CHAPITRE VIII
En premier lieu, ceux qui sont dans une occasion prohaine de péché qu'ils peuvent quitter.
En second lieu, ceux qui sont dans une occasion qui le se peut quitter absolument. ;
En troisième lieu, ceux qui sont dans une occasion qur é peut quitter, mais ce ne peut ètre sans un grand inonvénient ou sans un dommage notable.
On ne doit point absoudre les premiers, s'ils ne juittent l’occasion.
On doit exhorter et obliger les seconds à s'abstenir du. >éché, et ne leur donner point d’absolution, jusqu'à ce qu'on y voie du moins quelque amendement. Et pour les fider à cela, leur donner les moyens de changer de vie omme d'entendre la sainte Messe tous les jours, s’ils le peuvent, pour demander à Dieu cette grâce, faire quelque aumône à cette fin, pratiquer quelque mortificaion, se mettre à genoux le matin et soir pour prier Dieu, lire quelque bon livre, se confesser souvent, avoir recours: 1 la très sainte Vierge en disant son chapelet avec dévotion. |] faut en user de même au regard des troisièmes ; mais si après cela on n y voit aucun amendement, il faut lès obliger de quitter l'occasion du péché, nonosbtant inconvénient qui en peut arriver et le dommage qu'ils en peuvent souffrir. Car qu'est-ce qu'un intérêt tempo- Mel, soit du bien, soit de la réputation, en comparaison du salut éternel ? Etque veut dire Notre-Seigneur, quand il parle en cette façon : Si ta main droite ou ton pied te éndalise, c'est-à-dire, t'est occasion de péché, coupe-les ébles jette arrière de toi. Et si ton œil droit te scandalise, arrache-le et le jette arrière de toi. Il vaut mieux te sauder avec une main, un pied, et avec un œil, que de le perdre avec deux mains, deux pieds et deux yeux’? N'est-
| « Si dextera manus tua scandalizat te, abscide eam et projice
abs te... Et si oculus tuus dexter scandalizat le, erue eum et projice bs te : expedit enim tibi ut pereat unum membrorum tuorum,
ce pas pour nous donner à entendre que nous somme obligés de quitter l'occasion du péché, quoique nous n le puissions faire sans quelque grand dommage ou in convénient ? Qu'y a-t-il de plus nécessaire et de plus utile dans le corps humain, que les mains, les pieds et le yeux ? Quelle plus grande perte peut-on faire que d’e ètre privé ? N'est-ce donc pas comme si Notre-Seigneu disait : Quoiqu'une personne ou une chose vous soit aus nécessaire et utile que les mains, ou les pieds, ou le yeux, si elle vous est occasion de péché, retranchez-la quittez-la, et vous en éloignez tout à fait.
Il faut donc obliger ceux qui sont dans ces sortes d'ot casions, de les quitter, s'ils ne quittent le péché. Mais € les obligeant à cela, il faut leur donner, s’il se peut, de expédients pour éviter les dommages qu'ils en peuven souffrir, et pour mettre leur réputation à couvert, et n donner point sujet au monde de parler.
Remarquez aussi qu'il y a certains métiers, exercice etsconditions, qui de leur nature sont indifférents et h cites, et pourtant ne laissent pas d’être des occasion prochaines du péché à ceux qui ne les peuvent exerce sans y commettre plusieurs offenses qui sont capables d les perdre. Entre ces métiers et conditions sont, à L'é gard de plusieurs, la guerre, certain trafic, la judicature la profession de sergent, de cabaretier, et autres sem blables emplois.
Quand on trouve des personnes engagées dans ces ot casions, il faut premièrement leur faire voir les pé chés qu'ils commettent, les exhorter de s’en absteni leur en donner les moyens, comme il a été dit ci-devant
quam totum corpus tuum mittatur in gehennam. » Matth. V, 29, 4 « Si autem manus tua, vel pes tuus scandalizat te, abscide eut et projice abs te : bonum tibi est ad vitam ingredi debilem, vel clau dum, quam duas manus, vel duos pedes habentem mitti in igné æternum. Et si oculus tuus scandalizat te, erue eum et projice ab te ; bonum tibi est cum uno oculo in vitam intrare, quam dub oculos habentem mitti in gehennam ignis. » Idem, XVIIL, 8, 9.