même, dis-je, est le lien sacré de la société et de l'union que nous avons avec Jésus-Christ, et par Jésus-Christ avec le Père éternel, union} marquée en ces divines paroles : Ut sint consummali in unum.

Ainsi nous voyons que, par le Baptême, nous ne sommes qu'un avec Jésus-Christ, et par Jésus-Christ avec Dieu, en la manière la plus relevée et la plus parfaite quit puisse être, après l’union hypostatique de la nature humaine avec le Verbe éternel. O alliance incomparable ! O société ineffable ! Ob ! quelles obligations avons-nous à l'infinie bonté de Dieu pour une chose si grande! Quelles louanges et quelles actions de grâces lui devons nous rendre ! Gratias Deo super inenarrabili dono ejus®.

lJoan. XVII, 22-93, :

? Ces paroles sont tirées de la conclusion des oraïsons des l'Église : Per Dominum etc. +

211 Cor. IX, 15.

—… Mais quelle doit être la sainteté de notre vie, étant “ainsi associés avec le Saint des Saints, et d’une manière

Pusr Den Certainement, puisque nous ne ue

mhæret Domino, unus spiritus est, Nous ne devons aimer moque ce qu'il aime, ni haïr que ce qu'il haït, à savoir le mpéché. Oh ! que c'est une chose digne de haine que le “péché ! Car qu'est-ce que pécher mortellement ? C’est violer et rompre cette divine alliance dans laquelle nous sommes entrés avec Dieu par le Baptème, pour rentrer “dans l'alliance de son ennemi, qui est Satan. C'est désho- M norer l'unité du Père et du Fils, en détruisant son image. «C'est profaner et rendre inutile le sang adorable de « Jésus-Christ, qui est le fondement de cette société. C'est … éteindre l'Esprit de Dieu, qui en est le lien sacré, suivant 2 cette défense du ciel : Spiritum nolite extinquere? : « N'é- Û teignez pas en vous le Saint-Esprit. » Quelle horreur donc devons-nous avoir de nos péchés passés! Quelle

crainte d'y retomber à l'avenir ! Et quel soin de conserver cette riche et précieuse alliance que nous avons avons avec Dieu, et de procurer en toutes les manières … possibles d'y associer tous ceux que nous pourrons !

La seconde chose qui s’est passée dans le traité que nous avons fait avec Dieu par le Baptème, c'est qu'après nous avoir reçus en société avec lui, comme ses enfants et comme les membres de son Fils, il s'est obligé de nous regarder, aimer et traiter comme ses propres enfants, et comme les véritables frères et membres de son Fils, et de regarder et aimer nos âmes comme ses épou-

ÉRE E S É U

MGor- NI 17.— 21 Thess. V, 19.

ses. Et dès lors il nous a traités en effet en cette facon, et nous à fait des dons inestimables et conformes à la dignité et à la sainteté de notre alliance avec lui. I nous” a dotés, enrichis et ornés de dons et de trésors inénarrables. Car premièrement, il nous a donné sa grâc@, dont” le moindre degré vaut mieux que tous.les empires de la terre. Secondement, il nous a donné la foi, qui est un trésor inconcevable, Troisièmement, l'espérance, qui” est un autre trésor sans prix. Quatrièmement, la charité,“ qui est un abime de biens indicibles. Avec cela, il nous a donné toules les autres vertus, qui sont toutes jointes à la charité, les sept dons du Saint-Esprit et les huit” béatitudes évangéliques. Et depuis notre Baptême, il a” toujours eu ses yeux paternels fixés sur nous, et son cœur appliqué à nous aimer. Il nous donne toutes les choses nécessaires et convenables au corps et à l'âme, et il est très fidèle à accomplir toutes ses promesses vers nous.v EUaprès tout cela, il nous assure encore que nous serons ses héritiers dans le ciel, et que nous y posséderons des biens que jamais œil n’a vus, ni oreille entendus, ni cœur humain compris. Oh ! que de grâces ! Oh! que de miséricordes ! Confiteantur Domino misericordiæ ejus, et mirabilia ejus filiis hominum".

La troisième chose qui s’est passée dans ce divin traité, c'est que de notre part nous nous sommes présentés, oflerts, donnés et consacrés à Dieu par les mains de nos parrains et marraines ; nous lui avons promis de renoncer à Satan et à ses œuvres, c'est-à-dire à toute sorte de péché, et à ses pompes, c'est-à-dire au monde, et d'adhérer à Jésus-Christ. Car, selon la forme ancienne observée dans le Baptème, celui qui voulait être baptisé, se

Ps. CVI, 8.

nant vers l'Occident, disait : A brenuntio tibi, Satana : te renonce, Satan. » Puis, se tournant vers l'Orient, ait: A dhsæreo tin, Christe : » J'adhère à vous, Ô Jésust', Et la même. chose se dit encore aujourd'hui en es termes, mais qui sont équivalents®. Voilà la omesse que nous avons faite à Dieu en notre Baptème, esse solennelle faite en la face de l'Église ;: promesse hée et enclavée dans un grand sacrement ; promesse ligeante, que personne ne nous en peut jamais diser; promesse écrite, dit Saint Augustin, de la main Anges, et sur laquelle nous serons jugés à l'heure notre mort.

ais jugeons-nous nous-mêmes dès maintenant, afin être point jugés, et nous condamnons nous-mêmes in de n'être point condamnés. Examinons rigoureuseent notre vie, VOyOns si nous avons vécu suivant cette messe, et nous trouverons que souvent nous nous mes comportés comme si nous avions promis tout le aire, et qu'au lieu de renoncer à Satan, au péché

dos pro baplizatis hanc obrenunciationem tribus vicibus, sponus ter ut ipse respondentibus : Abrenuncio Satanæ ego talis baptizor.. Postquam autem abrenunciarunt, convertit eos ad em, et ait tribus vicibus : Consentio tibi, Christe Deus, ego talis qui baptizor, et omni doctrinæ quæ revelata est. » Severus Alexanus, De ritibus Baptismi. « In mysteriis (Baptismi primum renunmus ei (diabolo) qui in Occidente est, nobisque moritur cum pechs; et sic versi ad Orientem, pactum inimus cum sole justitie to) et ei servituros nos esse promittimus. » S. Hieronymus, ir s,e. VI. — « Dans le Rituel grec, suivi par les Russes, le prêtre uille l'enfant de ses vêtements, le tourne vers l'Occident, lui les mains et dit trois fois : Renonces-tu à Satan ? et à toutes uvres ? et à tous ses anges ? et à tout son service ? et à toutes pompes ? — Le parrain répond chaque fois : J'ÿ renonce. » blet, Histoire du sacrement de Baptème, tome Il, p. 363. — Cf. pulle, Narré, XXIVY ; Grandeurs de Jésus, D. X, I. Postea sacerdos interrogat baptizandum nominatim, dicens : N., untias Satanæ ? — Respondet patrinus : Abrenunéio. — Sacer- Et omnibus operibus ejus ? — Patrinus: Abreruntio. — Sados : Eé omnibus pompis ejus ?— Patrinus : Aôrenuntio. » Rit. Rom. baptismi parvulorum.

RAR nr 2. ahar

et au monde, et de suivre Jésus-Christ, nous lui avo tourné le dos et l’avons renié par nos œuvres, pou adhérer à ses ennemis. Oh ! quelle perfidie ! Oh ! quelll ingratitude après tant de faveurs ! Oh ! quel sujet di confusion pour nous ! Oh! quelle obligation de détesté notre infidélité, et de renouveler avec plus de ferveur promesse et la profession de notre Baptème ! |

C'est ce que je veux faire maïntenant, Ô mon Dieu. E pour cet eflet, de tout mon cœur et de toutes mes force je terenonce, à maudit Satan. Je te renonce, à péché ab minable. Je te renonce, à monde détestable. Je renon@ à tous tes faux honneurs, à tes vains plaisirs, à tes chesses trompeuses, à ton esprit diabolique, à tes nl .ximes pernicieuses, et à toute ta corruption et malignité

Je me donne à vous, à mon Seigneur Jésus, entière ment et pour jamais. Je veux adhérer à votre sainte doë trine par la foi, à vos saintes promesses par l'espérance à vos divins commandements et conseils par l'amour par la charité. Je veux vous suivre dans l'exercice € toutes vos vertus, et je veux vous suivre comme mo chef et comme l’un de vos membres. Et par conséque je veux continuer votre vie sur la terre, autant qu'il sera possible, moyennant votre grâce que je vous mande très instamment à cette intention.

ORAISON JACULATOIRE : Vobis autem adhærere Deo bon est, ut societas nostra sit cum Patre et Filio ejus Jes Christo! : « C'est une chose bonne et avantageuse po nous d'adhérer à Dieu, afin que notre société soit am notre Père céleste, et avec son Fils Jésus-Christ. »

1 Ps. LXXIT, 28; [ Joan, [. 3.

LA

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