‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 4)Chapitre 142 sur 309 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

4 IL y à encore un septième cas, qui est de la nature des précédents, dont nous allons parler dans la section suivante.

* SECTION IV

Autre cas pour lequel il faut différer i’absolution.

C’est le péché d'habitude, au sujet duquel je dirai qu’un des plus grands maux qu'il y ait maintenant au monde, &est celui qui procède, partie de l'ignorance, partie de la négligence et lâcheté de plusieurs confesseurs, qui sans avoir égard à ces paroles du Fils de Dieu : À quiconque vous pardonnerez les péchés, ils seront pardonnés ; et à Quiconque vous les retiendrez, ils seront retenus}, ne les retiennent jamais à personne, mais absolvent indifféremment tous ceux qui se présentent à eux, sans considérer shils ont les dispositions nécessaires ou non; s'ils sont bien ou mal avec le prochain; s'ils ont fait tort ou non à personne ; s'ils sont dans quelque occasion mauvaise, ou s'ils n'y sont pas ; s'ils sont engagés dans quelque habitude de péché, comme de blasphème, d'impudicité, d'ivrognerie, de larcin, dont ils se soient déjà confessés à eux ou à d'autres confesseurs, sans aucun amendement. Hout passe chez ces confesseurs : ils ne trouvent rien ni trop court ni trop long, ni trop chaud ni trop froid : qui est un très grand mal, dont la divine vengeance a fait des Châtiments eftroyables, rapportés en plusieurs livres et par des auteurs très dignes de foi *.

fomnibus concludo quod ordinarie loquendo nunquam absolvi debet pœnitens qui versatur in occasione proxima voluntaria, etiamsi exftraordinaria signa doloris afferat, antequam occasionem removeat ; occasio enim extrinseca, præsertim ubi agitur de vitio turpi, quando præsens est, ita mentem excæcat, ut omnia proposila € memoria deleat. » Theologia moralis, lib. 6, n. 452. Cf. Praxis, n. 63 sq.

fu) « Quorum remiseritis peccata, remittuntur eis ; et quorum retiinueritis, retenta sunt. » Joan. XX, 24.

—« Residivi, ut communiter docetur, nequeunt absolvi, si sola si-

re

Car c'est ici un mal qui est la source d’une infinité di maux. C’est ce qui entretient et fortifie le péché dan les âmes. C'est ce qui donne licence aux pécheurs d s'abandonner insolemment à toutes sortes de crimes dans l'assurance qu'ils ont qu'on leur en donnera lab solution toutes fois et quantes qu'ils voudront. C'est ce qui anéantit les desseins de la divine miséricorde dan! l'institution des divins Sacrements. C'est ce qui rend vai et inutile tout ce que Notre-Seigneur à fait et souffert durant trente-quatre ans, pour nous acquérir les grâce qui sont renfermées dans ces sacrées fontaines du Sa veur. C'est ce qui détruit la vertu céleste du sacremen de la Pénitence, et ensuite de la sainte Eucharistie, € qui fait qu'il n'opère rien dans les âmes des fidèles sinon des effets de mort et de perdition : Mors est ma lis C'est ce qui remplit le christianisme de sacrilèges, d'in piétés et de profanations horribles des choses les pl saintes. C'est ce qui donne les choses saintes aux chiens C'est ce qui jette les pierres précieuses des trésors du cie sous les pieds des pourceaux. C’est ce qui réjouit les dé mons ; c'est ce qui attriste les Anges ; c'est ce qui fa gémir amèrement toute la sainte Église. C’est enfin @ qui précipite :dans les enfers un très grand nombn d'âmes, tant des confesseurs que des pénitents. ;

C'est pourquoi le bon confesseur qui à la crainte Dieu dans le cœur, et le zèle du salut des âmes, et pre mièrement de la sienne, doit extrêmement redouter d tomber dans cet abime de maux, en se rendant tro]

gna ordinaria afferant, nempe si tantum confiteantur asserendo s pœnitere et proponere, prout habetur ex prop. 60 damnata ab IL

nocentio XI... istis differenda est absolutio per aliquod tempus, quedum appareat prudens emendationis signum. Et in hoc punc

lugenda est animarum ruina, eujus causa sunt tot mali confessa indistincte absolvendo tot recidivos, ‘qui cum repererint ot qui semper tam facile eos absolvunt, amittunt horrorem in peccak

do et pergunt ad putrescendum in cæno vitiorum usque ad mortems

S. Lig., Praxis, n. 71.

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