‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 3)Chapitre 111 sur 286 · XXV. — MAXIMES SUR LA SUPÉRIORITÉ · texte numérisé non relu

XXV. — MAXIMES SUR LA SUPÉRIORITÉ

et divine pour prononcer et écrire dignement ce divin Nom? Mais j'aimerais beaucoup mieux un cœur pour l'aimer, qu'une plume et qu’une langue pour en écrire et en parler. Seigneur, vous pouvez me donner l’un et l’autre, et c’est ce que j'espère de votre infinie bonté.

“. Le nom de Jésus est si plein de sainteté, qu'il ne fau- … drait que le prononcer une seule fois dignement pour — être tout saint. Si tous les pécheurs qui sont en la terre — et dans l'enfer le pouvaient prononcer une seule fois … comme il faut, ils détruiraient en eux l'enfer du péché et y établiraient un paradis de sainteté.

k XXŸ. — MAXIMES SUR LA SUPÉRIORITÉ :

La Supériorité, par rapport à soi-même, est un des plus dangereux offices de la Congrégation, tant à cause du compte qu'il faudra rendre des désordres qui arrivent par sa faute ou négligence, qu’à cause des dangers où l’on se trouve exposé de consentir aux mouvements de l’orgueil et de l’'amour-propre dont on est attaqué dans ces sortes NO d'emplois. :

1. Le Supérieur esl obligé de servir tous ses frères, et de pourvoir à toutes leurs nécessités préférablement aux siennes.

2. Il doit s’employer volontiers aux actions les plus basses, comme le dernier de la Congrégation, suivant le commandement de Notre-Seigneur. :

3. Que la charité soit l'âme de son gouvernement; qu’il agisse avec ses frères par prières plutôt que par commandement, préférant la douceur à la rigueur, l'exemple aux paroles, et l'esprit de mansuétude à l'esprit de domination.

1. Annales de Notre-Dame de Charité, livre III, S 30. Cf. Ory, Origines, p. 140.

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4. Qu'il prie Notre-Seigneur de disposer celui qui a manqué, à faire bon usage de ce qu'il lui doit dire, et qu'en le reprenant il conserve la vue de sa propre faiblesse.

5. Qu'il ne reprenne personne pendant qu'il sentira en soi quelque émotion, pour petite qu'elle soit. Maïs quand il le doit faire, qu'il s’humilie devant Dieu auparavant, dans la vue de sa propre faiblesse.

6. Qu'il ménage, autant qu'il lui est possible, la santé de ses enfants, les prévenant dans les choses qu'il leur croit nécessaires ; qu'il prenne garde qu'ils ne s'appliquent avec trop de violence aux exercices de piété; que leurs pénitences soient modérées ; qu'ils ne fassent aucun exercice corporel qui demande de la force, ou aucune étude qui demande de lapplication, qu'une heure ou deux après le repas.

7. Le plus grand soin d’un Supérieur dans sa maison, est de veiller exactement à la conservation de la charité, et de faire en sorte qu'il n’y ait qu'un cœur et qu'une àme en tous ceux qui sont sous sa conduite.

8. Qu'il traite ses frères avec cordialité, et que l'affection qu'il leur porte soil la règle de celle qu'ils doivent avoir les uns pour les autres, comme la charité dont. Notre-Seigneur aimait ses Apôtres était le modèle de l’amour qu'ils devaient se porter réciproquement.

9. Qu'il ne soit rustique ni sauvage, mais qu'il donne libré accès à tous ceux qui ont affaire à lui ; quil s’efforce de les recevoir avec un visage ouvert, quand ils voudront lui parler ; qu'il les écoute à loisir et leur réponde avec douceur. ;

10. Pendant que le Supérieur est en charge, qu'il ne, permette pas qu'un seul iota ou un seul point de la règle soit omis ; qu'il se trouve le premier à tous les exercices, . et ne souffre de dispense en sa personne qu'en cas de nécessité, comme les autres.

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