CHAPITRE II
SECTION Î (bis) ja Le grand œuvre de l’'Homme-Dieu.
… C'est aussi le grand œuvre de l'Homme-Dieu, Jésus- Christ Notre-Seigneur. Écoutons-le parler: Sicut novit me Pater, et ego agnosco Patrem : et animam meam pono pro ovibus meis! : « Comme mon Père me connait, je le connais aussi, et je mets mon âme pour mes ouailles » ; c'est-à-dire, selon l'explication du Docteur angélique, je connais très bien les inclinations de mon Père, je sais ce il aime el ce qui lui est agréable. Je connais qu'il maime rien tant que les âmes, et qu'il n'a rien de plus äcœur que leur salut. Voilà pourquoi je donne ma vie pour elles. Et un peu après, parlant encore de ses ouailles, il dit : Quod dedil mihi Pater, majus omnibus est ?: « Ce e mon Père m'a donné est plus grand, plus excellent ët plus estimable que toutes les autres choses qui sont en Punivers »; c'est-à-dire, j'ai plus d’estime et je fais plus d'état des àämes que mon Père m'a données, et elles me sont plus chères et plus précieuses que toute autre chose, même que mon propre sang et ma propre vie, puisque je les sacrifie pour elles.
Voilà ce que dit Notre-Seigneur sur ce sujet. Mais voyez ce quil fait pour les àmes : Voyez-le sortant du sein de son Père, et se dépouillant d'une gloire et d'une félicité infinie, pour se revêtir de notre mortalité et de noS misères. Voyez comme ils'anéantit par son Incarnation : Exinanivit semetipsum *. Voyez comme il se réduit dans les bassesses, dans les impuissances, dans les indigences et dans les dépendances de l'enfance. Voyez-le naissant dans une étable, couché sur la paille dans une crèche,
“Joan. X, 15. — * Joan. X, 29, — 3 Philip. I, 7.
VARIE Pe 3:
pleurant et gémissant. Voyez-le souffrant des doule très aiguës et commençant à répandre son sang jours après sa naissance. Voyez-le fuyant en Égyp séparé et comme banni du peuple de Dieu, et demeur sept ans dans un pays étranger et parmi un peu barbare etidolâtre Voyez-le dans l’état d’une vie abje et laborieuse, travaillant avec saint Joseph au mét de charpentier. Voyez-le dans sa solitude au désert dans la pénitence très rigoureuse qu'il y fait l'esp: de quarante jours. Voyez-le conversant avec les homm buvant et mangeant avec les pécheurs. allant de ville ville, de bourgade en bourgade, pour précher son Éve gile, et pour retirer les âmes du chemin de l'enfer el mettre dans la voie du ciel. Voyez-le dans les souffran et dans les ignominies de sa Passion. Voyez-le prostel aux pieds d'un diable : £x vobis unus diabolus est}, pi amollir la dureté de son cœur. Voyez-le dans son ago au jardin des Oliviers, et suant jusqu'au sang, par violence des angoisses de son Cœur opprimé de triste et de douleur. Voyez-le entre les mains de ses cruels nemis, lié et garrotté comme un voleur, traîné comme criminel, avec toute sorle de cruauté et d'ignomif chez Anne, chez Caïphe, chez Pilate, chez Hérode dans les grandes rues de Jérusalem. Voyez-le souffle craché, moqué, blasphémé, outragé en mille manièr chargé d’opprobres et de confusion en tous ces lieux Voyez-le tout déchiré à coups de fouets, depuis les pi jusqu'à la tête, couronné d’épines, postposé à un me trier, à un Barabbas. Voyez-le condamné à mort et tant sa croix sur ses épaules au lieu où il doit être « cifié. Voyez-le attaché à celte croix, ayant les piedk les mains percés de gros clous. Voyez-le pendant en@& croix, souffraat un tel supplice, entre les scélérats, com s’il en était le chef: Cum sceleratis reputatus est?. No
{ Joan. VI, 71. — * Isa., LILI, 12.