‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 139 sur 309 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

t leur suspendre l’absolution jusqu'à ce qu'on y voie de amendement ; et si après cela on n'y en voit point, les jbliger de quitter ces conditions, et ne les absoudre point qu'ils ne l'aient fait. Autrement l'absolution serait la condamnation du pénitent et encore davantage du confeseur Écoutez les sacrés Conciles et les saints Pères parlant sur ce sujet :

Si un soldat, ou un marchand, dit un Concile tenu à Rome sous le Pape Grégoire VII, ou un homme employé à quelque office qui.ne peut s'exercer sans péché, vient à la pénitence après être tombé en de grands péchés, qu'il sache qu'il ne peut faire une vérilable pénitence, s'il ne quitte ce trafic et ces emplois.

“ Le second Concile général de Latran, après avoir averti les prêtres de ne pas souffrir que les laïques soient: trompés par de fausses pénitences qui les entraînent dans l'enfer, entre les autres espèces qu'il en rapporte, dit que c'est une fausse pénitence, lorsque le pénitent me se retire pas d'un trafic ou d'un emploi qu'il ne peut Ékercer sans péché : Falsa etiam fit pænitentia, cum pœnitens ab officio, vel curiali, vel negotiali non recedit, quod Sine peccalo agi nulla ratione prævalel?.

n Ily a plusieurs emplois, dit saint Grégoire le Grand, que l'on ne peut qu’à peine ou point du toul exercer sans péché. Il est donc nécessaire que l'âme ne retourne point, laprès sa conversion, dans leschoses qui l'engagent à pécher*. MOest ici une des principales choses dont le grand

| « Quicumque miles, vel negociator, vel alicui officio deditus quod Sine peccato exerceri non possit, si culpis gravioribus irretitus ad pœnitentiam venerit… recognoscat se veram pœnitentiam non posse Iperagere nisi arma deponat.…. vel negotium derelinquat, vel officium Ideserat.. » Conc. Rom. pro restauratione S. Eccl., anno 1078 cele- 'bratum.

2 Can. 21.

| 3 « Sunt pleraque negotia, quæ sine pe Inullatenus possunt. Quæ ergo ad peccatum implicant, ad hæc necesse est ut post conversionem suam animus non recurrat. » Greg.

| Mag. Lomil. 24 in Evang.

ceatis exhiberi aut vix aut

cardinal et archevêque de Milan saint Charles donne 4 aux confesseurs, les assurant qu'il ne le fait que par lé conseil d'un grand nombre de théologiens, tant du clergé que réguliers. À fin, dit-il, que les confesseurs soient aver= lis de ne pas accorder la grâce de l'absolution à ceux qui en sont véritablement indignes, comme ils font souvent, où par inconsidération, ou par négligence, oupour autre causes d'où il arrive que plusieurs persévèrent longtemps dans les mêmes péchés, à la perte et à la ruine de leurs âmes ; ayan

pris l’avis de plusieurs théologiens de divers Ordres, nous avons marqué ce qui se doil observer dans quelques cas des plus ordinaires. |

SECTION II De ceux qui donnent occasion de péché aux autres. |

Tous ceux qui donnent occasion de péché aux autres doivent être mis dans un même rang avec les précédents

1. Tels sont premièrement ceux qui composent, impris ment et débitent des mauvais livres, qui contiennent de choses contraires à la foi et aux bonnes mœurs, ou à 4 sainteté du christianisme. A raison de quoi le grand Ger: son, parlant d’un faiseur de romans de son temps, di que, s'il savait qu'il fût mortsans faire pénitence du péch qu'il y avait commis, il ne prierait non plus Dieu pou lui que pour Judas?. Et un Concile tenu à Bordeaux, e l’année 1582, ordonne à tous les pasteurs et à tous les con lesseurs d’avertir souvent les fidèles de se garder de 1 lecture de semblables livres, comme d’un poison morti

! Ces paroles sont tirées des Actes du Conc. de Milan. part. 4 Instr. Confess. Le texte original est en italien. Le Vén. P. Eudes cit ici la traduction française imprimée par l’ordre de l'Assemblée géné rale du clergé de France en 1657, en y changeant seulement quelque mots. Cette traduction avait été faite quelquetemps auparavant pa l’archevèque de Toulouse, pour l'usage des prêtres de son diocèse.

2 Serm.!.de Adv.

Co ©

Page 1