PURE TOP RS
: CHAPITRE VIII 243 facile et trop prompt à donner des absolutions à ceux qui en sont indignes, soit pour les causes alléguées ci-dessus, soit parce qu'ils sont engagés en des péchés d'habitude, dont ils se sont déjà accusés à lui ou à d'autres confesseurs, sans aucun changement.
Il doit prendre garde néanmoins d'éviter en ceci les deux extrémités, et de tenir le milieu. La première est celle que suivent les confesseurs relâchés, dont nous venons de parler. La seconde est celle de certains ecclé- Siastiques, qui veulent qu'on diffère l'absolution des années tout entières pour des péchés d'habitude, et pour des péchés mortels où il n'y a point encore d'habifude, et même pour des péchés véniels : chose qui est trop sévère, et qui n'est point faisable dans la corruption du siècle d'aujourd'hui. Car, si on suivait cette règle, on éloignerait presque tous les chrétiens de la participation des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, leur en faisant l’abord trop difficile et rigoureux ; on jetterait {out le monde dans le découragement et dans le désespoir, et on fermerait les églises, et par conséquent le Paradis, à la plupart des fidèles.
11 faut donc se garder de cette dangereuse extrémité aussi bien que de l'autre, et marcher par le milieu : C'est-à-dire ne donner pas l’absolution indifféremment à foutes sortes de personnes ; ne la différer pas aussi trop longtemps, ni pour des péchés mortels sans habitude, Ini beaucoup moins pour des péchés véniels ordinaires et Sins malice ; car il y a certains péchés véniels de pure malice, et qui ont des suites très pernicieuses, pour lesquels il est bon de différer quelquefois l’absolution. Maïs, soit qu'on la diffère pour ce sujet, ou pour des péchés mortels d'habitude, il faut la différer pour peu de jours seulement, jusqu’à ce qu'on voie quelque amendement, Sauf à la remettre encore ensuite pour un peu de temps,
RE
Mjusqu'à ce qu'on voie un entier changement.
rs en
SECTION V Les fondements de la doctrine précédente.
La pratique de celte doctrine n'est pas seulement dé conseil et de perfection, mais de commandement et do bligation à tous les confesseurs. Voulez-vous voir le fondements et les preuves de cette vérité? Écoutez la voi de Dieu parlant par les oracles des divines Écritures par les décrets des sacrés Conciles, par la voix des sain Pères, par la-bouche des Théologiens, par la force de raison, par la pratique de l'Église, et par l'expérience.
N'entendez-vous pas le Fils de Dieu qui dit : Nolik dare sanctum canibus, neque mittlatis margaritas vestra ante porcos! : « Ne donnez pas les choses saintes au chiens : et ne jetez pas vos pierres précieuses devant le pourceaux ? » M’avouerez-vous pas que c’est ici un com mandement, et non pas un conseil seulement : puisqu les conseils ne regardent que les choses bonnes et par faites, et que la chose que Notre-Seigneur défend ici es très mauvaise, à savoir la profanation et le mépris de choses saintes? Or à qui est-ce que ce commandemef est fait ? N'est-ce pas à ceux que la divine Bonté a chois pour être, non pas les dissipateurs et les profanateurs mais les fidèles dispensateurs de ses adorables mystère et de ses divins Sacrements ? Qui sont ces chiens et ce pourceaux auxquels il défend de donner les chosé saintes, et devant lesquels il ne veut pas qu'on jette le pierres précieuses, de peur qu'ils ne les foulent sou leurs pieds : Ve forte conculcent eas pedibus suis, sine les pécheurs qui retournent toujours à leur vomissé ment, et qui continuent toujours à se vautrer dans L fange de leurs crimes ?
1 Matth., VII, 6.