CHAPITRE VIII
“ Vous avez déjà entendu le second Concile général de Latran, qui avertit les prêtres de ne pas souffrir que les laïques soient trompés par des fausses pénitences, qui les entrainent dans l'enfer!. Mais désirez-vous savoir ce que c'est qu'une fausse pénitence ? Écoutez us autre Conéile,tenu à Tolède?,et il vous le dira: Ubi emendatio nulla, pænilentia necessario vana, dit ce saint Concile : « Là où il n'y a aucun amendement, c'est une marque infaillible qu'il n'y a point de vraie pénitence,mais qu'elle est fausse et trompeuse. »
… fcoutons les saints Pères : « C’est un moqueur, dit Saint Isidore, et non pas un pénitent, qu'un homme qui persévère toujours dans les crimes dont il parait avoir fait pénitence » : /rrisor est, non pænilens, qui adhuc agit quod pænitel*.
« C'est donner une amorce au péché, et une tentation de rechute au pécheur, dit saint Ambroise, que d’être #rop facile à lui donner l'absolution » : Facilitas veniæ “ncentivum tribuit. delinquendi*.
« La vraie pénitence, dit saint Augustin, est quand on se repent de telle sorte, qu'on ne continue plus dans ses désordres ; et quand on se convertit si bien, qu'on ne re- Hourne plus à ses déréglements » : {sta est vera pœnilentia, Quando quis sic converlilur, ul non revertalur : Sic pæni- Let, ut non repetat.
Si le confesseur, dit le même saint Auguslin, était si mal éonduit que de se rendre trop induigent pour absoudre de pénitent, Ludus illi esset peccando cadere in mortem * : WéCe ne lui serait qu'un jeu et un passe-temps de s’a-
D: « Confratres nostros et presbyteros admonemus, ne falsis pœnifentiis laicorum animas decipi et in infernum pertrahi patiantur. » lxGan. 22.
? Conc. Tolet. anno 589, can. 11.
3 Lib. 2, de Summo bono, cap. 13, sent. 1.
k In Psalm. 118. 1 5 Serm. 3, in Natali Domini.
“5 Serm. 24, de diversis.
Len au péché, et de se précipiter dans la mor éternelle. »
Le dene de Rome écrivant à saint Gen sur ce sl jet, dit que d'être trop prompt à donner des absolutior aux pécheurs, ce n’est pas les guérir, maïs qu’à dire vre c’est les tuer : Hoc non est curare, sed si verum dicere v0 lumus, occidere !.
Non, dit ce saint Père, ce n'estpas guérir les plaies de âmes mourantes, de les absoudre avec précipitation mais c’est user d'une fausse et cruelle miséricorde, pot bander facilement et pour mettre une emplâtre sur de blessures mortelles qui pénètrent jusqu’au fond des en trailles, laqueile en assoupit un peu la douleur, mai n’empêche pas l'effet d'une mort funeste et éternel Operiuntur morientium vulnera ; et plaga lethalis, alt et profundis visceribus infixa, dissimulato dolore conte qitur?
C’est pourquoi le même saint exhorte les pasteurs etlei confesseurs de ne recevoir pas trop tôt les pécheurs à réconciliation, de peur, dit-il, qu’au lieu de faire l’offic de pasteurs, ils n’exercent la cruauté de bourreaux ett meurtriers au regard des brebis de Jésus-Christ : Ve qü ovium pastores esse debent, lant fiant*.
Et parlant des pénitents qui pressent et importunen leurs confesseurs de les absoudre, il dit que cette misé ricorde qu'ils demandent, est une trompeuse cruautés une peste pernicieuse, qui se couvre du nom de misé ricorde et de pitié : Sub misericordiæ titulo, malum fa lens et blanda pernicies*.
Aussi saint Ambroise assure que ceux-là ne désirent pa véritablement se délivrer de la captivité du péché, m& qu'ils veulent y engager aussi leur confesseur ; et qu? ne déchargent pas leur conscience, mais qu'ils chargen encore celle du prêtre : Ai non tam se solvere cupiun
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lEpist. 31. — ? De lapsis.— 3 Epist. 11.— # De lapsis.