‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 111 sur 309 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

L'œuvre des œuvres, et la chose la plus divine de toutes les choses divines.

SECTION V

Puisque sauver les âmes, c'est le grand œuvre de Dieu, ‘de l'Homme-Dieu, de la Mère de Dieu, de l'Église de Dieu, des Anges, des Apôlres, de tous les Saints du ciel tet des plus dignes personnes de la terre, il est aisé de se ' ersuader que c'est ici l’œuvre des œuvres, et qui surpasse toutes les autres œuvres humaines et divines, naturelles et surnaturelles, qui se peuvent faire en ce monde et en l’autre.

Entre les œuvres humaines et naturelles, quelles sont les plus grandes qui se peuvent faire par les hommes ?

ir des palais et des Louvres, faire des armées et mar- Cher à la tête, donner des batailles, remporter des vic- . assiéger des villes, les prendre, les piller, les saccager, conquérir des provinces et des royaumes, voilà es grandes actions des grands hommes du monde. Mais qu'est-ce que tout cela? Vanitas vanitatum el omnia vamitas * : Ce n’est rien que vent, que fumée et que vanité,

j } Homil. 38 in cap. XI Matth.

2 Lib L Homiliarum, Hom. 7.

MPEccle. I, 2.

Non seulement ce n'est que vanité, mais bien souvent ! n'est qu'abomination, parce que pour l'ordinaire tout ces choses sont des effets de l’orgueil et de l'ambition dt hommes. C'est pourquoi : Quod altum est hominibus, à le Fils de Dieu, abominatio est ante Deum! : « Ce quie grand devant les hommes estabominalion devant Dieu. Mais apprendre à un enfant à bien faire le signe de | croix, donner au dernier de tous les hommes la moindt instruction pour son salut est chose plus grande deva Dieu que loutes les choses susdites.

Eutre les œuvres surnaturelles et divines, j'en remarqt de cinq sortes : 1. Les jeùnes, les austérités et les moi lifications ; 2. Les œuvres de miséricorde vers lespauvre comme de donner à manger à ceux qui ont faim, et boire à ceux qui ontsoif, de vêlir ceux qui sont nus, délivrer les prisonniers, et autres semblables ; 4. Vaqu à l'oraison et à la contemplation ; 4. Faire des actions m raculeuses ; 5. Soufrir le martyre. Voilà des choses tout saintes et divines. :

Mais travailler au salut des àmes est beaucoup plus qu tout cela. Écoutons parler les saints Pères là-dessus : M

« Sachez, dit saint Chrysostome, qu'aider à sauver u âme, est une œuvre beaucoup plus excellente que À jeûnes et les veilles et les macérations des ermiles, elq} c'est faire une chose plus sainte que si vous faisiez aumûnes immenses aux pauvres?. »

C'est une excellente aumône, de payer la rançon d'un àme détenue dans les prisons dela divine Justice, an p gatoire, en offrant pour elle à Dieu quelques sainte! prières, ou le divin sacrifice de la Messe, ou quelque au bonne œuvre. Mais aider à une personne qui est en péch mortel à faire un acte de contrition est beaucoup plus qi si vous retiriez du purgatoire toutes les âmes qui y son

! Luc. XVI, 45.

* Orat. 5 contra Judæos.

: CHAPITRE Il 4191

ee que tous les théologiens demeurent d’accord que le ndre mal de coulpe, c’est-à-dire le moindre péché surasse de beaucoup tous les maux de laterre, du purgatoire même de l'enfer. A raison de quoi dégager une âme un péché est beaucoup plus que de retirer toutes les mes du purgatoire, là où il n’y a que des maux de peine. Employer son temps en l'oraison et en la contemplan, est une chose bien sainte. Mais entendons ce que dit inte Thérèse, qui estimait et aimait beaucoup cet exerce : Omon Jésus, s'écrie-t-elle, que l'amour que vous avez our les enfants des hommes est admirable, puisque le plus rand service qu’on vous puisse rendre, c’est de vous abannner(c'est-à-dire de quitterl'oraison) pour l'amour d'eux pour procurer leur salut}.

Tlle in amore Dei major est, dit saint Grégoire, qui ad us amorem plurimos trahit? Qui est celui qui excelle Vantage en l'amour de Dieu ? Est-ce celui qui jeüne et mortifie davantage, ou qui fait de plus grosses auônes, ou qui s'exerce davantage en l'oraison et en la ntemplation? Non, mais c’est celui qui attire plusieurs rsonnes à Son amour.

Celui-là, dit un jour Notre-Seigneur à un grand saint, à donne un conseil ou quelque instruction à son prochain

ce de la contemplation*.

Si separaveris pretiosum a vili, quasi os meum eris*. est encore Dieu qui parle : « Si vous séparez, dit-il, ce iest précieux d'avec ce qui est vil et abject, vous serez mme ma bouche. » Que veut dire cela ? c’est-à-dire, se-

! Exclamat, 2.

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