CHAPITRE VI
“les actions susdites, ne lui en demander pas davantage. Si on le trouve coupable, passer outre, mais toujours avec tant de modestie et de discrétion, qu on ne lui donne pas sujet de mauvaise édification dansles interrogations qu’on Jui fera, et qu'on ne lui apprenne pas le mal qu'il ne sait point.
Si on trouve des choses difficiles à résoudre, élever son
“esprit à Dieu et demander lumière au Saint-Esprit. Si nonosbtant cela on n’y voit pas assez clair, demandertempsau pénitent pour y penser, et pour en conférer s’il est besoin.
S'il y a quelques réconciliations ou restitutions à faire, ou quelque occasion prochaine de péché à quitter, n’attendre pas à la fin de la confession à mettre le pénitent dans la disposition en laquelle il doit être sur ce sujet; mais le faire à l'instant qu'on l'interroge et qu'on le
“trouve coupable sur quelqu'une de ces choses.
—… Lorsqu'on trouve quelques-uns qui sont en bonne foi,
“et avec ignorance invincible, dans un péché, soit qu'ils
jaient déjà commis ou qu'ils soient en volonté de le com-
“mettre, et qu'on croit probablement qu'en les avertissant
“et tirant de leur bonne foi et ignorance, par la connaissance quon leur donnera du péché, ils ne se ré-
| soudront pourtant pas de le quitter, ou ne laisseront pas de le commettre, alors on ne doit point les avertir, car cela serait inutile, et même dommageable au pénient Si néanmoins il avait le moindre doute de son péché et qu'il en demandät avis, on serait obligé de lui dire la vérité, encore qu'on sût bien qu'il ne ferait rien de ce qu’on lui dirait ; car depuis qu'il commence à
Ldouter pour peu que ce soit, il n'est plus en bonne foi.
Exemple : deux personnes mariées sont en degré prohibé,
et par conséquent le mariage est nul, mais ils ne le savent
Mpas : le mari vient à confesse, et le confesseur croit pro-
:bablement qu'en l’avertissant de cet empêchement, il
n'y remédiera pas, il ne lui en doit rien dire, mais le
[laisser en sa bonne foi.
Appliquer des remèdes convenables aux diverses mala dies des âmes, et imposer des pénitences salutaires. S quoi il faut remarquer qu’on ne doit pas donner des péni tences dont l’accomplissement soit capable de scandalise le pénitent, en découvrant son péché qui était caché ;qu'o doit avoir égard à la qualité des péchés, mais que l'a doit aussi considérer l’âge, le sexe, la condition et ke disposition des personnes, afin de donner des pénitence qu'elles puissent faire facilement ; que l'on doit plutôt donner des pénitences légères et faciles, que trop grandes et difficiles, spécialement dans un temps d’Indulgenc plénière ; parce que l’Indulgence supplée la pénitence qu'après avoir imposé une pénitence facile, il faut dl le pénitent qu’il en méritait une plus grande, mais qu’oi a mieux aimé la lui donner petite, afin qu'il la fasse plus volontiers ; qu’enfin, après l'imposition de la pénitence il faut demander au pénitent s’il l’a bien entendue et si la fera de bon cœur, afin que, si on voit qu'il ne l'accepté pas volontiers, on lui en donne une autre plus aisée @ qu'il fasse avec dévotion. |
Quand on est obligé de refuser ou de différer l'absolu ‘tion, faire en sorte que cela ne paraisse pas, ni ne puiss pas être aperçu de ceux qui sont proche. Et pour cet effet dire le Misereatur et l'Indulgentiam, et se comporter ex térieurement comme si on la donnait ; maïs averlir en suite le pénitent qu'on ne la lui a pas donnée. |
Surtout, le sage confesseur doit imiter la prudence d serpent, ayant soin de mettre sa tête à couvert, c’est-à dire ce qu'il a de plus cher et de plus important, qui es son salut, afin de ne se perdre pas en voulant sauver le autres. Pour cette fin il doit faire quatre choses:
La première est de s’humilier beaucoup’en la vue d son indignité, de son incapacité et de sa fragilité ; 8 regardant soi-mème dans tous les crimes dont on s'& cuse devant lui ; reconnaissant qu'il est capable de le commettre tous, si Dieu ne l’en préservait, puisqu'il e