‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 141 sur 309 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

‘envoyant, elles ne se prépareront pas davantage, il ne laut pas les renvoyer, mais avoir pitié de leur ignorance et suppléer à leur défaut.

9. Ceux qui confessent leurs péchés sans aucun senfiment de douleur et sans aucune marque de pénitence, les déclarant comme ils raconteraient une histoire, les déguisant, les excusant, les rejetant sur autrui. doivent être aussi renvoyés, en les exhortant de revenir st les assurant qu'on les recevra de bon cœur, après qu'ils auront entendu quelques prédications de la mission, qu'ils auront supplié Notre-Seigneur, par son infinie miséricorde et par sa sainte Passion, de leur donner ä grâce de connaître l’horreur de leurs péchés, de les détester et d'en faire une véritable pénitence ; et qu'ils auront prié la très sainte Vierge, les Anges et les Saints, de leur obtenir cette faveur. Ce qui se doit entendre de ceux qui sont capables de faire cela. Car, quand on voit que ce sera une chose inutile de les renvoyer, il faut tâcher de suppléer à leur défaut, et de les exciter à s'accuser de leurs fautes avec esprit d’humiliation et de contrition.

3. Ceux qui sont en discorde avec le prochain, et qui ont volonté de faire ce qu'ils pourront de leur part pour Se réconcilier, jusqu’à ce qu'ils l'aient effectué.

%. Ceux qui ont offensé notablement quelqu'un en sa réputation, et qui sont disposés à réparer ce mal, jusqu à ce qu'ils l’aient fait.

5. Ceux qui ont du bien d'autrui, ou qui lui causent rolontairement quelque dommage, et qui sont résolus de ui faire satisfaction, jusqu'à ce que cela soit accompli. M6. Ceux qui sont dans quelque occasion de péché qui fe peut quitter, jusqu'à ce qu'ils l’aient quittée.

En tous ces cas, il faut différer l'absolution jusqu'à ce que les pénitents aient fait ce qu'ils sont obligés de faire, btnese laisser pas aller à leurs prières ni à leurs larmes, f ne se fier pas à leurs paroles et à leurs promesses.

Car l'expérience nous apprend tous les jours qu'il font pas ce qu'ils promettent, mais qu'ils trompent leur: confesseurs et qu'ils se trompent eux-mêmes. De là vient que le cardinal Cajétan, parlant de la restitution en st Petite Somme, dit quil suffit que le pénitent ait manqué une fois à sa promesse, pour lui suspendre l’absolution jusqu’à ce qu'il l'ait effectuée 1, Suarez, Filiucius, € d'autres disent deux fois. Plusieurs autres, trois fois Mais le meilleur et le plus sûr est de l’obliger dès la pre mière fois à faire restitution, et encore davantage à ré parer l’injure faite à la réputation d'autrui, à se réconci lier, et à quitter les occasions du péché quand cela S peut faire. Car, faute d'y tenir la main et d'en user de 1 sorte, il ne se trouve personne qui fasse restitution, Soi de l'honneur, soit du bien, ni qui se réconcilie, ni qu ôte les occasions prochaines du péché qui se peuver ôter, chacun se flattant et se séduisant soi-même Seducens cor suum ? : et le démon les amuse et les trompe leûr persuadant qu'ils ont la volonté de faire ces chose et que cela suffit. Mais c’est une volonté imaginaire, n'a point d'effet, par le moyen de laquelle il les entretie toujours dans le péché, et les fait vivre et mourir da l'injuste détention des biens d'autrui, dans la division dans l'occasion prochaine du péché, et par conséquel dans l'impénitence et dans la perdition*. 3

| Verb. Restilulio, cap. 6.

2 Jac. I, 26.

3 S. Liguori donne des règles semblables à celles du P. Eudes, nt tamment en ce qui touche la restitution et l'éloignement des ci sions prochaines. « Certus factus de gravi pœnitentis obligation confessarius inspiciat si pœnitens valeat restituere, licet cum aliqt incommodo : et eum non absolvat, nisi prius restituat, licet illess gna extraordinaria emendationis exhibeat. Bona enim suut quida sanguis qui a venis non eruitur nisi cum magna viet dolore. Un si restitutio non fit ante absolutionem, cum difficultate maxin fiet postea, ut experientia admodum docemur. Potest excipi tantu aliquis pœnitens, qui ita meticulosæ conscientiæ esset, ut de eo nù lus dubitandi locus superesset. » Praxis confessarii, n. 43. « Exb

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